Le terme « Vill » est utilisé dans l’Histoire anglaise, galloise et irlandaise pour décrire une unité administrative rurale de base, comparable à celle d’une paroisse, d'une seigneurie, d'un village ou d'un Tithing,.
Le vill était la plus petite unité territoriale et administrative – une subdivision géographique du hundred et du comté – dans l'Angleterre Anglo-Saxonne. Il remplissait une fonction de régulation par le biais de la tithe (taxe anglo-saxonne, équivalent de la dîme) et une fonction économique d'organisation des projets communs par le biais de l'assemblée villageoise (village moot) . Ce terme est la forme anglicisée du mot villa, utilisé dans les documents latins pour traduire le tun Anglo-Saxon.
Le vill demeura l'unité rurale de base après la conquête normande — les unités foncières du Domesday Book sont fréquemment désignées comme des vill — et ce jusqu'à la fin du Moyen Âge. Le manoir était une unité de propriété foncière, tandis que le vill était une unité territoriale — la plupart des vill ne correspondaient pas physiquement aux limites des manoirs — et constituait une composante publique de l'administration royale. Le vill exerçait des fonctions judiciaires et policières, notamment en matière de frankpledge (en), et était responsable de la fiscalité, des routes et des ponts . Il organisait également les pâturages communaux, le calendrier saisonnier de l'agriculture rurale et le système triennal .
Avec l'essor du gouvernement royal angevin, par opposition au gouvernement féodal, de nouvelles obligations furent imposées aux vill. Au début du XIIe siècle, le Reeve et quatre villageois étaient tenus de comparaître devant le tribunal de la hundred « au nom de tous » ; lors des assises de Clarendon en 1166, « quatre des hommes les plus respectables de chaque vill » furent requis pour présenter les malfaiteurs. Quatre hommes et le préfet furent de nouveau appelés pour l'évaluation des impôts en 1198 ; l'ordonnance de 1242 relative à la police prévoyait une « surveillance continue ». dans chaque vill par six hommes ou quatre voire moins selon le nombre des habitants".
A la même époque, le vill s'affirme comme une entité juridique à part entière, pouvant poursuivre en justice les seigneurs oppressifs, intenter des procès à d'autres vill, ou encore acquérir des privilèges auprès de la Couronne, tout en assurant la réparation des ponts et des églises selon les besoins. Tout en conservant, voire en renforçant, sa structure hiérarchique et sa pyramide sociale jusqu'à la fin du Moyen-Âge, le vill médiéval demeure un élément dynamique de la vie rurale locale.