François Adolphe Mangeant est issu d'une famille originaire du Calvados, près de Honfleur, en Normandie.
Son père, Jean-François Mangeant (Équemauville, 1791 - Paris, 1852) est aubergiste à Dreux et marié à Marie Aimable Emma Bailly (Nonancourt, 1806 - Nogent-sur-Marne, 1877), demi-sœur de l'architecte Antoine Nicolas Bailly (Paris, 1810-1892).
Il épouse en 1855 Marie Antonia Joséphine Étex (Paris, 1835 - Versailles, 1908), fille ainée du sculpteur Antoine Étex (Paris, 1808 - Chaville, 1888) et nièce du peintre Louis-Jules Étex (Paris, 1810 - Paris, 1889). De leur union, est né leur fils unique, le peintre Paul-Émile Mangeant (Paris, 1858 - Versailles, 1938).
Adolphe Mangeant a vécu l'essentiel de sa vie à Paris, rue Carnot (aujourd'hui rue Bara, 6e ar.), mais il décède à Versailles où il a fait construire à la fin des années 1860 une maison, avenue de Paris.
Hôtel particulier 48, rue François Ier, Paris 8e, architecte A. Mangeant (1861)
En tant qu'architecte, A. Mangeant travaille à Paris au cours des années 1860 et 1870, mais ses réalisations identifiées restent peu nombreuses, d'autant qu'il décède à l'âge de 50 ans. Il faut notamment mentionner un hôtel particulier au 48, rue François Ier (8e arr., 1861) et un immeuble de rapport, 235, boulevard Saint-Germain (7e arr., v. 1870-1871). Par ailleurs, il participe à plusieurs concours d'architecture, comme celui de l'église du Sacré-Cœur à Montmartre (1874). Au Salon, il expose plusieurs projets d'architecture, en particulier, un "Arrangement de l'île de la Cité à Paris" (1859) et une "Restauration du salon de Henri II, au palais du Louvre" (1861). Sous sa direction, paraît entre 1863 et 1869 le Journal de menuiserie spécialement destiné aux architectes, aux menuisiers et aux entrepreneurs.
Son attirance pour l'Antiquité et l'Orient, en synergie avec l'orientalisme de son époque, est manifeste tout au long de sa carrière. Dès le Salon de 1857, il expose un Souvenir de l’exposition universelle, essai de composition sur l’art indien; à celui de 1876, il présente une Restitution de la maison de l’Éternel, premier temple de Jérusalem, d’après la Bible et les auteurs modernes qui lui vaut une longue analyse dans la Revue générale de l'architecture et des travaux publics; l'année suivante, Thèbes (Haute-Égypte), restitution des habitations privées, d'après les sculptures des Hypogées. Les lithographies d'A. Mangeant illustrent des ouvrages relatant des missions archéologiques au Proche-Orient, comme celle de Perrot et Guillaume en Asie Mineure, et surtout celle d'Ernest Renan au Liban.
À son décès, les notices nécrologiques dressent un bilan ambivalent. Elles considèrent qu'A. Mangeant est resté "dans l'ombre", qu'il lui "a manqué le succès". Pourtant, il fut "un des meilleurs élèves de M.. Nicolle" et sont unanimement soulignés son "originalité", sa "modernité" et un "esprit chercheur, très amoureux de la forme, très amoureux de la nouveauté",.
Notes et références
↑Sur l'acte de naissance, seul apparaît le prénom François. Mais c'est celui d'Adolphe qui est principalement utilisé au cours de son existence. Source: Dreux-1826 - 1829-3 E 134/034.
12«Mangeant, Adolphe», sur AGHORA - Plateforme de données de la recherche de l'Institut national d'histoire de l'art (consulté le )
↑César Daly, «Hôtel privé rue François Ier, à Paris, par M. A. Mangeant, architecte», Revue générale de l'architecture et des travaux publics, no30, , col. 6-8 et pl. 3 à 5 (lire en ligne)
↑«Croisée d'une maison boulevard Saint-Germain, à Paris, par M. A. Mangeant, architecte», Revue générale de l'architecture et des travaux publics, no30, , col. 50 et pl. 14 (lire en ligne)
↑Léopold Cernesson, «Concours pour la construction d'une église du Sacré-Cœur à Montmartre», Revue générale de l'architecture et des travaux publics, vol.31, , p.181 et 185 (lire en ligne)
↑Adolphe Mangeant, Journal de menuiserie spécialement destiné aux architectes, aux menuisiers et aux entrepreneurs, 9 v., Paris, Morel et Cie, 1863-1869 (lire en ligne)
↑Gustave Raulin, «L'exposition d'architecture à l'exposition universelle de 1878 (4e article)», Revue générale de l'architecture et des travaux publics, vol.37, , col. 25-28 (lire en ligne)
↑Edmond Guillaume, «Salon de 1877. - Architecture (1er article)», Revue générale de l'architecture et des travaux publics, vol.34, , col. 112-113 (lire en ligne)
↑Georges Perrot, Edmond Guillaume et Jules Delbet, Exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygie, de la Cappadoce et du Pont, exécutée en 1861 et publiée sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique, 2 v., Paris, Firmin-Didot, 1862-1872, 392 p. et 80 pl. (lire en ligne), v 2, planches et cartes, pl. 7.
↑Ernest Renan, Mission de Phénicie dirigée par M. Ernest Renan – Planches exécutées sous la direction de M. Thobois, architecte, Paris, Imprimerie impériale, , LXX pl. (lire en ligne), pl. VI, XVI, XXVI, XXVIII, XXIX, XLI et LIV.
↑«Nouvelles. Nécrologie», Gazette des architectes et du bâtiment, vol.série 2, v.9, , p.101 (lire en ligne).
Annexes
Bibliographie
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Edmond Delaire, 1793-1907 Les architectes élèves de l’École des Beaux-Arts, Paris, Librairie de la Construction Moderne, , 484p. (lire en ligne), p.337..
Anne Dugast et Isabelle Parizet, Dictionnaire par noms d'architectes des constructions élevées à Paris aux XIXe et XXe siècles: première série, période 1876-1899... . Tome III, Notices 2441 à 3654, Haasser à Mutzig, Paris, Service des travaux historiques, , 158p. (ISBN2-908872-07-2), p.79.
Louis Hautecoeur, Histoire de l’Architecture classique en France. Tome VII, La fin de l’architecture classique 1848-1900, Paris, Picard, , 575p., p.248.
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