
Un vertugadin est un élément du costume féminin, d’origine espagnole. Il se présente tout d'abord sous la forme de cerceaux cousus dans une jupe pour donner de l'ampleur à une robe, puis évolue vers un bourrelet placé autour des hanches.
Par extension analogique, au XVIIIe siècle, un vertugadin est aussi un jardin en escalier tel celui du domaine de Villarceaux.

Le vertugadin espagnol est une crinoline conçue à l’origine avec des tiges de roseau, d’osier ou de corde, modelées pour former des cercles. Le vertugadin prend son nom de ce matériau, étant dérivé de verdugo, signifiant « bois vert » en espagnol. Ces anneaux concentriques de plus en plus grands sont cousus sur une toile grossière placée sous la jupe pour la rigidifier.
Les premières sources indiquent que la princesse Jeanne de Portugal (1438-1475) a commencé à utiliser un vertugadin avec des cerceaux, mode aussitôt suivie par la cour. Une rumeur de l’époque attribue cette nouvelle mode au fait que Jeanne de Portugal portait ce vêtement pour dissimuler une grossesse.
La princesse espagnole Catherine d'Aragon amena la mode en Angleterre pour son mariage avec le prince Arthur, fils aîné d'Henri VII en . Le vertugadin fut un élément essentiel de la mode Tudor en Angleterre.
La mode s’étala jusqu’à la fin du XVIIe siècle en Espagne.
Autour de 1580, le vertugadin évolue vers un bourrelet placé au niveau des hanches. Il prend la forme d'un croissant en lin ou coton, rembourré de ouate. Placé entre la cotte et la robe du dessus, le vertugadin faisait ressortir la taille.
L’ampleur du vêtement obligea la création d’une chaise spéciale sans accoudoirs, dite chaise à vertugadin, pour permettre aux dames de s’asseoir.
Vers la même période, une autre mode apparait, notamment en France. Le vertugadin tambour est un plateau dont la forme circulaire est maintenue par des fanons de baleines. Cet accessoire permettait aux plis de la robe de s’étaler sur le tambour avant de retomber au sol.
Vers la fin du XVIIe siècle, en France comme dans les autres pays, le vertugadin se réduisit à un simple rembourrage avant de disparaitre. Dès siècles plus tard, il est possible de retrouver son influence dans les crinolines et les tournures du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.