Vostok 1

Vostok 1
Données de la mission
Vaisseau Vostok
Équipage Youri Gagarine
Date de lancement à 06:07 UTC
Site de lancement Baïkonour LC1 45° 55′ 00″ N, 63° 20′ 00″ E
Date d'atterrissage à 07:55 UTC
Site d'atterrissage 51° 00′ 00″ N, 46° 00′ 00″ E
Durée 1 heure et 48 minutes
Orbites 1 Orbite
Navigation

Vostok 1 (en russe : Восток 1) est le premier vol spatial habité de l'histoire spatiale et la première mission du programme Vostok.

Historique

Le vaisseau soviétique Vostok 3KA est lancé le depuis le cosmodrome de Baïkonour avec à son bord le cosmonaute Youri Gagarine. Après avoir bouclé une orbite sans rencontrer de problème, le vaisseau effectua une rentrée mouvementée mais atterrit sans encombre dans la région de Saratov.

Vostok 1 traduit à l'époque la supériorité du programme spatial soviétique dirigé par Sergueï Korolev sur le programme américain. En réaction à ce succès exploité par la propagande soviétique, le président Kennedy annonce, le , le programme Apollo destiné à poser un équipage sur la Lune, ce qu'il confirme le .

La mission, censée représenter un exploit pour l'URSS, intervient alors que la guerre froide fait rage entre l'Union soviétique et les États-Unis qui se livrent à un conflit d'ordre idéologique d'ampleur mondial : la conquête spatiale devient alors un terrain de compétition ainsi qu'un enjeu important si ce n'est vital pour les deux puissances. Jusqu'à l'aube de Vostok 1, la course à l'espace est dominée par les soviétiques, battant à plate couture leurs adversaires américains grâce à des succès s'enchaînant depuis 1957 avant le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik 1. Pour l'envoi d'un homme dans l'espace, les États-Unis sont de nouveau devancés par les soviétiques. À la suite du vol de Gagarine, ils se presseront pour répéter ce succès. Moins d'un mois après Vostok 1, Alan Shepard accomplit son vol dans le cadre de la mission Mercury-Redstone 3. Ce dernier n'est d'ailleurs qu'un vol suborbital, alors que Gagarine a effectué une orbite.

Équipage

Membre principal :

Remplaçant :

Paramètres de la mission

Essais avant la mission

Belka et Strelka (naturalisées), passagères de Spoutnik 5 en 1960. Au centre, le conteneur dans lequel elles effectuèrent le vol.

Avant que Gagarine n'effectue son vol, le vaisseau Vostok a été testé quatre fois dans l'espace sous le nom générique Spoutnik, à chaque fois avec des animaux à bord. Après l'échec de Spoutnik 4, le (à vide), ces vols s'échelonnèrent pendant un an :

Synthèse de la mission

Youri Gagarine, le premier homme dans l'espace.
L'orbite de Vostok.
Maquette de Vostok 1.
Tableau de bord de Vostok.
Modèle du lanceur utilisé pour placer en orbite le vaisseau spatial.
Module de descente de Vostok.

Youri Gagarine a effectué une orbite, en 108 minutes, et est revenu sain et sauf ; il s'est éjecté de la capsule Vostok à 7 km du sol et a atterri avec son parachute. En effet l'atterrissage de la capsule aurait été trop rude pour le cosmonaute.

Les contrôleurs au sol ne surent que l'orbite était stable que 25 minutes après le lancement. Le contrôle de l'attitude de l'engin était géré par un système automatisé. L'équipe médicale et les ingénieurs ne savaient pas comment le corps humain réagirait à l'absence de gravité. Pour cette raison, les contrôles de vol étaient verrouillés pour empêcher Gagarine de prendre un contrôle manuel. Les codes pour déverrouiller les commandes étaient placés dans une enveloppe embarquée, que Gagarine ne devait utiliser qu'en cas d'urgence. Vostok ne pouvait pas changer d'orbite, seulement d'attitude sur son orbite. Durant la majeure partie du vol, l'attitude du vaisseau pouvait fluctuer. Le système automatisé a ramené Vostok 1 dans l'alignement pour le rétrofreinage environ une heure après le décollage.

L'allumage des rétrofusées eut lieu alors que le vaisseau Vostok survolait la côte occidentale de l'Afrique, près de l'Angola, à environ 8 000 km du site d'atterrissage sélectionné ; elles fonctionnèrent durant environ 42 secondes. Pour des raisons de poids, il n'y avait pas de rétrofusées de remplacement. Au cas où les rétrofusées n'auraient pas fonctionné, dix jours de provisions étaient embarqués pour permettre au cosmonaute d'attendre que le vaisseau effectue une rentrée atmosphérique déclenchée par la dégradation progressive de son orbite sous l'effet de la traînée.

Après le freinage le module de service de Vostok (sharik) devait se détacher pour permettre à l'habitacle proprement dit (le module de descente), en forme de sphère, d'effectuer une rentrée atmosphérique dans de bonnes conditions. Les sangles qui solidarisaient les deux modules ne se coupèrent pas comme prévu. Le vaisseau subit durant dix minutes des girations désordonnées avant que les sangles ne se consument et permettent au module de descente de se détacher et de prendre une orientation correcte.

La FAI décida en 1961 qu'un pilote devait atterrir avec sa capsule pour que le vol soit retenu comme vol spatial officiel par la Fédération. L'Union soviétique soutint que Gagarine avait atterri avec le Vostok, et la Fédération valida le vol. Dix années plus tard, il est révélé que Gagarine s'était éjecté et avait atterri séparément du module Vostok, En raison de cette particularité technique, les Soviétiques craignaient que les records de durée, d'altitude et de masse au décollage du vol spatial orbital ne soient pas reconnus par la FAI, l'organisme mondial de normalisation et d'enregistrement dans ce domaine. Selon les anciennes définitions de la FAI, la mission aurait été considérée comme un vol spatial "incomplet",. Le record de vol spatial a été certifié et réaffirmé par la FAI, qui a modifié ses règles et reconnu que les étapes critiques du lancement en toute sécurité, de la mise en orbite et du retour du pilote avaient été franchies. Gagarine est donc internationalement reconnu comme le premier homme dans l'espace et comme la première personne en orbite autour de la Terre.

Lorsque les officiels soviétiques remplirent les formulaires de la FAI pour enregistrer le vol de Vostok 1, ils affirmèrent que le site de lancement était Baïkonour à 47° 22′ 00″ N, 65° 29′ 00″ E. En réalité, le site de lancement était près de Tiouratam à 45° 55′ 00″ N, 63° 20′ 00″ E, à 250 km au sud-ouest de Baïkonour. Ils mentirent pour garder secret l'emplacement du centre spatial. En 1995, les autorités russes et kazakhs ont renommé Tiouratam en Baïkonour.

La capsule de rentrée est désormais exposée au Musée RKK Energia à Korolev.

Déroulement de la mission

Notes et références

  1. ↑ (en) Records file on the first space flight by the USSR citizen Youri Alexeyvich Gagarin, The USSR Central Aero Club, , 20 p. (lire en ligne [PDF]), p. 7
  2. ↑ (en) Asif A. Siddiqi, « Challenge to Apollo : the Soviet Union and the space race, 1945- 1974 » [PDF], sur history.nasa.gov, (consulté le ) : « Soviet authorities went to great lengths to conceal this fact, in many cases forcing Gagarin to blatantly lie during various press conferences, », p. 283.
  3. 1 2 (en) « World Air Sports Federation's Sporting Code Section 8: Astronautics » [archive du ] [PDF], sur World Air Sports Federation (consulté le )
  4. ↑ (en) « 'Let's go!' – FAI celebrates 60th Anniversary of Gagarin’s space flight », sur Fédération aéronautique internationale, (consulté le ) : « Due to Gagarin not being able to land with his aircraft as usual during aeronautical feats, there were initial concerns that the FAI would not be able to recognise his achievements. However, the FAI duly amended the rules to encompass this new form of aviation and so the awards were ratified. »
  5. ↑ (en) « Geek Trivia: A leap of fakes », sur techrepublic.com (consulté le )
  6. ↑ (en) Cathleen Lewis, « Why Yuri Gagarin remains the first man in space, even though he did not land inside his spacecraft » [archive du ], sur National Air and Space Museum, (consulté le )
  7. ↑ (en) « Yuri Gagarin: Who was the first person in space? », sur BBC (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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