Capitulaire

L’Admonitio generalis est un capitulaire proclamant l'évangélisation des provinces conquises par Charlemagne.

Le capitulaire est un document législatif de l'époque carolingienne. Il est divisé en petits chapitres nommés capitula, d'où le nom de capitulaire.

Histoire

Les capitulaires sont des actes législatifs émanés des rois francs. Sous les Mérovingiens, ces actes s'appellent decretio, ediclum, prœceplio ; le nom de capitulaire (capitulare) apparaît pour la première fois dans un décret de 779. Charlemagne a décrété en tout 79 capitulaires, dont une vingtaine de capitulaires fondamentaux (cf. infra chronologie). En 827, un premier recueil de capitulaires fut publié par Ansegise, abbé de Fontenelle. Ce recueil, incomplet, eut un grand succès ; il fut accepté comme recueil officiel par Louis le Pieux, fils de Charlemagne.

Classification

Ils peuvent être classés selon deux critères : au point de vue de leur autorité et du point de vue de leur objet :

Au point de vue de leur autorité

1° Les capitulaires qui modifient ou complètent les leges (lois d'origine romaine ; capitula legibus addenda ou pro lege tenenda) et font corps avec elles. Ils exigent le concours des assemblées populaires.

2° Les capitulaires qui ne se rattachent pas aux leges (per se scribenda), ayant une valeur propre et indépendante. Ils sont faits par le roi seul, sans le concours d'aucune assemblée publique. Ils ne durent que pendant le règne de celui qui les a édictés.

3° Les capitula missiorum sont des instructions adressées par le roi aux missi dominici pour leurs tournées d'inspection.

Michel Parisse précise que la distinction entre capitulaires qui se suffisent à eux-mêmes et capitulaires qui ajoutent quelque chose aux lois existantes n'est pas toujours pertinente car les textes sont souvent composites.

Au point de vue de leur objet

1° Les capitulaires ecclésiastiques contiennent des règles sur la religion et le clergé ; ils ne sont souvent que la reproduction fidèle des canons des conciles.

2° Les capitulaires laïcs édictent en grande partie des mesures administratives et de police ; le droit pénal et le droit privé sont peu abordés.

Par ailleurs, il existait des capitulaires à valeur territoriale générale et d'autres à valeur territoriale restreinte.

Ces lois reprenaient les décisions prises lors du Champ de mai, assemblée d'hommes libres aussi appelée plaid.

Chronologie des capitulaires

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Il existe plus d'une centaine de capitulaires ; ceux-ci forment une source importante sur les institutions de l'empire carolingien. Voici quelques-uns des plus importants :

Sous Pépin le Bref (751-768)

Sous Charlemagne (768-814)

Sous Louis le Pieux (814-840)

Sous Charles II le Chauve (843-877)

L'esclavage dans les capitulaires carolingiens

Transmission

Les capitulaires carolingiens ne nous sont que peu connus par des originaux ; en revanche on doit beaucoup aux collections du IXe siècle, en particulier la collection de Gerbald (v. 809) et le recueil d'Anségise (v.826). A contrario, il existe aussi des collections de faux capitulaires de la même époque, comme celle du diacre Benoît.

Notes et références

  1. ↑ René Foignet, Manuel élémentaire d'histoire du droit français, à l'usage des étudiants en droit de première année, Paris, Libr. Rousseau et Cie, (réimpr. 7e, revue, corrigée et augmentée). (consultable sur Gallica)
  2. ↑ Adolphe Tardif, « recension critique des Monumenta Germaniae historica. Capitularia regum Francorum, éd. Alfred Boretius », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 44,‎ , p. 94 (www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1883_num_44_1_447209)
  3. ↑ Joël Chandelier, L'Occident médiéval : D'Alaric à Léonard (400 - 1450), Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 700 p. (ISBN 978-2-7011-8329-9), chap. 3 (« L'imparfaite unification de l'Europe (700-888) »), p. 137.
  4. ↑ Michel Parisse, Capitulaire in Dictionnaire du Moyen Âge dir. Gauvart, de Libera, Zink, P.U.F., , 1546 p., p. 219
  5. ↑ Isambert Taillandier Decrusy, Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789 : contenant la notice des principaux monumens des Mérovingiens, des Carlovingiens et des Capétiens, et le texte des ordonnances, ...., : Belin-Leprieur (Paris), 1821-1833., 558 p. (lire en ligne)
  6. ↑ Frédéric Rouvillois, Le collectionneur d'impostures, Flammarion, , d'après Bernhard Simson, Die Entstehung der Pseudo-Isidorischen Fälschungen in Le Mans, Dunker et Humblot, Leipzig 1886

Annexes

Bibliographie

Par ordre chronologique de publication :

Liens externes