Adalard de Corbie

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Adalard de Corbie
Illustration.
Adalard de Corbie
Fonctions
missus dominicus
–
(1 an)
régent d' Italie pendant la minorité de Pépin d'Italie
–
(15 ans)
conseiller de Pépin d'Italie
–
(14 ans)
tuteur de Bernard d'Italie
–
(3 ans)
Biographie
Dynastie Carolingiens
Date de naissance vers 752
Lieu de naissance Huysse ?
Date de décès
Lieu de décès Corbie
Sépulture Abbatiale Saint-Pierre de Corbie
Père Bernard (fils de Charles Martel)
Mère ?
Religion Christianisme

Adalard de Corbie
Image illustrative de l’article Adalard de Corbie
Statue d'Adalard dans
l'abbatiale Saint-Pierre de Corbie.
Abbé de Corbie
Date de naissance v. 752
Lieu de naissance Huysse ?
Date de décès
Lieu de décès Corbie
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Canonisation 1026
par Jean XIX
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 2 janvier
Saint patron jardiniers, protège des maladies fébriles et du typhus

Adalard, ou Adalhard, ou encore Adélard de Corbie, (Adal(h)ardus, abbas Corbeiensis), serait né vers 752 à Huysse (à l'époque Uscia) près d'Audenarde en Flandre, et mort le à Corbie près d'Amiens en Picardie, fut moine puis abbé de l'abbaye de Corbie et de l'abbaye de Corvey, près Höxter, en Westphalie qu'il avait contribué à fonder. Cousin germain de Charlemagne, petit-fils de Charles Martel, ce fut l'un des grands abbés de la période carolingienne. D'abord attaché à la personne de Carloman, frère cadet de Charlemagne, il passa ensuite au service de Charlemagne qui le nomma tuteur puis conseiller de Pépin son fils aîné, roi d'Italie. Disgracié et exilé par l'empereur Louis le Pieux, en 814, il retrouva, par la suite, les faveurs du prince et repris la tête des monastères de Corbie et de Corvey jusqu'à sa mort. Il a été reconnu saint par l'Eglise catholique au XIe siècle.

Biographie

Son nom est retranscrit en français sous d'autres formes qu’« Adalard » : Adhalard , Adalhard, Adélard, Adhélard, voire Alard. Une grande partie de nos connaissances sur la vie d'Adalhard provient de son illustre contemporain Paschase Radbert, auteur d'une longue Vita sancti Adalhardi (BHL 58) qui est parvenue jusqu'à nous.

Origines familiales et formation

Sa naissance à Huysse, en Flandre, n'est pas certaine, c'est l'historien Jacques (ou Jacob, Jacobus) De Meyer (dit Meyerus, 1491-1552) qui a émis cette hypothèse pour la première fois au XVIe siècle. Cette origine est également donnée par Molanus qui précise que cette villa d' Uscia (Huysse) qu'on peut aussi traduire par village a été offerte à l'abbaye de Corbie qui y posséda effectivement un important domaine. Ce don a été fait selon Jacques De Meyer non pas par Adalard lui-même mais par le comte Conrad. Selon le chanoine Peltier, la naissance d'Adalard en Flandre, berceau des Pépinides, est vraisemblable.

Il est le fils du comte Bernard, lui-même fils de Charles Martel ; sa mère est la première épouse de Bernard, une Franque dont l'histoire n'a pas retenu le nom. Adalard a pour demi-frère Wala, fils de Bernard et de la seconde épouse de celui-ci, une Saxonne restée pour nous anonyme.

Son père Bernard, comte de Saint-Quentin, possédait dans le Brabant et le pays de Liège un immense domaine dont il hérita. Il en fit don à l'abbaye Saint-Pierre de Corbie.

En tant que cousin de Charlemagne son aîné de dix ans, il suivit la même formation. Il parlait couramment le tudesque, le latin et le roman. Il bénéficia de la protection de son cousin, roi des Francs puis empereur d'Occident, et devint l'un de ses proches conseillers.

Sous le règne de Charlemagne

Un homme d'Église

Il se fit ermite près de Bénévent, en Italie du Sud, puis devint moine à l'abbaye de Corbie sous l'abbatiat de Maurdramne (772-781), pendant lequel fut rédigée une Bible en sept écritures différentes dont la minuscule caroline. Il exerça la fonction de jardinier et l'Église fit de lui le saint patron de cette profession. À Corbie, il reçut de nombreuses visites de grands du royaume lui demandant d'intercéder en leur faveur auprès de Charlemagne. Lassé, il s'enfuit à l'abbaye du Mont-Cassin. Son refuge découvert, il dut revenir à Corbie dont il devint l'abbé après le retrait de Maurdramne, en 781. C'est à Corbie en 774, que, après sa défaite, le roi des Lombards Didier ainsi que la reine Anse et leur fille Ermengarde furent assignés à résidence, sans doute obligés d'entrer dans les ordres.

Un homme de lettres

Adalard distribuant de la nourriture aux pauvres, à la porte de l'abbaye de Corbie, gravure sur bois de Hans Burgkmair (1518).

Pendant son abbatiat, Adalard fit faire de grand progrès à l'école monastique de Corbie. Le scriptorium fut l'un des lieux où s'élabora l'écriture minuscule caroline qui s'imposa à tout l'Occident. La bibliothèque de l'abbaye s'enrichit de somptueux manuscrits enluminés qui sont aujourd'hui conservés, pour partie, dans les Bibliothèques d'Amiens Métropole, à la Bibliothèque nationale de France à Paris et à la Bibliothèque nationale de Russie (ex-Saltykov-Chtchédrin) de Saint-Pétersbourg. À cette époque, Adalard jeta les bases des statuts du palais d'Aix-la-Chapelle qui furent plus tard établis définitivement par Hincmar.

Adalard entretint une correspondance suivie avec de grands dignitaires carolingiens : Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours, Angilbert, abbé de Saint-Riquier, Paul Diacre, abbé du Mont-Cassin et Éginhard, proche conseiller de Charlemagne. Lorsqu'Alcuin se retira, Adalard devint l'un des tout premiers conseillers de Charlemagne.

Comte du palais, il figure dans le groupe de lettrés entourant Charlemagne et auquel les Modernes ont donné le nom discutable d'Académie palatine.

Un politique de premier plan

Membre important de la cour impériale de Charlemagne, il assuma quelques missions comme missus dominicus et prit part, aux côtés de son père Bernard de Flandre, aux expéditions contre les Lombards. Mais désapprouvant la répudiation de Désirée de Lombardie, épouse de Charlemagne, il quitta la cour en 772 et se fit moine à l'abbaye de Corbie sans pour autant se mettre totalement de l'action politique.

En 781, Charlemagne le nomma régent d'Italie au nom de son fils Pépin âgé de quatre ans. Jusqu'en 805, Adalard se partagea entre Corbie et Pavie. En 796, il devint conseiller de Pépin d'Italie. Après la mort de Pépin, Charlemagne le nomma, en 812, tuteur de Bernard d'Italie, fils du défunt roi.

Charlemagne mourut en 814, son fils Louis Ier le Pieux lui succéda à la tête de l'empire.

Sous le règne de Louis le Pieux

À son avènement, Louis le Pieux écarta les conseillers de son père. Adalard fut exilé au monastère de Noirmoutier, dirigé par l'abbé Arnoul, en 814,,.

Il ne rentra en grâce qu'en 821, à la mort de Benoît d'Aniane ; il retrouva alors son abbaye. Un an plus tard, avec son frère Wala, il participa à la fondation de la Nouvelle Corbie, l'abbaye de Corvey sur la Weser, en Saxe.

En 822, Adalard rédigea les statuts de l'abbaye de Corbie (Statuta antiqua abbatiae sancti Petri Corbeiensis), qui servirent de modèle pour d'autres abbayes. Il décéda en 826 à l'âge de 75 ans. Son frère Wala lui succéda comme abbé de Corbie.

Postérité

Les reliques

Reliques de saint Adalard, abbatiale Saint-Pierre de Corbie.

Adalhard fut canonisé en 1026.

A sa mort, le corps d'Adalard fut inhumé dans le chœur de l'église abbatiale. En 1036, l'abbé Richard, autorisé par l'évêque d'Amiens procéda l'exhumation de la dépouille, un acte d'authenticité fut gravé sur une lame de plomb toujours visible.

En 1263, eut lieu la translation du corps d'Adalard dans un reliquaire en argent en présence du roi de France Louis IX (saint Louis), de Baudoin, empereur déchu de Constantinople, de Charles d'Anjou, frère du roi, de Philippe, fils aîné du roi (futur Philippe III le Hardi) et de plusieurs abbés, évêques et nobles.

En 1710, eut lieu une nouvelle reconnaissance des reliques authentifiées sur un document en papier.

Le reliquaire en argent fut confisqué à la Révolution mais les ossements furent conservés par une famille de Corbie restée anonyme. Dans les années 1820, cette famille les remit au collège jésuite de Saint-Acheul à Amiens. L'expulsion des congrégations au tout début du XXe siècle, obligea les jésuites à trouver refuge en Belgique où ils emmenèrent les reliques d'Adalard.

Ce n'est qu'en 1951, que les ossements d'Adalard furent transférés dans l'abbatiale de Corbie où l'on peut toujours les voir.

Le Musée de Cluny, à Paris, conserve un pied-reliquaire de saint Adalard en cuivre embouti, gravé, ciselé et doré du XIVe siècle.

Hommage posthume

La ville de Corbie a donné le nom de Centre Adalhard à l'ancien marché couvert transformé en une salle de spectacles et d'expositions inaugurée en . Une ruelle du centre-ville de Corbie porte son nom.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Texte latin reproduit, d'après l'édition de Mabillon, dans la Patrologie Latine, tome 120 (1852), col. 1507-1556.
  2. ↑ Maurice Chaume avait proposé une sœur de Bertrade de Laon, se fondant sur le fait que Bernard est parfois qualifié de avunculus (oncle maternel) de Charlemagne. Mais ce terme commençait alors à avoir le sens d′ « oncle », aussi bien paternel que maternel (Settipani 1993, p. 355, note 1118).
  3. ↑ Il y a parmi les fidèles de Charles Martel un Adalard, comte de Chalon-sur-Saône, qui est peut-être un ancêtre maternel (Riché 1983, p. 55).

Références

  1. ↑ Meyerus, Annales, année 828 : « Floruit eo tempore eruditione, et sanctitate vitae Adelhardus abbas Corbeiensis Uscia oriundus iuxta Aldernardum. »
  2. ↑ Bulletin de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1885.
  3. ↑ Molanus, Chronique des Saints, chapitre XXII : « Clarebat etiam S. Adalardus abbas Corbeiensis oriundus apud Aldernardum ex Uscia, quae villa Corbiae donata est. »
  4. ↑ Iacobus Meyerus Baliolanus, Annales, p. 14/2 : « Ghonradus Comes assignauit monasterio Corbeiensi villam Usciam iuxta Aldenardam, unde tabulas in alio aedidimus libello. »
  5. ↑ Henri Peltier, Adalhard, abbé de Corbie, Amiens Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, tome LII, 1969, p. 26
  6. ↑ Settipani 1993, p. 211-2.
  7. ↑ Paschase Radbert, Vita sancti Adalhardi (BHL 58), 77, PL 120 (1852), col. 1546 C : Quem si vulgo audisses, dulcifluus emanabat ; si vero idem barbara, quam Teutiscam dicunt, lingua loqueretur, praeeminebat claritatis eloquio ; quod si Latine, iam ulterius prae aviditate dulcoris non erat spiritus.
  8. ↑ Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, L. Hachette (Paris), (lire en ligne), p. 15.
  9. 1 2 Settipani 1993, p. 355.
  10. ↑ Riché 1983, p. 150.
  11. ↑ Roger Caron, Corbie en Picardie, de la fondation de l'abbaye à l'instauration de la commune et l'adoption de la réforme de Cluny, Amiens, Éditions Corps Puce, , 239 p. (ISBN 2-907525-70-0).
  12. ↑ Settipani 1993, p. 307.
  13. ↑ Georges Bordonove, Charlemagne, empereur et roi, Pygmalion, , p. 307.
  14. ↑ Brève biographie d'Adalhard de Corbie sur le site de la BnF.
  15. ↑ Brève biographie d'Adalhard de Corbie sur le site saints.sqpn.com.
  16. ↑ André Verfaillie, curé-doyen de Corbie, L'Abbatiale Saint-Pierre de Corbie, Heilly, Printex, 1968
  17. ↑ « POPSI ! », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

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