Dungal

Dungal
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Activités

Dungal est le nom de plusieurs ecclésiastiques irlandais du haut Moyen Âge (évêques et moines), dont au moins un ou deux contemporains et collaborateurs des empereurs Charlemagne et Louis le Pieux.

Identification

Le nom de Dungal apparaît dans les contextes suivants, sans qu'on soit assuré qu'on ait affaire à une ou plusieurs personnes :

Il est donc établi qu'il y avait un Dungal, savant très réputé, consulté par Charlemagne, à l'abbaye de Saint-Denis, autour de 811 ; et qu'il y avait un magister Dungal à Pavie (peut-être dans le monastère de Saint-Augustin près de cette ville) en 825, qui était le principal maître institué par l'empereur pour l'Italie du Nord. Mais on ne peut pas savoir avec certitude si c'est la même personne, et sinon, lequel est l'auteur de la réfutation de Claude de Turin.

La Lettre sur l'astronomie

C'est le seul texte par lequel nous puissions juger de la science de Dungal de Saint-Denis. Il s'agit d'un exposé extrêmement précis fait à partir du texte de Macrobe, et témoignant d'une grande compréhension de l'astronomie antique. Il dit d'ailleurs qu'il n'a pas autour de lui tous les textes pour répondre complètement, et qu'il lui manque notamment un exemplaire de Pline l'Ancien. Bien qu'adoptant évidemment la représentation géocentrique des Anciens (cf. « Mundanæ autem sphæræ terra centrum est, ideo sola immobilis perseverat »), le moine fait un développement sur le fait que chaque « planète » (au sens de l'astronomie ancienne) peut se voir attribuer une « année » propre, au bout de laquelle elle se retrouve au même point : ainsi l'année lunaire dure un mois, celle de Mars deux ans, celle de Jupiter douze ans, celle de Saturne trente ans. À partir de la représentation géocentrique, il arrive donc à un discours parfois très exact. De même il fait des remarques sur la taille peut-être considérable de l'univers : si les étoiles lointaines sont entraînées par le mouvement du ciel, leur fixité les unes par rapport aux autres est peut-être seulement due à leur grande distance, qui fait que leur mouvement propre ne pourrait se percevoir qu'à une échelle de temps très supérieure à la durée de la vie humaine. De même il parle de l'annus mundanus (la « Grande Année » des Anciens, c'est-à-dire le cycle lié à la précession des équinoxes), dont il fixe la durée, suivant Macrobe, à quinze mille ans (en fait, le cycle de précession dure 25 920 ans environ). C'est en tout cas témoigner d'une conscience de la très longue durée des phénomènes astronomiques, sans aucune allusion d'ailleurs aux chronologies bibliques. De même il exprime sa foi dans le fait qu'on puisse prévoir exactement les éclipses de lune et de soleil, aussi bien des siècles ou des millénaires à l'avance, capacité qu'il prête à certains savants antiques.

La Défense du culte des images

C'est une démonstration par les textes que l'Église chrétienne a toujours admis les images et pratiqué le culte de la croix et des reliques. L'auteur cite les Pères de l'Église (notamment saint Ambroise, saint Augustin, saint Jérôme), et aussi d'anciens poètes chrétiens (particulièrement Paulin de Nole, mais aussi Prudence et Venance Fortunat).

Voir aussi

Bibliographie

  • Mirella Ferrari, « In Papia conveniant ad Dungalum », Italia Medioevale e Umanistica 15, 1972, p. 1-52.
  • Jean Vezin, « Observations sur l'origine des manuscrits légués par Dungal à Bobbio », in G. Silagi (dir.), Paläolographie 1981, Munich, 1982, p. 125-144.

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