| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Zofia Górska |
| Pseudonyme |
Claudia |
| Nationalités | |
| Activités | |
| Conjoint |
Kazimierz Romanowicz (d) |
| Enfant |
| Membre de |
Association des écrivains polonais (en) |
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| Lieu de détention | |
| Distinction |
Zofia Romanowicz (nom de naissance Zofia Górska), née le , morte le , romancière, essayiste, poète, et traductrice polonaise établie en France après 1945, est une personnalité parmi les romanciers polonais émigrés de la seconde moitié du XXe siècle, ayant aussi tenu une librairie à Paris, lieu de la dissidence polonaise pendant les années où la Pologne est intégrée au bloc de l'Est.
Née à Radom en Pologne en 1922, Zofia Górska avait 16 ans lorsque la Seconde guerre mondiale éclate le . Depuis Radom, elle s’engage dans une organisation de résistance. Arrêtée avec son père par la Gestapo en , elle fut condamnée à mort et détenue dans différents camps, notamment au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück au nord de Berlin (Allemagne), puis à Neu-Rohlau près de Carlsbad (en Tchécoslovaquie).
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle choisit l'exil et s’installe à Paris (en France). Elle prépare un temps une thèse inaboutie, à propos de l'influence des troubadours sur les félibres, à l'Institut d'études provençales de la Sorbonne. En 1948, elle fait la connaissance de Kazimierz Romanowicz (1916-2010), qui avait travaillé comme spécialiste du département français de la librairie polonaise Gebethner & Wolff et avait été officier du 2e corps polonais. Après leur mariage en , ils dirigent la librairie et maison d’édition Libella rue Saint-Louis-en-l’Île à Paris. Ensemble, Zofia et Kazimierz Romanowicz fondent aussi la galerie Lambert en 1959 dans un local jouxtant la librairie. Ces deux sites sont parmi les principaux centres culturels polonais en émigration pendant la guerre froide. Après la fermeture de la galerie Lambert et de la librairie Libella en 1993, Zofia Romanowicz se consacre à ses activités littéraires en France et en Pologne. Elle décède à la Maison de retraite du Fonds humanitaire polonais à Lailly-en-Val (France) en 2010 à l’âge de 87 ans.
Zofia Górska écrit ses premiers poèmes pendant ses années de lycée à Radom, et elle en écrit un grand nombre pendant ses incarcérations entre 1941 et 1944, recopiés par ses co-détenues de Ravensbrück dans de tout petits carnets. Elle publie son premier récit, Tomuś et plusieurs poèmes de Ravensbrück dans les publications du 2e corps polonais à Rome.
Après 1948, elle signe ses œuvres de son nom d’épouse, Zofia Romanowicz. Elle publie d’abord plusieurs traductions en polonais ainsi que des récits sur ses expériences pendant la guerre. La totalité de ses poèmes de guerre est publiée en 1961 dans un ouvrage collectif, Ravensbrück. Wiersze obozowe [Ravensbrück. Poèmes du camp].Par ses études à la Sorbonne, elle devient spécialiste de la poésie des troubadours, et produit en 1963 une anthologie de poésie des troubadours provençaux dans sa traduction en polonais, Brewiarz miłości [Bréviaire d’amour], qui est publié en Pologne puis réédité en 2000.
En 1955, elle écrit des essais et des récits qui sont publiés dans les revues Wiadomości Literackie (Londres) et Kultura (Paris). Son premier roman, Baśka i Barbara, lui est inspiré par sa fille et sa vie en exil. Il traite de l’éducation bilingue et biculturelle d’un enfant en émigration. Il est publié par Libella en 1956, puis réédité deux fois en Pologne en 1958. D'autres romans suivent, notamment en 1960 Przejście przez Morze Czerwone [Le Passage de la mer Rouge],. Mais aussi en 1968, Łagodne oko błękitu [Le Chandail bleu].
En 1964, la maison d’édition de Varsovie, Państwowy Instytut Wydawniczy (PIW), annule la publication de son roman Szklana kula [La Boule de verre] à la demande du régime communiste. Libella publie ce roman en 1964 et PIW le republie en 2021 à l’occasion du 70e anniversaire de cette maison d’édition. D'autres œuvres ne sont ainsi diffusées réellement en Pologne qu'après la chute du mur de Berlin. Les romans des années 1960 sont traduits par contre en anglais, français, allemand, roumain, macédonien, et hébreu et lui valent le prix Kościelski en 1964.
En 1965, Zofia Romanowicz regroupe 17 récits dans le volume Próby i zamiary [Essais et tentatives] et commence à publier ses romans auprès de la Fondation Littéraire Polonaise de Londres et de l’Institut littéraire de Maisons-Laffitte, Kultura, ce qu’elle continue à faire jusqu’en 1984. Après une interruption de publication en Pologne de 26 ans, son roman Łagodne oko błękitu [Le Chandail bleu], probablement sa contribution la plus importante à la littérature des camps, est réédité par la maison d’édition catholique PAX en 1987 à Varsovie et elle reçoit cette année-là le prix de la Fondation littéraire de Varsovie pour la contribution littéraire la plus importante de l’année. Après la réunification des communautés littéraires et culturelles polonaises et émigrées qui est rendue possible par la fin de la guerre froide, elle publie ses deux derniers romans, Ruchome schody [L’Escalier roulant] et Trybulacje proboszcza P. [Les Tribulations du curé P.] en Pologne. Elle collabore avec Tygodnik Solidarności à partir de 1991 et avec Odra à partir de 1999, et ses articles et essais sont également publiés dans Tygodnik Powszechny et Nowa Kultura.
Bien qu’elle soit interdite de séjour et de publication en Pologne pendant la guerre froide, elle y maintient des contacts littéraires, et ses publications tant à l’émigration qu’en Pologne reflètent les fluctuations politiques et culturelles de la guerre froide. Elle écrit en polonais mais aime aussi produire la première version française de ses œuvres. En 1976, elle devient membre du jury du prix littéraire annuel décerné par la revue Wiadomości Literackie de Londres. Elle est membre de l’Union des Écrivains Polonais en Exil de 1946 à 1989, et membre de l’Union des écrivains polonais de 1989 à 2010.
Les papiers de Zofia Romanowicz sont déposés dans les Archives de l’Émigration, à la bibliothèque de l’université de Toruń.