La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Eure, l'Iton, un bras de l'Iton, le cours d'eau 01 du Ravin de Becdal, l'Eure, l'Iton, le ruisseau des Courtieux et divers autres petits cours d'eau.
L'Eure, un canal, chenal et cours d'eau naturel non navigable d'une longueur de 229 km, prend sa source dans la commune de Longny les Villages et se jette dans la Seine à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, après avoir traversé 91 communes.Les caractéristiques hydrologiques de l'Eure sont données par la station hydrologique située sur la commune de Louviers. Le débit moyen mensuel est de 24,6 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 135 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 137 m3/s, atteint le même jour.
L'Iton, d'une longueur de 132 km, prend sa source dans la commune de Mahéru et se jette dans l'Eure sur la commune, après avoir traversé 39 communes.
Réseau hydrographique d'Acquigny.
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique: le lac de l'Onglais (18ha),.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols,etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an); forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80% en hiver), vents forts fréquents. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1°C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,4°C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 707 mm, avec 11,1 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Louviers à 5 km à vol d'oiseau, est de 11,8°C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 719,5 mm,.
La température maximale relevée sur cette station est de 41,2°C, atteinte le ; la température minimale est de −18,9°C, atteinte le .
Urbanisme
Typologie
Au , Acquigny est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022.
Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Louviers, dont elle est une commune de la couronne,. Cette aire, qui regroupe 44 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants,.
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de donnéeseuropéenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (61,3% en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (61,4%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante: forêts (61,3%), prairies (13,5%), terres arables (8,8%), zones agricoles hétérogènes (7,2%), zones urbanisées (6,6%), eaux continentales (2,6%). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
La commune est desservie par la ligne 215 Rouen-Évreux du réseau VTNI.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Accini curtis (844), Acciniacus (876), Acineia (942-996), Achineium (1030), Achineio (1135), Achinnum (1136), Achinnum (1136), Ahinneum (1151), Akigneium (1162), Acquigneium (1194), Aquinneium (1198), Aquiniacus (1199), Aquiniacum (1199), Akenny (1200), Aquineium (1245), Aquigneium (1271), Agueigne (1316), Aquegny (1364), Aquigny (1365), Aquiniacum (1557), Pagus de Aquigneïo (1606), Aquigni (1649), Acquigni (1702).
Le nom de la commune est donc attesté pour la première fois en 844, sur une charte de CharlesII le Chauve, sous la forme Accini Curtis.
À noter que la formation suffixale NP + -(i)acus pour désigner «le domaine de ...» est fréquente dans la France du Nord et a donné les actuelles terminaisons -y, -é, -ay, ou encore -ey.
Des fouilles ont révélé une occupation humaine datée du Mésolithique sur le site de «l'Onglais». On a notamment pu effectuer un remontage de lames sur un nucléus en silex. Le site d'Acquigny (vers 10 000 ans) coïncide avec la fin de la dernière glaciation, au début de l'Holocène, période interglaciaire qui perdure encore aujourd'hui.
Moyen Âge
Buste de saint Vénérand.
Les moines de l'abbaye de Conches y possédaient le prieuré de saint Mauxe et de saint Vénérand, et avaient le patronage de l'église qu'ils échangèrent au XVIIIesiècle avec les seigneurs du lieu.
Cette commune était le chef-lieu d'une ancienne baronnie longtemps divisée en plusieurs parties et possédée par d'illustres familles.
Si l'on s'en rapporte à la légende, Acquigny serait devenue célèbre par le martyre de saint Mauxe et de saint Vénérand (entre le IIIeet leVesiècle): une chapelle dans le cimetière en perpétue le souvenir.
Buste de saint Mauxe.
Vers l'an 1035, Roger de Tosny, seigneur de Conches ayant fondé l'abbaye de Conches, donna à cette dernière l'église d'Acquigny avec la dîme du blé, du vin, du poisson pêché dans l'Eure et des moulins.
Le nombre d'habitants au recensement de 2023 étant compris entre 1 500 et 2 499, le nombre de sièges de conseillers municipaux à pourvoir lors de l'élection de 2026 est de 19 et 1 au conseil communautaire.
Une seule liste, menée par Patrick Collet, maire sortant, est déposée lors du premier tour qui a lieu le . Les 19 conseillers municipaux sont ainsi élus dès le premier tour. Parallèlement un conseiller communautaire est élu pour siéger à l'intercommunalité. Le taux de participation est de 45,53%,. Patrick Collet est réélu maire le ,.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006.
En 2023, la commune comptait 1 733 habitants, en évolution de +9,27% par rapport à 2017 (Eure: +0,14%, France hors Mayotte: +2,36%).
Le domaine d'Acquigny (XVIe, XVIIe, XVIIIeetXIXesiècles) Inscrit MH(1926) Classé MH(1946) Inscrit MH(1951) Inscrit MH(1993). Le château et son domaine se situent au cœur de la vallée, entre l'Eure et l'Iton. Dès le haut Moyen Âge, le site fut fortifié pour contrôler la navigation sur l’Eure. Enjeu des guerres franco-normandes puis franco-anglaises pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse fut prise par les armées de CharlesV en 1364 puis rasée en 1378. Le château actuel fut construit à partir de 1557 par Anne de Laval, veuve de Louis de Silly. Le château et le parc ont fait l'objet d'un agrandissement et d'une transformation au XVIIesiècle, et également à partir de 1745 pour le Président d'Acquigny, président à mortier du Parlement de Rouen, par l'architecte Charles Thibault. Le domaine comporte des communs, au nord et à l'ouest d'une vaste cour, une église, prolongée au sud-ouest par une orangerie, un vaste parc parcouru par un réseau de canaux se recoupant entre eux et alimentant deux miroirs d'eau et un grand canal. À la fin de sa vie, le président d'Acquigny s'est fait construire un logement secondaire accolé au chevet de l'église, connu sous le nom de Petit Château. Le parc a été mis au goût du jour postérieurement à 1823 (création d'une rivière artificielle, construction de cascades, ponts de rochers, introduction d'essences nouvelles, etc.). L’alternance des pelouses, des bosquets d’arbustes à fleurs, de rhododendrons et des plans d’eau constitue un paysage harmonieux. Entre 1845 et 1860, les douves ont été supprimées et le cimetière a été déplacé à son emplacement actuel.
Le domaine d'Acquigny
Le château - façade sud.
L'ermitage du château et l'église Sainte-Cécile.
L'orangerie.
Une rivière artificielle du parc.
Un plan d'eau et des canaux.
Une vue du parc et du château.
Le potager.
La croisée à meneaux de l'ancienne prison.
Le château d'Amfreville (XVIIIeetXIXesiècles) Inscrit MH(1977) Inscrit MH(1994). Le château actuel, qui s'étend également sur la commune voisine d'Amfreville-sur-Iton, a été édifié vers 1775. À la fin du XIXesiècle, il fait l'objet d'une transformation par Georges-Paul Roussel, architecte à Louviers: hautes souches de cheminées, zincs de couverture, décoration intérieure, transformation des abords du château en parc à l'anglaise, construction de plusieurs bâtiments dans le parc, etc..
Un château fort du XIIesiècle au lieu-dit Cambremont.
Le manoir de Becdal (XVIeetXVIIesiècles) Inscrit MH(1978). Ce manoir a été construit pour Denis le Roux qui a acquis le fief en 1443. Il a été refait au XVIIesiècle pour Claude le Roux.
Le manoir des Planches.
Le manoir dit l'Ancienne Prison (XIVe, XVIeetXVIIIesiècles) au lieu-dit le Bout du Pont. Située à proximité du château, sur la rive droite de l'Eure, il est probable que cette bâtisse soit construite à l'emplacement de l'ancien manoir de Guillaume de Poissy, au XIIIesiècle. Il s'agit d'un ancien tribunal remontant au XIVesiècle où la baronnie d'Acquigny, qui avait droits de haute, moyenne et basse justice, y tenait audience. Comme ce tribunal possédait des cachots au rez-de-chaussée (qui est aujourd'hui un sous-sol à demi enterré), on lui a donné par la suite le nom de «prison», et encore aujourd'hui d'«ancienne prison», les cachots étant toujours existants ainsi qu'un départ de souterrain. Au premier étage se situait la salle d'audience. Jusqu'en 1945, un tableau se trouvait dans cette salle représentant un christ entouré de la Vierge et de saint Jean, tableau cité par l'abbé Lebeurier en 1892. Sur le mur ouest se trouve une fenêtre à meneaux dont la partie intérieure est flanquée de coussièges.
Un manoir du XVIIIesiècle au lieu-dit Les Planches.
Un manoir des XVIIeetXXesiècles au lieu-dit le Hamet.
Patrimoine religieux
L'église Sainte-Cécile (XVIeetXVIIIesiècles) Classé MH(1975) Classé MH(2001). La physionomie de l'église Sainte-Cécile, telle qu'elle se présente aujourd'hui, est marquée par le XVIIIesiècle. Elle a été construite vers 1545 pour le chœur, et entre 1552 et 1572 pour la nef, époque qui fut aussi celle de l’édification du château tout proche. Ses caractéristiques actuelles sont dues à Pierre Robert Le Roux d'Esneval, représentant d'une illustre famille de robins rouennais, président à mortier au parlement de Normandie et connu sous le nom de «Président d’Acquigny».
Vue de l'église.
Église vue de la rue Aristide-Briand.
Le chœur de l'église.
La chapelle du cimetière.
L'autel du Clos Saint-Mauxe dans son état vers 1965–1970.
Le prieuré de bénédictins Saint-Mauxe, Saint-Vénérand (XIVe, XVeetXVIIIesiècles) Inscrit MH(1954). Il est possible qu'un sanctuaire existât dès le Vesiècle sur le lieu des martyres de saint Mauxe et saint Vénérand. En 1035, Roger de Tosny donne à l'abbaye de Conches la chapelle et des biens pour fonder un prieuré. Le prieuré a été détruit pendant la guerre de Cent Ans, puis reconstruit à partir de 1450, avant d'être à nouveau ruiné. Un portail du XIVesiècle en est le témoin.
La chapelle du cimetière.
La chapelle du cimetière (XIIIe, XVIe, XVIIeetXVIIIesiècles) Inscrit MH(1954). Cette chapelle (reste du prieuré) dont l'origine remonte au XIIIesiècle, se situe dans le cimetière. Elle est modifiée aux XVIeetXVIIesiècles, puis reconstruite en 1752 par le Président d'Acquigny. Il subsiste une fenêtre dont le vitrail date du XVesiècle.
Le croix de Saint Mauxe et Saint Vénéran (XVIIe (?) et XIXe) au lieu-dit Clos-Saint-Mauxe. Depuis le début du Vesiècle, Acquigny est célèbre pour le culte de saint Mauxe et saint Vénérand. Selon la légende, Mauxe serait un évêque d’origine italienne qui après avoir souffert pour la foi dans son pays se serait sauvé dans les Gaules accompagné de Vénérand, son diacre et son frère par le sang. Poursuivis par Sabinus, le proconsul auquel ils avaient échappé en Italie, ils furent rejoints sur les bords de l’Eure à Acquigny. Là, Sabinus fit trancher la tête de saint Mauxe, de saint Vénérand et de 38 de ses propres soldats que venaient de convertir les paroles et les miracles du saint évêque. L’endroit même où eut lieu le martyre porte encore le nom de Clos Saint-Mauxe. Les chefs de saint Mauxe et saint Vénérand sont conservés dans une châsse reliquaire dans la salle des archives de la mairie.
Le pont des Planches (XVIIIeetXIXesiècles) Inscrit MH(1925). Ce pont est situé sur l'Iton, peu avant sa confluence avec l'Eure, au lieu-dit les Planches, sur l'ancienne route royale de Rouen à Orléans.
Une demeure du XIXesiècle au lieu-dit les Planches.
Deux maisons du XVIIIesiècle,.
Une ferme du XVIIIesiècle.
Patrimoine industriel
Une filature du XIXesiècle.
Le moulin du Hamel (XIXesiècle) (lieu-dit). Il est fait mention du moulin à farine en 1584. Sa conversion en moulin à foulon est antérieure à 1735. Les bâtiments sont reconstruits au milieu du XIXesiècle.
d’azur au lion d’argent lampassé de gueules et accompagné de trois soleils non figurés d’or, au chevronnel abaissé aussi d’argent brochant, à la filière cousue aussi de gueules.
Abbé Pierre-François Lebeurier, Notice historique sur la commune d'Acquigny avant 1790, 1862. Lire en ligne.
Olivier Chaline, «Des sources en dur et en doré: les églises du président d'Acquigny», Histoire, économie & société, 31, 2012, p.105-119. Lire en ligne.
↑Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 617 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/04/1971 au 01/06/2024.
↑Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
↑Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
↑Pour déterminer le nombre de conseillers municipaux à élire, la dernière population municipale authentifiée entrée en vigueur avant le scrutin est retenue, à savoir la population millésimée 2023 pour les élections de 2026.
↑La liste officielle des maires du département de l'Eure en fonctions au 9 mai 2026, issue du répertoire national des élus (RNE), peut être consultée sur Wikimedia Commons.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1erjanvier2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2025, date de référence statistique: 1erjanvier2023.
12Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Vincent Dubreuil, «Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen», La Météorologie, no116, (DOI10.37053/lameteorologie-2022-0012).
↑(en) Comité des travaux historiques et scientifiques; Archives nationales; École nationale des chartes, «Acquigny», sur dicotopo.cths.fr.
↑Arthur Giry, Maurice Prou, Georges Tessier, Recueil des actes de CharlesII le Chauve, roi de France, n°407, T.II, p.409
↑Jean Adigard des Gautries, «Les noms de lieux de l’Eure attestés entre 911 et 1066», (lire en ligne), p.39-59.
↑André Davy, Les barons du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Eurocibles, coll.«Inédits et introuvables du patrimoine Normand», , 319p. (ISBN978-2-91454-196-1), p.7.
↑Thierry Georges Leprévost, «Dans les pas de Néandertal, Les premiers hommes en Normandie», Patrimoine normand, no94, juillet-août-septembre 2015, p.76 (ISSN1271-6006).
123Annuaire administratif, statistique et historique du département de l'Eure pour l'année 1862, Canu, Imprimeur de la préfecture, Évreux, 1862.
↑Aux origines d'une classe dirigeante: les Tosny, grands barons normands du XeauXIIesiècle, Lucien Musset, Sonderdruck aus Francia Forschungen zur westeuropäischen Geschichte, Munich, 1978.