XPN, d'abord intitulé Arpège ou LRPPN (pour Logiciel de Rédaction de Procédures de la Police Nationale) puis LRP/NG (pour nouvelle génération) puis LRP/NG-4 (nouvelle génération, 4e version) puis Scribe, est un projet de logiciel de rédaction de procès-verbaux de la police française porté initialement par la société Capgemini.
Lancé en , son développement s'étend sur plus de 6 ans pour un coût estimé par la Cour des comptes à plus de 257,4 millions d’euros(comprenant les coûts de développement et le préjudice temporel). Il n'est à ce jour pas finalisé, et son lancement est prévu au plus tôt pour le troisième trimestre 2028.
Le projet est annoncé début 2016 avec un budget de 11,28 millions d’euros. Son pilotage est confié au service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure (placé sous l’égide de la police et de la gendarmerie. Dans les faits, il se trouve à la main de la seconde, historiquement mieux dotée en scientifiques). Une commissaire de Police est nommée cheffe de projet. Le projet doit contribuer à la mise en œuvre de la procédure pénale numérique (PPN), procédure intégralement dématérialisée tout au long de la chaîne pénale, en remplaçant les logiciels de rédaction des procédures de la police (LRPPN ou LRP3) et de la gendarmerie (LRPGN).
Mais cette double gouvernance ne fonctionne pas, la gendarmerie étant satisfaite de son outil interne. En , la gendarmerie claque la porte du projet (sur fond de « rivalités interpersonnelles » et de « tensions ») désormais piloté par la Direction générale de la police nationale (DGPN).
En le projet est rebaptisé Scribe.
Le , un nouveau commissaire de Police est nommé en remplacement de celle en fonction. En 2020, la société Capgemini est considérée comme défaillante et confesse des « défauts de supervision » des choix technologiques « discutables », des « études insuffisamment argumentées et/ou travaillées », mais son contrat n'est pas rompu. En 2021, un autre commissaire de Police est nommé à la tête du projet. Il quitte le projet cinq mois plus tard. Il est remplacé par un ingénieur venu de Dassault Systèmes.
En le projet est gelé suite à un audit interne de Capgemini. Un deuxième audit est mené par Sopra Steria de juillet à sur demande de la DGPN. À cette date l'avancement de la documentation du projet était estimée à 36 % s'agissant du cadrage initial, 33 % concernant l'expression des besoins et 46 % pour les spécifications fonctionnelles générales.
En , une partie du projet aboutit : la plateforme de plainte en ligne Thesee, ouverte au public le . Ce projet a bénéficié d’une maîtrise d’ouvrage distincte de celle du logiciel d’enregistrement des plaintes, ce qui ne l’a pas empêché d’accuser un certain retard avant sa mise en œuvre.
En le programme Scribe est abandonné.
En une mission confiée à la DINUM conduit le ministère de l’Intérieur à relancer le développement d’un logiciel de rédaction des procédures spécifiques à la police, mais en gardant à l’esprit une possible convergence avec le logiciel déployé par la gendarmerie.
En la Cour des Comptes publie un audit flash sur le programme ; à ses yeux ce dernier « a pâti d’un pilotage éclaté, qui a engendré une dilution des responsabilités entre les parties prenantes ».
En , le rapport de la Cour des comptes estime que la responsabilité de six personnes peut être retenue, exclusivement pour le grief de « défaut de surveillance » du projet : les deux directeurs généraux de la police nationale qui se sont succédé entre 2014 et 2020, un conseilleur « technologies » de la police, un général de gendarmerie ex-chef du ST (SI)2 et deux secrétaires généraux du ministère de l’intérieur, en poste de 2015 à 2020.