| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
ⵢⴷⵉⵔ ⴰⵎⴰⵣⵉⵜ |
| Nom de naissance |
Ydir Amazit |
| Autres noms |
Idir Amazit |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activité | |
| Période d'activité |
1942-2012 |
| Appartenance ethno-culturelle |
| A travaillé pour |
Le Libertaire Le Jeune Algérien |
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• Le Drame de l’Afrique du Nord: Ce qu'il faut dire (1955) |
Ydir Amazit, — parfois orthographié Idir, Iddir ou Azamit, (en kabyle: Ydir Amazit, en tifinagh: ⵃⴰⵎⵉⴷ ⴰⵎⴰⵣⵉⵜ), — né le dans la commune de Ifigha (Wilaya de Tizi Ouzou, Algérie) et mort le à Paris, est un professeur d'université franco-algérien, linguiste, marin, résistant antifasciste engagé dans la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, journaliste, militant anticolonialiste et indépendantiste libertaire.
Idir Amazit, naît le à Ifigha, commune située à 38 km à l'est de Tizi Ouzou, en Kabylie (Wilaya de Tizi Ouzou, Algérie). Ses parents sont Mohand Amazit et Djouhra Yaïche. Il est issu d’un contexte colonial marqué par les inégalités.
En , à seulement 17 ans, Amazit rejoint la France libre en Angleterre. Il s’engage dans les Forces navales françaises libres (FNFL) et combat comme matelot dans la Marine nationale contre le nazisme.
Son engagement militaire lui vaut plusieurs décorations : la Croix du combattant volontaire, la Légion d'honneur et l’Ordre national du Mérite. Cette expérience de guerre marque profondément sa vision politique et l’oriente vers un engagement antifasciste durable.
Après la Seconde Guerre mondiale, Ydir Amazit s’installe en France. Il s’engage dans le combat politique en devenant secrétaire de la Fédération de France de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA), parti fondé en 1946 par Ferhat Abbas.
L’UDMA défend alors l’idée d’une émancipation progressive de l’Algérie sans rupture immédiate avec la France, misant sur une évolution démocratique et égalitaire au sein de la République française.
À partir de 1951, Amazit se rapproche des milieux anarchistes et libertaires en métropole. Il devient membre ou, du moins, proche du Mouvement libertaire nord-africain (MLNA), organisation regroupant des militants maghrébins libertaires. Le MLNA prônait une ligne de « soutien critique » à l’indépendance algérienne, c’est-à-dire un appui sans condition au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tout en restant méfiant vis-à-vis des dérives autoritaires des nationalismes.
Entre 1951 et 1953, il publie une vingtaine d’articles dans Le Libertaire, journal de la Fédération anarchiste. Dans ses textes, il dénonce les conditions d’exploitation et de discrimination imposées aux travailleurs nord-africains en France. Il collabore également au Jeune Algérien, où il approfondit son analyse des luttes sociales et coloniales.
Certains témoignages affirment son appartenance formelle au MLNA, mais des chercheurs nuancent : il est incontestablement un sympathisant anarchiste actif, mais son statut exact reste difficile à établir.
En , Amazit publie une brochure importante : Le drame de l’Afrique du Nord, éditée par les Cahiers de Contre-courant. Ce texte est un véritable pamphlet politique, exposant la situation dramatique des peuples colonisés et appelant à leur émancipation.
Une édition clandestine de cette brochure paraît en 1960 en Algérie, sous le titre Point de vue nord-africain, preuve de l’impact de son œuvre militante.
Ydir Amazit fait également partie de la Fédération communiste libertaire (FCL), organisation anarchiste qui, dès les années 1950, adopte une position claire en faveur de l’indépendance de l’Algérie. À travers ses articles et ses prises de position, il milite contre le colonialisme, tout en défendant une vision libertaire et anti-autoritaire des luttes de libération.
Le , l’Algérie proclame officiellement son indépendance après une longue guerre de libération, Pour Amazit, ce moment représente l’aboutissement d’un combat auquel il avait contribué par ses écrits, ses engagements militants et son action de sensibilisation en métropole. Toutefois, fidèle à la ligne du MLNA et de la FCL, il garde une attitude critique envers les orientations autoritaires du nouveau pouvoir algérien.
Au-delà de la cause algérienne, Ydir Amazit reste actif dans des engagements solidaires. En 1980, il participe à une souscription économique pour la création d’une école maternelle sahraouie, marquant son soutien à la cause du peuple sahraoui.
Linguiste de formation, il exerce le métier de professeur de langues pour gagner sa vie. Sa carrière académique et pédagogique témoigne d’une autre facette de son engagement : la transmission des savoirs.
Sur le plan personnel, il épouse Baya M’Silta, mais le couple finit par divorcer.
Idir Amazit meurt le à l'Hôpital Henry-Dunant, dans le XVIe arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Sur la stèle de sa tombe, il est inscrit : « Loin de toi, mille regrets, Chère et éternelle Numidie, C’est ici que j’ai passé Le meilleur de ma vie ».