La consonne affriquée alvéolaire sourde est un son consonantique très fréquent dans de nombreuses langues parlées. Le symbole dans l'alphabet phonétique international est [t͡s] (anciennement [ʦ], ligature représentant un t et un s liés en un seul caractère).
Selon les langues, il peut être simple [t͡s], aspiré[t͡sʰ], éjectif[t͡sʼ], etc.
Caractéristiques
Voici les caractéristiques de la consonne affriquée alvéolaire sourde:
Son mode d'articulation est affriquée, ce qui signifie qu’elle est produite en empêchant d'abord l'air de passer, puis le relâchant à travers une voie étroite, causant de la turbulence.
Son point d'articulation est alvéolaire, ce qui signifie qu'elle est articulée avec soit la pointe (apical) soit la lame (laminal) de la langue contre la crête alvéolaire.
Sa phonation est sourde, ce qui signifie qu'elle est produite sans la vibration des cordes vocales.
C'est une consonne orale, ce qui signifie que l'air ne s’échappe que par la bouche.
C'est une consonne centrale, ce qui signifie qu’elle est produite en laissant l'air passer au-dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés.
Son mécanisme de courant d'air est égressif pulmonaire, ce qui signifie qu'elle est articulée en poussant l'air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche.
Symboles de l'API
Son symbole complet dans l'alphabet phonétique international est t͡s, représentant un T minuscule dans l'alphabet latin, suivi d'un S minuscule, reliés par un tirant. Le tirant est souvent omis quand cela ne crée pas d'ambiguïté. Une alternative est de mettre le S en exposant, pour indiquer le relâchement fricatif de l'affriquée. Enfin, l'API comportait anciennement une ligature spéciale pour cette affriquée, mais elle n'est plus officielle; elle reste cependant disponible comme caractère Unicode.
t͡s
ts
tˢ
ʦ
ƾ
Symbole complet.
Forme simplifiée sans tirant.
Forme avec exposant.
Ancienne ligature (utilisable comme variante de 1921 à 1989).
Ancien symbole (utilisable comme variante de 1947 et 1976).
La forme longue ou géminée peut être représentée avec différentes transcritions: [t͡sː], [tː͡s], [tt͡s], [t͡st͡s].
En français
L'ancien français possédait le son [t͡s], généralement noté c, et devenu un simple [s] à l'extrême fin du XIIesiècle. Le français standard possède le [t͡s] dans certains mots d'origine étrangère, comme tsar, plus ou moins distinct du groupe [t] (implosif) + [s] (explosif) entendu dans ôte-ça!.
L'allemand possède ce son, écrit z, comme dans zehn «dix», ou tz comme dans schnitzel «escalope». Dans les mots d'emprunt ou les noms propres, la lettre c prend aussi ce son devant les voyelles ä, e, i, ö, ü, y, comme dans Cäsar (César), Cecilie (Cécile), etc.
Le Cachemiri possède ce son, écrit ژ (comme dans ژاس [t͡saːs], signifiant «toux»).
Le mandarin possède ce son: aspiré, noté c dans l'écriture pinyin (ainsi, cù «vinaigre», [t͡sʰù]; en caractères traditionnels 醋); simple, noté z (ainsi, zǒu «aller, marcher», [t͡sǒu̯]; en caractères traditionnels 走).
Le hongrois possède ce son, noté c, comme dans cérna («fil»).
L'italien possède le [t͡s], écrit z ou zz (zz ne peut se présenter qu'entre deux voyelles), comme le phonème [d͡z]. On a [t͡s], par exemple, dans les mots zoccolo, pezzo, grazia, canzone et marzo.
↑(en) Emily Efner, «Contrastive Syllabification in Blackfoot», dans Donald Baumer, David Montero, Michael Scanlon, Proceedings of the 25th West Coast Conference on Formal Linguistics, Somerville, MA, Cascadilla Proceedings Project, (lire en ligne)
↑Luciano Canepari, Il MaPI: manuale di pronuncia italiana, con due audiocassette, Zanichelli, (ISBN978-88-08-24624-0)
Les parties grisées indiquent une articulation jugée impossible. Les cases blanches vides indiquent des articulations théoriques possibles mais non encore attestées. Les cases marquées d’un astérisque (*) indiquent des sons attestés non encore représentés officiellement dans l’API.
Lorsque deux symboles apparaissent dans une case, celui de gauche représente une consonne sourde, celui de droite une consonne voisée (ne s’applique pas aux clics, présentés au centre des cases en bas du tableau).
Les cases séparées par des pointillés emploient normalement les mêmes symboles API de base, et ne diffèrent éventuellement que par les diacritiques appliqués pour déplacer leur articulation, par exemple la nasale n represente une dentale ou une alvéolaire.
Les affriquéest͡s, d͡z, t͡ʃ, d͡ʒ, t͡ɕ, d͡ʑ sont parfois notées à l’aide des ligaturesʦ, ʣ, ʧ, ʤ, ʨ, ʥ ne faisant plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par les deux articulations, liées avec une ligature tirant – suscrite ou souscrite).
Les occlusivesinjectivessourdes, sont parfois notées à l’aide des symboles ƥ, ƭ, ƈ, ƙ, ʠ (formés sur la base de la consonne pulmonique correspondante avec une crosse ajoutée), qui ne font plus partie de l’API (il est recommandé de les remplacer par le symbole de la consonne voisée avec l'anneau diacritique de dévoisement).