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William Cheselden, né le à Somerby et mort le à Bath, est un chirurgien anglais, le plus renommé de la première moitié du XVIIIe siècle.
William Cheselden étudie l'anatomie à Londres, étant l'élève de William Cowper.
À partir de 1711, il donne des cours privés de chirurgie et rejoint la compagnie des barbiers-chirurgiens. Il est élu membre de la Royal Society en 1712. En 1718, il est nommé au St Thomas' Hospital, où il donne quatre cours par an. Il obtient des succès remarqués pour le retrait des calculs et l'ablation de la cataracte.
Il est est sélectionné par l'hôpital Saint-Georges puis devient premier chirurgien de la reine Caroline, avant d'être nommé chirurgien-major de l'hôpital royal de Chelsea à partir de 1739.
Il est membre associé étranger à l'Académie royale de chirurgie de Paris (1732).
Chirurgien anglais le plus réputé de son temps, il se distingue comme anatomiste, opérateur adroit et excellent maître, avec des disciples remarquables comme Samuel Sharp (en) ou Percivall Pott. En France, ses travaux furent notamment étudiés par Claude-Nicolas Le Cat.
Cheselden est représentatif de l'ascension sociale et du prestige des chirurgiens au siècle des Lumières. Il demandait 500 £ pour une lithotomie effectuée en quelques minutes, ce qui représentait le revenu annuel moyen d'un gentleman farmer.
On lui doit un traité estimé sur l'anatomie : The Anatomy of the Human Body, Londres, 1713.
En 1723, à Londres, il publie un traité sur la lithotomie : A Treatise on the Hight Operation for the Stone (Traité sur la taille de la pierre). Sa méthode est inspirée de celle de l'empiriste Jacques de Beaulieu, mais qu'il perfectionne par son savoir anatomique. Il opère ainsi avec une rapidité exceptionnelle (en deux minutes au lieu de vingt habituellement). Cette technique forge sa renommée auprès de ses contemporains.
Avec Cheselden, la lithotomie acquiert le statut définitif d'opération chirurgicale respectable. Cheselden est aussi l'exemple d'un processus plus général des Lumières, celui où les chirurgiens anatomistes s'approprient des techniques empiriques d'opérateurs itinérants en milieu populaire, pour les améliorer et les rendre moins aléatoires.
En 1733, à Londres, il publie une « ostéographie » : Osteographia, or the Anatomy of the Bones. Il s'agit d'un atlas anatomique qui se distingue par des illustrations de haute qualité. L'ouvrage est l'un des premiers à utiliser la gravure sur acier plutôt que la gravure sur cuivre.
Il est le premier à faire l'opération de la cataracte sur des aveugles-nés (atteints de cataracte congénitale). En 1728, il rendit la vue par ce procédé à un jeune homme de 14 ans, et donna, dans un mémoire inséré dans les Transactions philosophiques, les plus intéressants détails sur les progrès du nouveau sens que ce jeune homme venait d'acquérir.
Dans cette publication, Cheselden ne se réfère pas explicitement au problème fameux de William Molyneux et John Locke, exposé en 1688, mais ses observations sont les premières à paraître confirmer expérimentalement les conclusions théoriques de Molyneux et Locke. À partir de là, le problème de Molyneux continue d'être débattu par les philosophes, mais toujours en se référant à la publication du chirurgien anglais. L'histoire de l'aveugle-né opéré de la cataracte par Cheselden est bien un évènement réel, mais il finit par devenir une sorte de mythe fondateur de la philosophie des Lumières : l'Homme n'utilise pas ses sens de façon immédiate et innée, mais par l'expérience et l'éducation.