| Viktor Orbán | ||
Viktor Orbán en 2024. | ||
| Fonctions | ||
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| Président du Fidesz | ||
| En fonction depuis le (23 ans, 5 mois et 13 jours) |
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| Élection | 17 mai 2003 | |
| Réélection | 13 juin 2005 15 mai 2007 13 juin 2009 3 juillet 2011 28 septembre 2013 15 décembre 2015 12 novembre 2017 29 septembre 2019 14 novembre 2021 18 novembre 2023 13 juin 2026 |
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| Prédécesseur | János Áder | |
| – (6 ans, 9 mois et 11 jours) |
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| Élection | 18 avril 1993 | |
| Réélection | 9 juillet 1994 30 avril 1995 20 avril 1997 9 mai 1999 |
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| Prédécesseur | Direction collégiale | |
| Successeur | László Kövér | |
| Premier ministre de Hongrie | ||
| – (15 ans, 11 mois et 10 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | ||
| Président | László Sólyom Pál Schmitt László Kövér (intérim) János Áder Katalin Novák László Kövér (intérim) Tamás Sulyok |
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| Gouvernement | Orbán II, III, IV et V | |
| Législature | VIe, VIIe, VIIIe et IXe | |
| Coalition | Fidesz-MPSZ – KDNP | |
| Prédécesseur | Gordon Bajnai | |
| Successeur | Péter Magyar | |
| – (3 ans, 10 mois et 21 jours) |
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| Élection | ||
| Président | Árpád Göncz Ferenc Mádl |
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| Gouvernement | Orbán I | |
| Législature | IIIe | |
| Coalition | Fidesz-MPP – FKgP – MDF | |
| Prédécesseur | Gyula Horn | |
| Successeur | Péter Medgyessy | |
| Député hongrois | ||
| – (36 ans et 6 jours) |
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| Élection | 25 mars 1990 | |
| Réélection | 8 mai 1994 24 mai 1998 21 avril 2002 23 avril 2006 25 avril 2010 6 avril 2014 8 avril 2018 3 avril 2022 12 avril 2026 |
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| Circonscription | Fejér | |
| Législature | Ire, IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe, VIIIe IXe et Xe | |
| Groupe politique | Fidesz (1990-2006) Fidesz-KDNP (2006-2026) |
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| Biographie | ||
| Nom de naissance | Orbán Viktor Mihály | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Székesfehérvár (Hongrie) | |
| Nationalité | Hongroise | |
| Parti politique | Fidesz-MPSZ | |
| Enfants | Gáspár Orbán | |
| Diplômé de | Université Loránd-Eötvös Université d'Oxford |
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| Profession | Juriste | |
| Religion | Calvinisme | |
| Résidence | Théâtre du Château (Budapest) | |
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| Premiers ministres de Hongrie | ||
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Viktor Orbán (/ˈviktoɾ ˈoɾbaːn/), né le à Székesfehérvár, est un homme d'État hongrois d'extrême droite. Cofondateur du parti Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSZ), il est Premier ministre de Hongrie (miniszterelnöke, « ministre-président ») de à et de à .
Il s'engage en politique à 24 ans contre le régime communiste, puis participe à la fondation du Fidesz-MPSZ, un parti chrétien-démocrate dont il prend la tête en 1993. Il est député à l'Assemblée nationale depuis 1990. Après les élections législatives de 1998, remportées par les partis de droite, il devient Premier ministre. Défait de justesse par les socialistes quatre ans plus tard, il dirige ensuite l'opposition de droite pendant huit ans. Il emporte une large victoire aux élections de 2010. Avec la majorité absolue des voix et les deux tiers des sièges de l'Assemblée nationale, il présente une nouvelle Constitution, promulguée en 2012. Il renforce le rôle de l'État dans l'économie, le contrôle sur les institutions financières et la lustration des anciens communistes. Cette politique lui vaut la réprobation de l'Union européenne, des États-Unis et de la plupart des médias occidentaux.
Reconduit pour un troisième mandat à la suite des élections de 2014, il promeut l'illibéralisme, affirme les racines chrétiennes de l'Europe et s'oppose à l'immigration, déclarant défendre l'État-nation lors de la crise migratoire en Europe, ce qui lui vaut des accusations de populisme. Cette crise coïncide avec la renaissance du groupe de Visegrád. Il est reconduit dans ses fonctions en 2018 et consolide sa majorité après les élections de 2022, ce qui en fait alors l'un des dirigeants populistes ayant gouverné le plus longtemps au monde. Comme gouvernant, il est accusé de vouloir contrôler les médias publics, de museler les médias indépendants, d'être responsable d'une érosion démocratique, et d'une corruption politique généralisée.
En 2026, en dépit d'un stratégie de marketing politique et de propagande numérique considérée comme parmi les plus structurées de l'Union européenne par plusieurs observateurs indépendants, Viktor Orbán perd son poste de Premier ministre, avec la défaite de son parti aux élections législatives hongroises. Péter Magyar du parti Tisza lui succède.
Viktor Mihály Orbán naît le à Székesfehérvár, dans le comitat de Fejér, au sein d'une famille de la classe moyenne rurale. Il grandit dans le village de Felcsút. Il est le fils de Győző Orbán, ingénieur agronome et militant de longue date du Parti socialiste ouvrier hongrois, et d'Erzsébet Sípos, éducatrice et orthophoniste, qui sont les parents de deux autres garçons, prénommés Győző et Áron, respectivement nés en 1965 et en 1977.
Après le déménagement de sa famille à Székesfehérvár en 1977, Viktor Orbán termine ses études secondaires, spécialisées en anglais. Il entreprend ensuite des études de droit à l'université Loránd-Eötvös (Budapest), qu'il intègre après son service militaire de onze mois et demi. C'est durant cette période de service militaire que, confronté à la propagande communiste et à la mauvaise organisation de l'armée, son anti-communisme se développe. À l'université, il sympathise avec Gábor Fodor, son colocataire. Orbán devient président du conseil des étudiants. Au cours de ses études, il rédige un mémoire de Master sur le mouvement polonais Solidarność puis un autre sur le concept de « société civile ».
Muni de son diplôme universitaire, en 1987, il part vivre à Szolnok, dans l'Est du pays, pendant deux ans, tout en se rendant périodiquement à Budapest pour y travailler comme sociologue stagiaire au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.
En 1989, Viktor Orbán obtient une bourse de la fondation Soros pour étudier la science politique et l'histoire de la philosophie libérale britannique au Pembroke College de l'université d'Oxford, en Grande-Bretagne ; son tuteur personnel est le philosophe polonais Zbigniew Pełczyński. Il est aussi très proche de l'historien Norman Stone. En , il interrompt son séjour britannique pour se présenter aux premières élections législatives post-communistes.
Issu d'une famille protestante calviniste, appartenant à l'Église réformée de Hongrie, Viktor Orbán prend de nettes distances avec la religion au début de sa carrière politique (en 1991, il boycotte la visite du pape Jean-Paul II en Hongrie).
En 1986, il épouse la juriste Aniko Lévai, catholique, avec qui il aura cinq enfants : Ráhel, Gáspár, Sára, Róza et Flóra. En 1993, il fait bénir son mariage par le pasteur méthodiste Gábor Iványi, également député libéral. Ce dernier baptise aussi leurs deux premiers enfants, respectivement nés en 1989 et 1992, dans son église de Békásmegyer. Œuvrant auprès des pauvres, des roms et des réfugiés, le pasteur s'opposera ensuite à Viktor Orbán, par des prises de positions et sa participation à des manifestations contre le gouvernement.
En 2010, de retour au pouvoir, Viktor Orbán fait un virage conservateur « national-chrétien », et resserre ses liens avec l'Église catholique,.
Viktor Orbán est féru de littérature hongroise et de football : joueur semi-professionnel en quatrième division jusqu'en 2006, il dit avoir rêvé, jeune, d'être footballeur professionnel, et n'avoir fait des études de droit que pour satisfaire son père et s'assurer une carrière plus stable. Même Premier ministre, il lui est arrivé de rater des réunions pour aller s'entraîner avec son club. Sa première visite en France était motivée par la finale de la coupe du monde 1998 et il n'en a, depuis, jamais raté aucune.
Son fils Gáspár Orbán est lui aussi un temps footballeur, avant de devenir prêtre évangélique, puis officier et finalement agent de la diplomatie hongroise en Afrique,.
Le , âgé de vingt-quatre ans, Viktor Orbán participe à la fondation de l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz). Il fait partie le suivant des personnes arrêtées par la police, avec entre autres Gáspár Miklós Tamás, durant une manifestation commémorant l'exécution d'Imre Nagy, qui a eu lieu trente ans plus tôt.
Un an jour pour jour plus tard, il prononce un discours appelant à la tenue d'élections libres et au départ des troupes soviétiques déployées dans le pays, à l'occasion de cérémonie de « réenterrement » d'Imre Nagy et des autres martyrs de la révolution hongroise de 1956, célébrée sur la place des Héros de Budapest.
« En fait c'est alors, en 1956, que le Parti socialiste ouvrier hongrois nous a privés de notre avenir nous, les jeunes d'aujourd'hui. Dans le sixième cercueil [vide, qui représente les martyrs inconnus de 1956], il n'y a donc pas seulement un jeune assassiné, mais il y repose aussi vingt, ou qui sait combien, de nos années suivantes. »
— Viktor Orbán devant 250 000 personnes sur la place des Héros, le
Le discours, retransmis en direct à la radio et la télévision, enthousiasme de nombreux Hongrois et propulse Viktor Orbán dans la vie politique. Peu après, il participe à la délégation de l'opposition à la table ronde des négociations avec le pouvoir communiste.
Élu député à l'Assemblée nationale lors des élections législatives de 1990, le premier scrutin post-communiste hongrois, il devient, en 1992, vice-président de l'Internationale libérale, lors du congrès de Mayence. La même année il participe, avec d'autres jeunes européens jugés prometteurs, à un voyage aux États-Unis qui est offert et organisé par le German Marshall Fund of the United States. En 1993, il prend la présidence de l'Alliance des jeunes démocrates (Fiatal Demokraták Szövetsége, acronyme Fidesz), renommée en 1995 Fidesz-MPP (« MPP » pour Magyar Polgári Párt, Parti civique hongrois). Peu après la mort du Premier ministre József Antall, il fait courir une rumeur selon laquelle sur son lit de mort, Antall l'aurait désigné comme étant son successeur. Le parti délaisse alors son obédience sociale-libérale pour assumer un programme davantage conservateur.
Viktor Orbán conserve son siège à l'Assemblée à la suite du scrutin de 1994, au cours duquel il parvient à faire de son parti la deuxième force politique du pays, après le Parti socialiste hongrois (MSZP).

Lors des élections du , le Fidesz-Union civique hongroise obtient 148 députés sur 386, devenant ainsi le premier parti de Hongrie. Après avoir formé un gouvernement de coalition, comptant 213 élus, avec le Parti civique indépendant des petits propriétaires et des travailleurs agraires (FKgP) et le Forum démocrate hongrois (MDF), Viktor Orbán, âgé de 35 ans, est investi Premier ministre le , sur la proposition du président de la République, Árpád Göncz. Il est alors le plus jeune Premier ministre d'Europe. En 2000, il renonce à la présidence du Fidesz afin de se consacrer à son mandat de Premier ministre.
Sa politique économique vise à diminuer la fiscalité, les cotisations sociales, le chômage et l'inflation, tout en poursuivant la réduction du déficit budgétaire entamée par la coalition de centre gauche de Gyula Horn. Elle a de bons résultats : l'inflation passe de 10,3 % (en 1998) à 4,9 % (en 2002),, tandis que la croissance économique s'élève à plus de 4 % du produit intérieur brut (PIB) et que le déficit public passe sous la barre des 4 % du PIB. Durant ces quatre ans de gouvernement, 12 000 nouveaux logements sont construits et la production industrielle croît de 23 %. En 2001, pour rapprocher le salaire minimum du reste de l'économie en croissance, il le fait augmenter de 56 %.
Il réforme l'administration publique, créant un macroministère de l'Économie, démettant de leurs fonctions les membres des comités directeurs du Fonds de sécurité sociale et de l'Agence centrale de paiements de la sécurité sociale et renvoyant des milliers de fonctionnaires.
Il agit de manière protectionniste, en effectuant de moins en moins les privatisations par Offre publique de vente, ce qui résultait souvent par un achat par une entreprise occidentale, mais de « de gré à gré et entre hongrois ». L'opposition l'accuse régulièrement de corruption à ce sujet, en pointant du doigt les conflits d'intérêts qu'il entretient parfois avec les dirigeants des entreprises hongroises qui remportent les marchés.
Il instaure un système de « motion de censure constructive », sans parvenir à modifier le seuil de la majorité qualifiée requise pour modifier la Constitution : son gouvernement voulai diminuer le minimum des deux tiers des députés à la majorité simple de l'Assemblée, ce qui est déclaré inconstitutionnel par la Cour constitutionnelle. Il augmente les pouvoirs du Premier ministre, ce qui fait dire au sociologue Andras Bozoki que « ce n'est plus le gouvernement qui a un Premier ministre, c'est le Premier ministre qui a un gouvernement ».
De nombreux investissements architecturaux et historiques sont faits, notamment à Budapest avec la reconstruction du Théâtre national, la création de la Maison de la terreur, la rénovation du théâtre cinématographique national, et la reconversion d'une friche industrielle pour y aménager le parc Millenáris.
Ce volontarisme touche aussi le cinéma, avec des investissements importants en faveur des films historiques à grand spectacle. Ces investissements, qui prennent souvent la place des aides attribuées au cinéma indépendant, font la colère des artistes ainsi que des critiques, qui déplorent des films de très mauvaise qualité.
Les commémorations historiques sont fêtées en grande pompe, que ce soit les 150 ans de la révolution hongroise ou encore le millénaire du couronnement d'Étienne Ier et la naissance de l'État hongrois. À cette dernière occasion, la couronne du roi est transportée du Musée national au Parlement, où elle est exposée depuis. Pour Orbán, ce geste est symbolique : « Cette couronne (...) rend possible l'entrée de la Hongrie en Europe. C'est en soi une raison suffisante pour que nous l'emportions dans un nouveau millénaire ».
Avec la communauté juive hongroise, l'une des plus importantes d'Europe, sa politique mémorielle est en dents de scie. Orbán choque ainsi cette communauté en faisant verser des indemnités extrêmement faibles aux survivants hongrois de la Shoah, mais son gouvernement instaure une journée officielle de commémoration de la Shoah.
Son mandat est marqué par l'adhésion, en 1999, de la Hongrie à l'OTAN, sans que le pays ne participe pour autant à la guerre du Kosovo. Les avions de l'OTAN peuvent cependant décoller depuis la Hongrie, ce qui est stratégique, car c'est alors le seul pays membre de l'alliance limitrophe de la Serbie. Orbán propose aussi d'installer des missiles à charge nucléaire en Hongrie sous l'égide de l'OTAN, ce qui provoque la colère de la Russie et une « tempête politique » en Hongrie. Son attitude envers l'OTAN est ambiguë : de 1999 à 2002, les engagements de la Hongrie vis-à-vis de l'Alliance sont de « moins en moins respectés ».
Le , il est le premier chef de gouvernement européen à recevoir le chancelier autrichien Wolfgang Schussel en visite officielle après que celui-ci a formé un gouvernement de coalition avec le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), un parti nationaliste. Viktor Orbán se met ainsi en porte-à-faux vis-à-vis des pays de l'Union européenne, qui ont instauré un « cordon sanitaire » diplomatique autour de Schussel. Lors d'une visite à Budapest quelques jours plus tard, à l'occasion d'une rencontre avec la communauté française de Hongrie, Lionel Jospin résume les incompréhensions entre les gouvernements européens et hongrois : « Nous partageons avec nos amis hongrois les mêmes valeurs démocratiques. Le refus de la xénophobie, du racisme et de l'antisémitisme est une valeur essentielle pour l'Europe […] J'aurai l'occasion de faire part à nos partenaires hongrois des raisons qui nous ont conduit à adopter cette position. ». Orbán marque à nouveau son désaccord : « L'Histoire dira si cette politique a contribué, comme j'en suis convaincu, à limiter le sentiment xénophobe en Autriche ».
En 2001, Orbán et son gouvernement se brouillent provisoirement avec les États-Unis alors présidés par George W. Bush.
Début 2002, alors que la Hongrie, mais aussi la République tchèque et l'Allemagne sont en pleine campagne pour les élections législatives, Orbán crée des tensions diplomatiques en déclarant que la République tchèque ne doit pas adhérer à l'Union européenne tant que n'ont pas été abolis les décrets Beneš. Cette crise cause l'annulation du sommet de 2002 au sein du Groupe de Visegrád dans lequel Orbán s'était pourtant significativement investi.
Il fait adopter une loi accordant d'importants droits aux minorités magyares (trois millions de personnes) disséminées dans les pays voisins ; les deux pays concernés (Roumanie, Slovaquie) et l'Union européenne l'accusent d'ingérence.

Porté par de bons résultats économiques, le Fidesz-Union civique hongroise, coalisé avec le Forum démocrate hongrois (MDF) gagne les législatives de 2002 avec 188 députés, soit dix de plus que le MSZP de Péter Medgyessy. Mais ce dernier s'allie avec l'Alliance des démocrates libres (SzDsZ), seul autre parti représenté à l'Assemblée nationale, avec 20 élus. Viktor Orbán se voit ainsi contraint de renoncer au pouvoir le suivant.
En 2003, Orbán se montre sceptique sur une présence de l'armée hongroise aux côtés de la coalition militaire en Irak. Au bout de quelques mois, il s'y oppose virulemment, notamment au parlement.
Aux élections européennes de 2004, son parti obtient de très bons résultats, avec 13 eurodéputés soit plus de la moitié du nombre (24) d'eurodéputés auxquels a droit la Hongrie. Orbán lui-même est élu eurodéputé. Lors des débats sur la Constitution européenne, il déplore la « laïcisation excessive du texte ».
À l'occasion de la campagne pour le Référendum hongrois sur l'adhésion à l'Union européenne, il fait plusieurs sorties eurosceptiques tout en ne s'opposant pas franchement à l'adhésion. Ainsi, à un journaliste qui lui demande s'il y a plus d'avantages que d'inconvénients à rejoindre l'UE, il répond : « un faible oui ».
En 2005, Orbán obtient l'organisation d'un référendum sur l'octroi automatique de la nationalité aux Hongrois de l'étranger, mais le texte n'atteignant pas les 50 % de participation nécessaires pour être validé, il n'a pas de suite.
En 2006, il reconduit sa formation aux législatives, cette fois en coalition avec le Parti populaire démocrate-chrétien (KDNP), mais il est devancé par le MSZP du nouveau Premier ministre, en place depuis 2004, Ferenc Gyurcsány. Le débat télévisé ayant eu lieu quelques jours plus tôt lui aurait aussi été fatal. « Selon la presse » hongroise, il y serait apparu « fatigué, voire indécis ». Son avenir à la tête du parti est remis en question, mais le plan de rigueur budgétaire drastique imposé par le gouvernement et la diffusion de propos du chef du gouvernement révélant ses mensonges lors de la campagne de 2006, confirment son statut de chef de l'opposition. Il ne participe cependant pas aux manifestations en face du parlement, préservant ainsi son image des débordements violents qui ont alors lieu. Les élections municipales, en octobre, sont un très large succès pour le Fidesz et Orbán.
À l'occasion des élections européennes de 2009, son parti remporte 56,3 % des voix et 14 des 22 sièges à pourvoir au Parlement européen.
Durant ces années d'opposition, il continue à avoir des contacts importants à l'étranger. Il est ainsi invité d'honneur de l'université d'été de l'Union pour un mouvement populaire en 2003 dans les Landes et rencontre les présidents de la République française Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, lors de leurs voyages officiels respectifs en Hongrie,.

Chef de file du Fidesz-Union civique hongroise, toujours coalisée avec le KNDP, pour la cinquième fois à l'occasion des législatives de 2010, il obtient 52 % des voix et acquiert 263 sièges sur 386, alors que la majorité qualifiée des deux tiers est de 258 élus. Le , sur la proposition du président de la République László Sólyom, validée par l'Assemblée nationale, Viktor Orbán retrouve la fonction de Premier ministre, devenant le premier chef de gouvernement hongrois appelé à cette fonction pour la deuxième fois non consécutive.
Quelques semaines plus tard, le , le candidat qu'il soutient lors de l'élection présidentielle, Pál Schmitt, est largement désigné chef de l'État par les parlementaires ; celui-ci prend officiellement ses fonctions le suivant, faisant du Fidesz le parti détenteur des trois plus hautes fonctions de l'État (présidence de la République, Premier ministre, président de l'Assemblée nationale).
Fin 2010, il fait adopter une loi sur le contrôle des médias, très critiquée dans plusieurs pays de l'Union européenne et par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), juste avant que son pays ne prenne, pour six mois, la présidence du Conseil de l'Union européenne. Début février il accepte finalement de modifier ou supprimer de la loi les éléments selon lui les plus controversés, un accord jugé insuffisant par le quotidien de centre-gauche Népszabadság, qui avait saisi la Cour constitutionnelle le pour faire annuler la loi. En 2010, un Conseil des médias (Médiatanács) est créé pour « encadrer » la liberté de la presse ; son président est nommé par le Parlement pour une durée de neuf ans.

Le , à la suite d'une consultation d'un an auprès des citoyens, l'Assemblée nationale adopte une nouvelle Constitution (« Loi fondamentale de la Hongrie »), avec les seules voix du Fidesz, qui détient la majorité requise des deux tiers des sièges. Cette Constitution crée la controverse dans les pays occidentaux, en raison de références aux racines chrétiennes et à « l'histoire millénaire » du pays, de l'affirmation du mariage entre un homme et une femme et de la protection de la vie dès son commencement. Les voisins slovaques et roumains s'inquiètent quant à eux de l'octroi de la nationalité aux Hongrois citoyens des pays voisins. L'article qui prévoyait « un salaire égal pour un travail égal » est supprimé et le droit de grève restreint. La nouvelle Constitution, en vigueur le rend rétroactivement responsables les dirigeants du Parti socialiste hongrois, issu de l'ancien Parti communiste, des « crimes commis sous le régime communiste jusqu'en 1989 ».
Le , Viktor Orbán fait adopter une quatrième modification de la Loi fondamentale par 265 voix pour, 11 contre et 33 abstentions. Les socialistes boycottent le vote alors que le parti vert LMP demande aux députés du Fidesz de voter contre. L'amendement modifie le rôle de la Cour constitutionnelle, qui s'était déclarée compétente pour juger de la compatibilité de futurs amendements avec la Loi fondamentale, en la faisant uniquement juge du droit et en lui interdisant la possibilité de se référer à sa jurisprudence d'avant l'entrée en vigueur de la Constitution de 2012. Cet amendement réintroduit aussi des dispositions annulées par cette Cour, dont la possibilité d'expulser les sans-abri des lieux publics. L'Union européenne et les États-Unis s'opposent à cette modification. En , le gouvernement Orbán fait passer plusieurs lois au Parlement, instaurant notamment la détention provisoire illimitée.
Les opposants du gouvernement l'accusent d'accumuler les pouvoirs : de grands commis d'État issus du Fidesz sont nommés pour neuf ou douze ans, des assemblées locales sont remplacées par des administrateurs du gouvernement ou voient leurs pouvoirs sensiblement réduits, et le gouvernement multiplie des nominations à des fonctions stratégiques (cours de justice, agences d'évaluation de l'État, médias, universités, institutions culturelles, etc.).
Le , le parlement adopte une loi qui réduit quasiment de moitié (de 386 à 199) le nombre de députés. Le tracé des circonscriptions est aussi modifié ; elles sont agrandies afin de correspondre au nouveau nombre de députés. Cet agrandissement semble suivre un schéma commun de Texte en italiqueGerrymandering : « des circonscriptions de grandes villes sont rattachées à des circonscriptions composées de petits villages pro-Fidesz »
Le gouvernement Orbán lance une politique de « nationalisme financier », incarnée par le ministre de l'Économie, György Matolcsy. Les caisses de retraites privées, mises en place en 1997 par les socialistes sur le conseil de la Banque mondiale, sont nationalisées pour un montant de 10 milliards d'euros,. La dernière tranche de prêt du FMI est rejetée et la Hongrie s'acquitte de la dette contractée.
Rejetant la politique prônée par le FMI, Viktor Orbán cherche à respecter l'objectif de déficits publics en dessous de 3 % du PIB au moyen de taxes sur les grandes entreprises. Le gouvernement institue ainsi une « taxe de crise », d'abord sur les banques et les produits financiers, puis sur les entreprises de l'agroalimentaire, de la grande distribution, de l'énergie et des télécommunications. Un taux d'imposition unique sur les revenus, fixé à 16 %, est inscrit dans la nouvelle Constitution.
La Banque centrale voit son indépendance se réduire – à rebours des principes de l'Union européenne – et se voit accorder un droit de veto sur le budget de l'État,.
Viktor Orbán réduit les dépenses de fonctionnement de l'État : diminution de 5 % du nombre de fonctionnaires, réduction à huit du nombre de ministères, division par deux du nombre de députés, suppression des primes aux hauts fonctionnaires tant que le budget du pays est en déficit.
Il établit des droits d'entrée à l'université et relève des tarifs de santé, notamment pour les diabétiques légers ne suivant pas le régime alimentaire préconisé par leur médecin,. Il se montre réservé sur les prestations sociales : d'après le journal de gauche allemand Die Tageszeitung, le gouvernement a proposé de faire appel à des policiers à la retraite pour surveiller les allocataires d'aides sociales ou de chômage effectuant des travaux d'intérêt général, qui sont exigés par la loi à partir de en contrepartie du versement des aides ; plusieurs observateurs parlent de « camps de travail » visant notamment les Roms,,,,. Il est également procédé à des réductions budgétaires dans les domaines des arts et de la Recherche.
À partir de 2013, les personnes sans-abri s'exposent à une amende de 500 euros. En 2018, un amendement constitutionnel interdit la « résidence habituelle dans un espace public », et une nouvelle loi prévoit que les sans-abri dormant dans la rue auxquels la police aura adressé trois avertissements en moins de trois mois pourront être emprisonnés. Plusieurs tribunaux refusent d'appliquer cette loi.
En 2018, Blaise Gauquelin, journaliste au Monde, indique : « Viktor Orbán a réussi à corriger les excès du libéralisme observés dans tout l'espace post-soviétique après 1989 et particulièrement en Hongrie, l'économie la plus ouverte avant son retour au pouvoir en 2010. […] Mais des questions importantes sont toujours sans réponses : comment améliorer l'état catastrophique du système hospitalier ? Comment mettre fin à la fuite des cerveaux, à la pénurie de main-d'œuvre ? ».
Le gouvernement adopte fin 2018 une loi de « flexibilisation » du temps de travail permettant notamment aux employeurs d'exiger de leurs salariés jusqu'à 400 heures supplémentaires par an, soit l'équivalent de deux mois de travail, payables trois ans plus tard.
En 2019, en raison notamment du niveau élevé des exportations et de la forte émigration en raison des faibles salaires dans le pays, le taux de chômage tombe à 3,4 %, un record historique dans le pays.
Aux élections législatives de 2014 le Fidesz l'emporte avec 44,9 % des voix au scrutin de liste et 44,1 % au scrutin uninominal. Il conserve ainsi sa majorité des deux tiers au Parlement, ce qui est interprété comme un plébiscite pour la politique menée par Viktor Orbán,. Il est réélu Premier ministre le .

Lors de la crise migratoire en Europe, la Hongrie devient l'un des pays les plus affectés par l'immigration illégale : plus de 100 000 entrées illégales dans ce pays sont rapportées par Frontex de janvier à . Estimant que l'Union européenne ne prend pas les mesures nécessaires pour contenir les importants flux de population entrant illégalement dans l'espace européen par la frontière serbo-hongroise, le gouvernement hongrois décide la construction en d'une barrière entre la Hongrie et la Serbie.
Le , à l'initiative du gouvernement Orbán, le parlement renforce les pouvoirs de l'armée et de la police à l'égard des migrants, et autorise l'armée à utiliser tout moyen de contrainte, notamment balles en caoutchouc et engins pyrotechniques, mais pas en vue de tuer,,,. L'ancien commissaire européen Louis Michel réagit en déclarant que l'Union européenne doit suspendre le droit de vote de la Hongrie au Conseil, estimant que Viktor Orbán « renie nos principes les plus fondamentaux ».
Sa façon de traiter les migrants est critiquée : interdiction d'accès pendant plusieurs jours à la gare de Budapest-Keleti, construction d'une barrière entre la Hongrie et la Serbie, peine d'emprisonnement pour franchissement illégal de la frontière et refus de quotas européens pour la répartition des réfugiés. Il est invité par le président de la CSU et ministre-président de Bavière, Horst Seehofer, pour « chercher une solution » à la crise migratoire alors que les critiques vis-à-vis de la politique d'accueil d'Angela Merkel augmentent.
Mais fin 2015, The Financial Times analyse que la transformation soudaine des politiques européennes en matière de contrôle des frontières semble donner raison au dirigeant hongrois : « Même les adversaires les plus virulents du leader hongrois ont été contraints d'imposer un contrôle renforcé de l'immigration ». L'Autriche, qui par la voix de son chancelier fédéral, Werner Faymann, avait très sévèrement condamné ces mesures, annonce son intention de mettre en place une clôture. Pendant cette crise, la Hongrie resserre ses liens avec la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie, qui veulent coopérer pour assurer la sécurité de leurs frontières. Un sondage publié en montre que le soutien des Hongrois à Viktor Orbán est monté à 48 %, contre 32 % avant la crise des migrants, faisant de lui l'un des dirigeants en Europe centrale les plus populaires,.
En 2016, Viktor Orbán prend l'initiative d'organiser un référendum sur la relocalisation de migrants en Hongrie, dont le résultat en octobre est de 98,3 % des votes exprimés en faveur du choix qu'il défend, le « non ». Mais la participation étant de seulement 40 %, le référendum est invalidé. En , il lance à nouveau une consultation nationale au moyen d'un questionnaire « Arrêtons Bruxelles ! », envoyé à chaque foyer hongrois et portant sur des points dont la plupart ne sont en fait pas menacés par des décisions européennes selon l'opposition,.
En , son gouvernement propose de loger les demandeurs d'asile dans des logements aménagés dans des conteneurs le temps d'examiner leur situation. D'après France Info, ces « détentions systématiques » pourraient être contraires aux directives européennes.

Tout au long de son troisième mandat, le Fidesz maintient sa première position dans les sondages, avec entre 40 et 50 % d'intentions de vote. Alors que la campagne électorale des élections législatives de 2018 mène la presse à douter de l'obtention de la majorité qualifiée des deux-tiers, le Fidesz est reconduit au pouvoir avec 133 sièges sur 199 (49,3 % des suffrages au scrutin de liste et 47,9 % au scrutin uninominal), soit autant que quatre ans plus tôt. Le Jobbik arrive en deuxième position avec 26 sièges (autour de 20 % des voix). Viktor Orbán est réélu par l'Assemblée nationale le .
Les élections européennes de 2019, marquées par une participation record en Hongrie, voient une nouvelle victoire de son parti (53 %), qui arrive loin devant la Coalition démocratique (16 %). Cependant, le progrès des partis eurosceptiques et opposés à l'immigration au sein du Parlement européen est plus réduit que ce qu'il espérait. À la suite de ce scrutin, il se fait le porte-parole du groupe de Visegrád pour s'opposer à la candidature du travailliste néerlandais Frans Timmermans à la présidence de la Commission européenne, celui-ci s'étant affiché en opposant résolu à la politique migratoire des gouvernements d'Europe centrale en tant que premier vice-président de la Commission européenne. L'échec de Timmermans est perçu comme un signe du renforcement de l'influence d'Orbán au sein de l'Union européenne. Il se montre élogieux à l'égard d'Ursula von der Leyen, dont l'élection de justesse est notamment due au soutien du Fidesz. Selon Slate, « bien qu'il ait envisagé une coalition eurosceptique avec Salvini et Strache plombée par l'Ibiza Gate et frôlé de peu l'exclusion de la droite continentale, Viktor Orbán n'a rien perdu de son entregent au PPE » : plusieurs de ses proches conservent ainsi des fonctions importantes au sein du Parlement européen. Il défend la candidature de László Trócsányi, son ancien ministre de la Justice, pour un poste de commissaire européen. La Hongrie obtient le portefeuille « Voisinage et élargissement », prestigieux et stratégique, précédemment détenu par l'Autrichien Johannes Hahn : le pays est de longue date favorable à l'adhésion de ses voisins des Balkans, qui constituent l'essentiel des candidats à l'élargissement.
Le , dépassant Kálmán Tisza, il devient celui qui a exercé la plus longue fonction de Premier ministre de Hongrie.


Lors de l'élection présidentielle du 10 mars 2022, Viktor Orbán parvient à faire élire sa candidate, Katalin Novák, avec 73 % des voix parlementaires. Le suivant, en dépit d'un scrutin que la presse annonçait serré contre une opposition coalisée pour le défaire, il remporte largement les élections législatives, avec 54,1 % des voix, conservant sa majorité des deux tiers à l'Assemblée nationale et obtenant même deux sièges supplémentaires par rapport à 2018.
Candidat en 2026 à sa réélection pour un cinquième mandat consécutif, il est soutenu par des personnalités américaines du mouvement MAGA comme J. D. Vance et Donald Trump, qui « ont ouvertement salué les politiques d'Orbán, qu'il s'agisse du contrôle de l'administration publique, de la politique familiale, de la répression du milieu universitaire libéral ou de la confrontation avec l'UE », Trump l'ayant plusieurs fois cité comme modèle à siuvre pour sa politique anti-immigration.
Viktor Orbán est cependant battu par son adversaire Péter Magyar, lors des élections législatives hongroises de 2026.
Quelques jours après sa défaite, il déclare vouloir rester à la présidence de son parti, mais renoncer à siéger à l'Assemblée nationale où il a été réélu sur la liste nationale de son parti.
Selon The Howl (journal étudiant de l'UISG) cette défaite invite à penser que la stratégie populiste finit par s'épuiser quand la confiance publique s'érode, ici malgré le soutien massif de la droite radicale internationale et en dépit les campagnes des influenceurs formés par le Megafon Center ; la propagande — y compris via l'usage intensif de contenus manipulés ou générés par IA — ne suffit plus à compenser la lassitude face à la dégradation démocratique et médiatique (la vaste campagne de contenus générés par l'IA sur TikTok, lancée par le Fidesz pour attaquer Magyar en l'accusant de wokisme n'a pas fonctionné). Selon The HowlLes partis populistes de droite semblent gagner quand ils sont en situation d'opposition, mais déclinerune fois au pouvoir, comme l'illustrent les revers récents en Finlande, aux Pays-Bas, au Brésil ou en Australie. Enfin, l'élection de Péter Magyar montre que, même dans des systèmes profondément gerrymandés, une mobilisation démocratique peut renverser un régime illibéral et rouvrir la possibilité d'un retour à l'État de droit, malgré les difficultés à défaire les structures populistes installées.
Dans les années 2010-2020, la droite radicale cherche à s'internationaliser, avec notamment un réseau transatlantique désormais structuré autour d'acteurs sélectionnés, où selon Balfour et al. (2025), Orbán et son parti, le Fidesz occupent une position centrale. Orbán joue un rôle clé dans le projet de coalition des droites radicales, en collaborant directement avec l'équipe de Trump et en tissant des liens personnels avec des dirigeants européens comme Giorgia Meloni ou l'autrichien Herbert Kickl.
En termes de soft-power politique, V. Orbán trouve des alliés aux États-Unis en se faisant le relai, en Europe, des conservateurs américains, notamment en déclinant — à trois reprises — — à Budapest — le CPAC (Conservative Political Action Conference, Conférence d'action politique conservatrice), qui se veut être le plus grand rassemblement politique et médiatique mondial de toute la droite conservatrice.
Ces trois évènements ont été montées par l'Alapjogokért Központ (Center for Fundamental Rights), un think tank hongrois conservateur, fondé en 2013 et aligné sur le narratif de Viktor Orbán.
Orbán y intervient systématiquement, comme hôte et comme orateur principal. Il y invite des figures connues de mouvements conservateurs américain et de l'extrême droite étatsunienne, et de nombreux journalistes, triés selon leurs convictions (Les organisateurs du 3e et dernier CPAC, qui a réuni selon eux plus de 3 000 spectateurs et participants, dont environ 500 étrangers et deux chefs de gouvernement en exercice — Viktor Orbán et Irakli Kobakhidze, avec un message vidéo de Donald Trump), ont ainsi tenu à préciser dans leur compte rendu final que « l'événement a bénéficié d'une couverture médiatique — exempte de toute influence woke »).
Selon la Fondation Carnegie pour la paix internationale, les CPAC et les réqeaux de think tanks de droite sont d'importantes plateformes de soft power pour la droite-radicale-transnationale, permettant à des acteurs comme Orbán de tisser des liens personnels et de structurer une coopération idéologique entre leaders conservateurs, et en 2026, Zsuzsanna Végh, du German Marshall Fund of the United States, même après sa défaite électorale d'Orbán en avril 2026, , « l'héritage de l'ère Orbán perdurera grâce à la présence continue de Fidesz dans des réseaux illibéraux transnationaux ».
Depuis la fin des années 2010, Viktor Orbán, son parti et son gouvernement ont capté et progressivement contrôlé l'essentiel des médias du pays. Parallèlement, ils ont développé un système « illibéral » et que de nombreux observateurs qualifient de populiste de marketing politique utilisant des techniques numériques de plus en plus sophistiquées, incluant le micro‑ciblage, des campagnes d'influence politique coordonnées sur les réseaux sociaux, basées sur des outils d'analyse et de diffusion algorithmique de messages, de mèmes, d'images et informations fausses ou clivantes, de plus en plus générées par IA, afin d'amplifier leurs messages politiques.
En 2020, Orbán accorde une grande importance à son image publique sur Facebook qui devient sa principale plateforme de communication publique numérique, et un outil stratégique pour les élections hongroises (car elle est aussi le réseau social largement le plus utilisé par les hongrois),. Selon Sonnevend et al. (2024), il y construit avec soin une image de lui, composite. Une analyse des publications entre avril 2021 et avril 2022 le montre simultanément comme un homme fort, combattant des adversaires multiples, une incarnation symbolique de la nation, un dirigeant accessible, une figure bienveillante (notamment dans des scènes où il se met en scène avec des enfants ou des animaux), et un acteur compétent dans les contextes politiques de haut niveau, tout en se positionnant comme membre d'un réseau populiste transnational (grâce à des traductions régulières en anglais des ses messages, discours...). Cette mise en scène est ajustée aux crises successives — pandémie, invasion de l'Ukraine, campagne législative. ELle lui permet de (re)définir les frontières de l'identité nationale qu'il revendique et de se présenter comme sa condensation symbolique. Orbán renforce cette image via des interviews radiophoniques (préenregistrées) et, dans le pays, via des campagnes d'affichage, tout en évitant les entretiens indépendants depuis 2010. Selon Sonnevend et al. (2024), cette construction soigneusement médiatisée explique la durée de son autorité charismatique et de l'efficacité de son régime populiste.
De même, une analyse publiée en 2022 de 131 images de lui publiées sur son Instagram en 2019 le montre tantôt comme symbole de nationalisme et de masculinité, ou comme un « homme ordinaire », ou encore comme un dirigeant respecté incarnant l'État, altérisant le pays entre un « nous » ethno‑nationaliste et les « autres ». Ces profils multiples lui ont permis de consolider son pouvoir et sa légitimité, qu'il revendique « illibérale ». Selon Szebeni et al., cette stratégie visuelle et médiatique, accompagne un déclin démocratique, et opère dans un contexte de communication politique de plus en plus « numérique », est complétée par une communication gouvernementale qui est elle, centrée, sur la construction d'un « eux » hostile,.
Comme D.Trump qu'il a plusieurs fois rencontré, V. Orbán aime utiliser une stratégie discursive de victimisation, consistant à s'approprier et détourner la notion de “victime” pour en faire un outil politique, en s'appuyant sur une « galerie tournante d'« ennemis » ». Pour Orbán, ces ennemis, tous censés menacer les « vrais Hongrois » étaient intérieurs, ou extérieurs, avec par exemple « des élites politiques de gauche et libérales nationales, des bureaucrates de Bruxelles, le financier et philanthrope George Soros, des organisations non gouvernementales (ONG), des médias indépendants, des migrants et des communautés LGBTQ » puis l'Ukraine et Volodymyr Zelensky (accusés, notamment, de mener une « politique anti‑hongroise » et de vouloir « entraîner la Hongrie dans la guerre», et bloquer délibérément l'oléoduc Droujba). Ces ennemis permettaient à Orbán de se présenter comme défenseurs légitimes de son peuple supposément menacé, voire d'une civilisation chrétienne et ancienne menacée. Selon Hronešová et Kreiss (2024), cette stratégie de mise en scène de l'injustice lui permet, ainsi qu'à son parti d'ensuite de justifier des politiques coercitives ou illibérales, au nom de la protection de la nation. Selon Barton Hronešová et al. (2024), cette rhétorique victimaire est structurellement similaire à cette de Donald Trump, deux dirigeants qui s'apprécient :
Des enquêtes, notamment de Direkt36, et de l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), ont montré que plusieurs grandes entreprises du groupe Mészáros (propriété de l'oligarque et homme politique hongrois proche de V. Orbán Lőrinc Mészáros) ont financé — à hauteur de plusieurs milliards de forints — le Megafon Center, créée en 2020 pour spécialement former et diplômer des influenceurs pro‑gouvernementaux et diffuser massivement des contenus favorables au Fidesz sur des plateformes comme Facebook, Instagram et TikTok. Le Megafon, après avoir été béni et sanctifié par un prêtre pro‑Fidesz (Bese Gergő, lequel avait auparavant — en janvier 2022 — aussi béni le bureau de Viktor Orbán) lors de son inauguration, a dépensé davantage en publicité politique et électorale que le gouvernement lui‑même, sans jamais divulguer ses donateurs et en affirmant ne recevoir aucun financement public,. Le Megafon a ainsi pu massivement utiliser des outils d'optimisation algorithmique pour maximiser la portée de ses vidéos, de ses mèmes et de ses messages, s'inscrivant dans une tendance identique observée dans d'autres pays d'Europe centrale. « le Megafon est rapidement devenu l'annonceur public numéro un de Facebook en langue hongroise. Selon un article du Telex, à la fin de la campagne électorale de 2022, leurs dépenses publicitaires totales étaient déjà au-dessus d'un milliard de forints, et au premier semestre 2024, leurs coûts publicitaires ont dépassé les deux milliards de forints. »
Des travaux universitaires ont documenté la fabrique d'un soutien artificiel à Viktor Orbán, via des réseaux de pages et de sites internet coordonnées, de bots et de systèmes automatisés de recommandation visant à amplifier des narratifs politiques favorables à Orbán ou orientés contre ses adversaires. Ce fut notamment le cas lors des campagnes de 2018 et 2022 (Bajomi‑Lázár, Media and Politics in Hungary, 2021 ; Howard & Kollanyi, Oxford Internet Institute, 2019). Plusieurs analyses ont prouvé que les autorités hongroises ont recouru à des techniques de marketing électoral et de « segmentation comportementale » (inspirées du marketing politique du pari MAGZ américain, basées sur la manipulation, la désinformation et la radicalisation développées dans les années 2010 par Cambridge Analytica et Aggregate IQ), en s'appuyant sur des sociétés spécialisées dans la publicité numérique et sur des outils d'IA permettant de tester et d'ajuster en temps réel des messages ciblés et performants (European Digital Media Observatory, 2023).
La dernière campagne législative d'Orbán (en 2026) a été marquée par un contexte numérique de désinformation particulièrement intégré (associant des contenus générés par IA, des réseaux de faux comptes, des opérations d'influence russes à des médias alignés sur le gouvernement pour diffuser des narratif hostiles à l'opposition, ainsi qu'à l'Ukraine. Selon Veridica, des enquêtes de médias européens ont parallèlement révélé des ingérences diplomatiques russes impliquant des échanges sensibles entre Budapest et Moscou. Les analyses de l'Observatoire européen des médias numériques (EDMO), et celles de Veridica (média spécialisé dans l'analyse et le débunkage de la désinformation en Europe centrale et orientale, créé en 2020 l'Alliance Internationale des Journalistes Roumains (AIJR), en réponse à l'« infodémie » liée à la pandémie de Covid-19) convergent pour montrer que des réseaux de bots d'origine russe (ou recyclés de campagnes russes) ont amplifié des attaques narratives, souvent conspirationnistes, et messages pro‑Orbán et pro-Fidesz et anti-Ukraine lors de la campagne hongroise de 2026. Il est difficile de distinguer les interférences opportunistes, de coopération formalisée et directe entre Orbán et des fermes de troll ou autres opérateurs russes, mais l'EDMO, Political Capital et le Lakmusz (média hongrois de fact‑checking, lancé en 2021 par le site d'investigation 444.hu) ont par exemple identifié ;
La stratégie d'Orbán et de son parti semble avoir été de saturer l'espace informationnel et les réseaux sociaux, selon Veridica pour discréditer les révélations authentiques faites par d'autres acteurs, en les assimilant à des opérations de manipulation par un procédé connu d'inversion accusatoire.
Mais en 2026, les efforts de V Orbán pour être élu, en dépit des moyens de communication du Fidesz, de financements privés massifs, d'infrastructures numériques dédiées, outils d'intelligence artificielle pour optimiser la diffusion, de réseaux d'influenceurs formés, n'ont pas réussi convaincre les électeurs. En 2026, le Megafon s'est d'abord engagé à continuer à fonctionner, mais a fermé son site Web en août, après des licenciements massifs selon l'ICIJ.
En 2024 France Info le classe comme un « Premier ministre d'extrême droite ». En 2023, Viktor Orbán est considéré comme un nationaliste ultra-conservateur « qui a fini par absorber les valeurs d'extrême droite ».
Son style de gouvernement est « fondé sur les relations personnelles — où les liens stratégiques sont cultivés par un cercle restreint gravitant autour du Premier ministre, plutôt que par les canaux diplomatiques institutionnalisés ».
Orbán a souvent revendiqué son admiration pour Charles de Gaulle, notamment pour justifier la constitution qu'il a fait instaurer en 2010, qu'il compare à celle de la Ve République. Il a aussi plusieurs fois affirmé son admiration pour Nicolas Sarkozy,,.
Il est aussi connu pour son positionnement pro-Vladimir Poutine, notamment sur le dossier ukrainien. « Orbán a rencontré Poutine chaque année jusqu'à l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, avant de reprendre ces rencontres en 2024, en dépit des mandat d'arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale depuis le 17 mars 2023 »,. Z Végh note que même la révélation en 2022 du piratage par des hackers russes de tous les systèmes informatiques du Ministère hongrois des Affaires étrangères n'a pas freiné les relations entre les deux dirigeants.
Orbán a aussi maintenu des relations étroites avec le Gouvernement chinois, via notamment des contacts réguliers et de haut niveau avec des responsables chinois ; Szijjártó a même représenté Orbán en 2025, au défilé du quatre-vingtième anniversaire de la victoire à Pékin, où il était le « seul haut responsable issu d'un État membre de l'UE et de l'OTAN » (aux côtés du Premier ministre slovaque Robert Fico).
En 2022, Viktor Orbán « exprime son rejet d'une société "multi-ethnique" et des "non-Européens" en déclarant : "Nous ne voulons pas être une race mixte" ».
Il est présenté par ailleurs comme une figure majeure de l'extrême droite européenne en raison de ses positions en faveur de « la famille traditionnelle », de ses attaques contre les minorités et les immigrés. Viktor Orbán finance plusieurs mouvements d'extrême droite en Europe ; ainsi :
En 2024, Le Monde écrit que Fidesz , le parti fondé par Viktor Orbán, « a glissé progressivement vers une extrême droite assumée. Contrairement aux partis atlantistes comme les Frères d'Italie, il incarne désormais un courant autoritaire et prorusse.». De même le site Toute l'Europe classe Fidesz à l'extrême droite en 2024 et en 2023 France Info estimait que Fidesz étant au pouvoir, la Hongrie était gouvernée par l'extrême droite.
Jean-Yves Camus affirmait en 2018 que Viktor Orbán « n'est pas un homme d'extrême-droite », mais « un populiste de droite ». Selon lui, « les positions qu'il défend sur les questions d'immigration et d'accueil des réfugiés le rapprochent beaucoup d'un certain nombre de mouvements d'extrême-droite européenne, mais son parti le Fidesz est membre du Parti populaire européen (PPE) ».
Avant de redevenir Premier ministre en 2010, Viktor Orbán est un des principaux opposants à la présence soviétique en Hongrie, puis aux relations privilégiées entretenues avec la Russie par les Premiers ministres socio-démocrates l'ayant précédé entre 2002 à 2010. Il dénonce ainsi vigoureusement le faible soutien donné à la révolution orange et à Viktor Iouchtchenko. Dans les années 2010, il se rapproche du président russe, Vladimir Poutine, notamment pour assurer aux Hongrois des tarifs peu élevés en matière d'énergie,. Viktor Orbán réclame notamment la levée des sanctions de l'Union européenne contre la Russie.
De 2002 à 2012, il est l'un des vice-présidents du Parti populaire européen.
Selon Visnotitz et Jenne (2021), comme d'autres leaders populistes, dans les années 2010-2020, tout en utilisant une rhétorique populiste opposant élites et peuple, par sa politique étrangère révisionniste, il cherche à rehausser l'image et le statut international de son pays. Une étude de cas portant sur la politique étrangère des gouvernements Fidesz entre 2010 et 2020 a mis en évidence trois mécanismes : une politisation de l'appareil diplomatique ; la confrontation avec les alliés traditionnels, et la recherche de partenariats plus flexibles.
Après les élections européennes de 2014, il soutient la candidature du Premier ministre britannique, David Cameron à la présidence de la Commission européenne, et vote contre Jean-Claude Juncker. En 2017, il soutient la reconduction de Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, alors que le gouvernement polonais, dont le positionnement est jugé proche de celui de Viktor Orbán, s'y oppose. À l'occasion des élections fédérales allemandes de 2017, il dit « prier » pour une victoire de la chancelière Angela Merkel, qu'il juge « plus amicale envers les Hongrois » que Martin Schulz, son adversaire social-démocrate. Lors de la primaire interne organisée par le Parti populaire européen en vue des élections européennes de 2019, il apporte son soutien à la candidature de Manfred Weber comme tête de liste face à Alexander Stubb, avant de le lui retirer, l'accusant d'avoir « offensé » son pays. Durant la campagne, il formule le souhait de voir les conservateurs européens nouer une alliance avec les « partis patriotiques de droite », citant l'exemple du gouvernement autrichien, qui réunit la droite et l'extrême droite. Après les élections européennes de 2019, il se félicite d'avoir entravé la candidature de Frans Timmermans à la présidence de la Commission européenne. Les eurodéputés du Fidesz, dont il est le président, donnent des voix décisives à Ursula von der Leyen, qui lui permettent d'être élue présidente de la Commission.
En se rapprochant de pays de langues turques comme le Kirghizistan et la Turquie, il promeut une vision touraniste de l'origine du peuple hongrois. Par ailleurs, il soutient l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, affirmant que la stabilité du pays est un moyen d'éviter une nouvelle vague migratoire en Europe.
Il apporte son soutien à l'Azerbaïdjan dans la guerre l'opposant en 2020 à l'Arménie.
Alors qu'en 1989, il avait protesté devant l'ambassade de Chine contre le massacre de la place de Tian'anmen, tout en se réclamant partisan du Tibet libre, il s'est rapproché de la Chine depuis 2010. Il encourage ainsi la première installation d'un campus d'une université chinoise en Europe et la Hongrie autorise l'administration de vaccins chinois contre le COVID-19 alors qu'ils ne sont pas homologués par l'Union européenne.
Durant la campagne pour l'élection présidentielle française de 2022, Orbán affirme ouvertement son soutien à Marine Le Pen. C'est de plus grâce à une banque hongroise qui appartient à Lőrinc Mészáros, un ami d'Orbán, que Marine Le Pen peut financer sa campagne électorale et donc participer à l'élection.
Devenu proche de Vladimir Poutine, Viktor Orbán tient une ligne pro-russe à partir des années 2010. Après avoir condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie et s'être rallié aux sanctions occidentales contre la Russie en 2022, il estime l'année suivante qu'il faut négocier avec cette dernière pour ramener la paix en Europe,. Cette ligne génère des tensions au sein de l'Union européenne, qui soutient majoritairement l'Ukraine.
Après les élections européennes de 2024, Viktor Orbán initie le troisième groupe du Parlement européen « Patriotes pour l'Europe ». Il lui donne pour objectifs de se positionner contre le « soutien militaire à l'Ukraine » et contre « l'immigration illégale » et pour la « famille traditionnelle » et « alléger les contraintes environnementales ». Jordan Bardella prend la tête de ce groupe d'extrême droite, l'Italien Roberto Vannacci est un des six vice présidents du groupe,.
Fervent soutien de Benyamin Netanyahou, Viktor Orbán apporte un appui total à la guerre menée à Gaza par Israël, en dépit des accusations de génocide visant cet État. Il annonce qu'il n'appliquerait pas le mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité émis le contre le premier ministre israélien par la Cour pénale internationale (CPI), puis reçoit celui-ci en Hongrie en . Il annonce lors de cette visite que son pays allait se retirer de cette instance internationale. La Hongrie vote fin 2025 pour la suppression de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens.

Viktor Orbán s'est exprimé à plusieurs reprises de manière critique contre l'idée que la démocratie implique le libéralisme politique. Il affirme ainsi « qu'une démocratie n'est pas nécessairement libérale, et que même sans être libéral, on peut être démocrate […] La démocratie libérale n'a pas été capable d'obliger les gouvernements à défendre prioritairement les intérêts nationaux, à protéger la richesse publique et le pays de l'endettement »,.
En , Viktor Orbán déclare à Băile Tușnad (en hongrois Tusnádfürdő) que la Hongrie veut construire « une société basée sur le travail qui assume […] ne pas être de nature libérale », « un État illibéral (illiberális) et non pas un État libéral ». Il ajoute : « un thème fréquent aujourd'hui dans la réflexion [politique] est de comprendre les systèmes qui ne sont pas occidentaux, pas libéraux, pas des démocraties libérales, peut-être même pas des démocraties, et qui apportent quand même le succès à leurs nations, […] Singapour, la Chine, l'Inde, la Russie, la Turquie »,.
Pour Orbán, cet État illibéral « ne renie pas les valeurs fondamentales comme la liberté », mais « ne fait pas de l'idéologie libérale un élément central de l'organisation étatique »,. Selon Le Courrier d'Europe centrale, hormis concernant l'immigration, il reste cependant difficile de mesurer les implications concrètes de l'illibéralisme en Hongrie, car la politique menée par Viktor Orbán est — malgré les tensions récurrentes avec la Commission européenne — strictement encadrée par les traités de l'Union européenne, tant sur un plan institutionnel que géopolitique,.

Dès , il fustige la politique « libérale » de l'Union européenne en matière d'immigration. En , il déclare qu'après avoir gagné les élections législatives, l'un des principaux objectifs de son mandat serait de mener une lutte farouche contre l'immigration : « l'objectif est de mettre fin à l'immigration par tous les moyens […]. Je pense que l'actuelle politique libérale en matière d'immigration, pourtant considérée comme évidente et moralement fondée est en fait hypocrite ».
Le , après les attentats islamistes en France, Orbán réaffirme son opposition à l'immigration. En septembre de la même année, il présente les musulmans comme un danger pour la civilisation européenne.
Avec la Slovaquie, la Tchéquie et la Roumanie, il s'oppose à la politique des quotas de migrants promue par Angela Merkel.
Face au faible taux de fécondité en Hongrie (1,5 enfant par femme), il refuse d'avoir recours à l'immigration extra-européenne, préférant une relance de la natalité hongroise. Dans ce cadre, il lance en 2019 un plan de soutien aux familles et naissances pour un total de 4,8 % du PIB hongrois. Les mesures mises en place comprennent une exemption à vie de l'impôt sur le revenu pour toute femme ayant élevé au moins quatre enfants, l'accord de prêts de 30 000 euros aux couples mariés n'ayant pas à rembourser en cas de naissance de trois enfants ou encore des subventions pour des voitures familiales.
Issu d'une famille calviniste, il défend une stricte séparation de l'Église et de l'État au début des années 1990, lorsque le Fidesz est une formation libérale d'opposition. Il se rapproche de l'Église catholique dans la deuxième moitié des années 1990. Après son arrivée au pouvoir en 2010, il se réfère massivement au christianisme : il fait inscrire la référence à Dieu dans la Constitution adoptée en 2011 et se montre en train de prier dans son bureau (qu'il a fait bénir et sanctifier par un prêtre pro‑Fidesz (Bese Gergő)), entouré de sa famille, tandis que son gouvernement confie une part non négligeable des écoles communales aux Églises,.
À partir de 2010, Viktor Orbán prend des initiatives contre l'avancée des droits LGBT au motif qu'ils seraient incompatibles avec les valeurs chrétiennes et traditionnelles. Cette politique lui attire les critiques de pays occidentaux et ONG internationales, alors que la Hongrie était considérée comme l'un des pays d'Europe centrale et orientale les plus progressistes sur le sujet, avec la dépénalisation de l'homosexualité dans les années 1960 et la reconnaissance de l'union civile en 1996.
La Loi fondamentale adoptée un an après le retour d'Orbán à la tête du gouvernement définit le mariage comme « l'union d'un homme et d'une femme », en excluant de facto les personnes de même sexe (il est par la suite révélé que József Szájer, co-rédacteur de ce texte et proche allié d'Orbán, a participé à des soirées libertines gays, embarrassant ainsi le camp du Premier ministre,). À partir de 2020, l'adoption en Hongrie est constitutionnellement réservée aux seuls couples mariés, tandis que le changement de sexe à l'état civil est proscrit. En 2021, invoquant la protection des enfants, le Parlement interdit aux moins de 18 ans « les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité »,.
En , il est accusé de racisme et, selon 20 Minutes, d'antisémitisme, après un discours lors d'un déplacement en Roumanie, contre les sociétés multiculturelles. Il affirme : « Nous ne voulons pas être une race mixte », qui se mélangerait avec « des non-Européens »,. Il reprend la rhétorique trumpienne sur l'immigration avant sa rencontre avec celui-ci au Texas,, choquant jusqu'à son propre camp. Sa conseillère sociologue Zsuzsa Hegedus démissionne en effet, à la suite de ces propos dignes de Joseph Goebbels selon elle,,. Orbán est accusé de mettre en danger l'unité européenne[source insuffisante],, ce dernier étant accusé d'isoler la Hongrie dans un contexte international tendu après la démission de Mario Draghi, qui favoriserait le risque d'une alliance des pays membres ayant une politique de nationalisme et de populisme.
Le Comité d'Auschwitz se dit « horrifié » de ses propos,.
Ouvertement climatosceptique, Viktor Orbán supprime le ministère de l'Environnement (Környezetvédelmi Minisztérium) du pays, en mai 2010, en répartissant certaines de ses missions dans un ministère du Développement national, et dans le ministère de l'Agriculture et dans plusieurs agences administratives. Il se positionne contre les énergies renouvelables, en particulier contre les parcs éoliens. Comme de nombreux climatosceptiques, face à l'accumulation de preuves de réchauffement, il adopte ensuite les « climate delay discourses » : des contre‑discours qui ne nient plus le changement climatique ni la responsabilité des émissions de CO2, mais qui cherchent à retarder et réduire les actions. Lors de la conférence de Bakou de 2024 sur les changements climatiques (COP 29) son discours a minimisé les enjeux climatiques et cherché à affaiblir les institutions environnementales, en utilisant souvent — selon une analyse faite de ce discours par M. Vargha (2025) — la voix passive, les nominalisations, des hyperboles et des métaphores en utilisant des chiffres qui servent son propos, associant plusieurs formes de discours de retardement climatique ainsi que les tactiques de légitimation des positions de son gouvernement, articulées avec une rhétorique populiste d'extrême droite.
Viktor Orbán s'appuie notamment sur un think-tank, baptisé MCC Brussels, dont les positions climatosceptiques, anti‑régulation, anti-environnement et pro‑marché sont très proches de celles du libertarianisme de droite américain (telles que promues par l'Atlas Network). Ce think-tank cherche à briser le consensus européen sur le réchauffement climatique en propageant dans les enceintes de l'Union européenne, et autour, à Bruxelles un discours climatosceptique qui — par exemple — présentant le réchauffement comme « une croyance de luxe » et les politiques de neutralité carbone comme des règles « soviétiques ». Ce think tank est financé par le gouvernement Orbán. Il l'est — via le Mathias Corvinus Collegium, une institution hongroise ayant reçu plus de 1,3 milliard de dollars de fonds publics, notamment via les recettes de la compagnie pétrolière et gazière hongroises : la MOL (Magyar Olaj- és Gázipari Részvénytársaság, l'une des plus grandes entreprises pétro-gazière d'Europe centrale, qui importe environ 65 % de son pétrole de Russie) dont des parts ont été transférées par le gouvernement Orbán au Mathias Corvinus Collegium) —. Le Gouvernement Orbán a également attribué des parts d'une autre grande entreprise nationale : le groupe pharmaceutique Gedeon Richter. MCC et son think-tank, sous la direction du sociologue hongrois Frank Furedi, organisent des conférences critiquant la « scientisation » du débat climatique et valorisant un scepticisme présenté comme intellectuellement libérateur, malgré le consensus scientifique établi sur le rôle des émissions humaines dans le réchauffement. Selon Politico (2024), ce think tank relaie des intervenants controversés, dont certains (comme Richard Lindzen) accusés de contribuer à la désinformation sur le Climat, et/ou de promouvoir l'idée que les politiques environnementales devraient être guidées par des considérations éthiques plutôt que scientifiques. L'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) note que MCC Bruxelles enfreint les lois européennes sur la transparence du lobbying (l'organisation n'a pas déclaré ses sources de financement ni son budget, alors qu'elle mène des activités de lobbying dans l'Union européenne depuis 2022, qui semble s'inscrire dans une stratégie plus large d'exportation du modèle politique illibéral hongrois. L'ONG met en garde contre des flux financiers opaques susceptibles de renforcer des acteurs anti‑démocratiques.
Le think-tank MCC, qui promeut une ligne politique hostile aux politiques climatiques européennes et au Green deal européen, appelle à « abandonner la folie du net zéro » et à construire « une Europe libérée de l'environnementalisme », nie toute coordination avec Budapest, mais ses positions reflètent la ligne du gouvernement hongrois, qui qualifie les ambitions climatiques de l'Union européenne de « fantaisie utopique » et de « destructrices »,.
En , il reçoit le Freedom Award, un prix remis par l'American Enterprise Institute, un influent cercle de réflexion conservateur. Il reçoit aussi le Prix Franz Josef Strauß (de).
En 2021, le média Politico le classe parmi les 28 personnalités européennes les plus puissantes d'Europe, le distinguant dans la catégorie Doers (« faiseurs »).