Walter Feldmann est un compositeur et flûtiste suisse, né le à Glaris.
Il poursuit des études en français, latin et musicologie à l'université de Zurich en parallèle avec des cours de flûte auprès de Dominique Hunziker à Aarau. En 1991, il crée l'Ensemble S Zürich, spécialisé en musique contemporaine. Il intègre en 1998 l'ensemble Les joueurs de flûte, développant un répertoire pour huit flûtes, de la Renaissance à la création contemporaine. En 1992, il devient co-organisateur puis, de 1994 à 2003, directeur artistique du festival Tage für Neue Musik Zürich. En 1993, il participe à la première édition de l'Académie d'été de l'Ircam, à la suite de laquelle il est sélectionné pour le stage d'été en informatique musicale en 1996. De 1998 à 2004, il collabore en tant que compositeur et flûtiste avec le chorégraphe Gabriel Hernández à Paris au sein de sa compagnie tHEL danse. Diplômé en pédagogie musicale, il enseigne à la Musikschule Steinhausen de 1993 à 2011, à la Alte Kantonsschule Aarau depuis 2009 et à la Kantonsschule Zofingen depuis 2018.
Ses premières compositions remontent à 1986. En 1993 il est accueilli au programme de l'éditeur Carus Verlag Stuttgart. Depuis 2018, ses œuvres sont éditées aux Éditions Marta.
Son catalogue est dominé par l'écriture pour soliste ou ensemble avec et sans électronique. Après une première série d'œuvres avec la flûte comme instrument principal, il s'intéresse à l'écriture pour effectif réduit comme ses quatuors à cordes …À tournoyer (1990) et Absences (fragmenté) (1991-92), puis Courbes - Séquences pour flûte, alto et harpe (1992-1993). Une autre facette de son écriture regroupe des pièces pour soliste et électronique, parmi lesquelles le Sexe du noyé pour hautbois solo (1995, musique "obsessionnelle, névrosée, physique") ou Tellement froid que (Géorgiques I) pour flûte basse (1995-96), d'après Les Géorgiques de Claude Simon. Ce roman lui inspirera deux autres pièces : Comme si le froid (Géorgiques II) pour saxophone baryton, timbale, piano et électronique (commande du Südwestrundfunk Baden-Baden en 1998) et N'était le froid (Géorgiques III), surfaces/espaces pour orchestre grave en 4 groupes (commande du Südwestrundfunk Stuttgart en 1999-2001). Ce cycle autour des Géorgiques inaugure un style d'écriture désormais exclusivement basé sur une source d'inspiration textuelle ou littéraire.
Dans la pièce Dolcificare a piacere - R.E.C. pour violoncelle solo, cor anglais, voix de femme et piano, écrite en 1997, il perfectionne son système compositionnel en prenant en compte toutes les données typographiques d'un texte. Une sorte de mesurage lui permet d'en déduire tout le matériel nécessaire à la composition (structure, hauteurs, rythmes…). On retrouve parmi ces pièces littérales : Réduction d'emballage pour clarinette solo et quatuor à cordes (1998-99, révisée 2002-03), Fort et longtemps pour 8 flûtes (1999), ainsi que les deux versions (2001-2002) de How many parts of It - the one, - and how many the other.
La rencontre avec l'écrivain Anne-Marie Albiach et la lecture de son œuvre trouvent dans Monstrueuse vécut dans le cadre la mémoire, commande de l'Ensemble Intercontemporain pour alto solo et grand ensemble en 6 groupes (2002-2004) et Une géométrie (2005-07), un point d'aboutissement. En 2016, il poursuit, avec Esquisse : le froid pour marimba solo et 14 instruments, la liste des œuvres sur des textes éponymes de cet auteur.
Son affinité avec la musique de Claude Debussy se montre dans ses transcriptions d'œuvres pour piano du compositeur français, ainsi que dans …y soufflera… pour soprano et orchestre (dont le texte est tiré du quatrain de Stéphane Mallarmé, adressé à Debussy). Vertical et blanc est dédié « à la mémoire de Claude Debussy ».
Cette liste se réfère aux listes publiées chez EMS (Édition musicale Suisse), à l'Ircam, à la Bibliothèque Nationale Suisse et sur le site officiel du compositeur.