| Ahmed II (ar) احمد ابن علي خوجه احمد الثاني | |
Sceau de Ahmed Ben Ali | |
| Fonctions | |
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| Dey d'Alger | |
| – (3 ans, 2 mois et 7 jours) |
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| Prédécesseur | Mustafa IV |
| Successeur | Ali III Ar Rasul |
| Ouakil al-kharadj | |
| Date inconnue – | |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Ahmed ben Ali |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Alger |
| Dey d'Alger | |
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Ahmed II, de son nom Ahmed ben Ali et également appelé Ahmed Khodja, mort le à Alger, est un dey d'Alger qui gouverne la régence d'Alger du à sa mort.
Ancien khodjet al-khil de la régence, destitué sous le règne de Mustapha Pacha à l'instigation du négociant Naphtali Busnach, il est proclamé dey par les janissaires deux mois après le meurtre de Busnach et l'émeute antijuive de juin 1805. Son règne est marqué par des exigences financières envers les puissances européennes, des conflits avec plusieurs consuls et la cession aux Britanniques des établissements de La Calle. Dans les provinces, il fait mettre à mort deux beys de Constantine et un bey d'Oran. La guerre qu'il engage contre la régence de Tunis se solde en juillet 1807 par la défaite de l'oued Serrat. Il est tué lors d'une révolte de la milice le .
Ahmed exerce la charge de khodjet al-khil avant d'en être destitué à l'instigation de Naphtali Busnach. Busnach, négociant juif d'Alger associé à Joseph Bacri, exerce alors une influence considérable sur le gouvernement de la régence. Selon Grammont, le dey Mustapha Pacha lui doit son élévation : Busnach l'avait fait nommer khaznaji (trésorier) afin de contrôler lui-même la trésorerie, et « gouverna à sa place pendant tout son règne ».

Le , Busnach est tué d'un coup de pistolet par un janissaire nommé Yahia, à la sortie du palais de la Jenina. L'émeute qui suit vise la population juive d'Alger ; selon Grammont, elle fait plus de cinquante victimes, tandis que le consul de France Dubois-Thainville met deux cents personnes à l'abri sous le pavillon français. Mustapha Pacha exile un grand nombre de survivants à Tunis et promet à la milice de ne plus admettre de Juif à la Jenina. Le , à sept heures du matin, les janissaires proclament dey l'ancien khodjet al-khil Ahmed. Mustapha Pacha, qui s'est vu refuser l'autorisation de s'embarquer pour le Levant, tente de gagner un lieu d'asile avec son khaznadji ; la porte lui en est fermée et il est égorgé.
D'après Grammont, l'agitation dure encore un mois : l'agha de la milice, mécontent de ne pas avoir été élu, entretient le désordre en promettant aux janissaires un nouveau massacre des Juifs. Ahmed le fait arrêter et décapiter, après quoi le calme revient.
Dès son arrivée au pouvoir, Ahmed impose à Bacri une amende de 500 000 piastres fortes. Il réclame deux millions de piastres au Portugal pour conclure un traité et refuse l'offre portugaise d'un tribut annuel de 50 000 piastres pendant vingt ans. En 1807, il obtient 12 000 piastres de l'Espagne, 10 000 de l'Angleterre, 100 000 des États-Unis, 40 000 de la Hollande et 50 000 de l'Autriche. Le consul de France Dubois-Thainville refuse en revanche toute contribution ; après le refus de la régence de respecter les pavillons de Gênes et de Naples, les Algériens résidant à Marseille sont détenus et un embargo est mis sur leurs navires et leurs marchandises.
Grammont rapporte qu'Ahmed veut faire étrangler un capidji (officier de l'Empire Ottoman) venu en mission de la part de la Sublime Porte et qu'en juin 1806, après l'arrivée devant Alger d'une division navale portugaise venue négocier un traité, il insulte et menace de mort en plein divan le consul britannique, qui avait communiqué avec elle. Les consuls de Hollande, Frayssinet, et du Danemark, Ulrich, sont mis à la chaîne pour un retard dans l'envoi des présents. Les consuls européens adressent alors au dey une protestation collective réclamant l'inviolabilité diplomatique ; devant cette action commune et la menace d'un départ général, Ahmed fait libérer les deux consuls. Après la détention des sujets et des navires algériens en France, le dey concède aux Britanniques les établissements et les pêcheries de corail de La Calle ; selon Grammont, ces concessions ne leur apportent guère de profit. Vayssettes rapporte que cette cession mécontente les habitants du beylik de l'Est, liés de longue date à la France par le commerce.
Grammont rapporte également que Napoléon envoie à Alger le brick Le Requin, dont le commandant réclame cent six captifs italiens que le dey refuse de libérer ; sommé de répondre dans les deux jours, Ahmed cède. Le dey envisage alors de se réfugier avec ses trésors à bord du navire français, avant d'y renoncer à l'annonce des succès d'Ahmed Tobbal à Constantine.
À son avènement, le beylik de Constantine est agité depuis plus de deux ans. En 1804, le chérif derkaoui Mohammed ben Abdallah ben el-Harche, marabout d'origine marocaine, a soulevé une grande partie de la Kabylie et lancé contre Constantine un assaut repoussé ; le bey Osman, parti à sa poursuite, a été tué avec ses troupes sur l'oued Zhour. Son successeur, Abdallah Bey, bat le chérif à Mila ; Ben el-Harche soulève l'année suivante les Kabyles des environs de Béjaïa et assiège la ville sans succès, puis il est tué en 1807 au combat de Rabta,.
Les sources divergent sur la mort d'Abdallah Bey. Selon Grammont, le bey, constatant que l'interruption du commerce avec les Français provoque un grand mécontentement et entrave la rentrée de l'impôt, écrit dans ce sens au dey ; Ahmed y voit un acte d'insubordination et le fait étrangler. Vayssettes rapporte qu'Abdallah proteste contre la cession de La Calle et fait part de sa crainte de voir la population prendre le parti de Tunis ; le dey le fait bâtonner puis décapiter, et fait également mettre à mort son épouse, Deïkha bent Hassan Bey. La chronique d'El-Mobarek, sans indiquer de motif, rapporte seulement qu'il est destitué et tué alors que les hostilités sont ouvertes entre Alger et Tunis. Il a pour successeur Hussein Bey ben Salah, fils de Salah Bey.
Le dey exige du bey de Tunis Hammouda Pacha le paiement du tribut de vassalité auquel celui-ci s'est soustrait et la renonciation à toute prétention sur Tabarka ; il lui reproche aussi d'avoir accueilli l'ancien bey de Constantine Ingliz Bey, avec la complicité duquel des troubles ont été fomentés dans l'Est. Vayssettes précise que Hammouda refuse de continuer à verser le tribut en nature (huile, laine, chéchias) dont ses prédécesseurs s'acquittaient, et que la somme exigée par le dey ne peut lui être accordée.
Les négociations échouent et la guerre éclate. Le kahia Soliman marche sur Constantine à la tête, selon Grammont, de cinquante mille Tunisiens ; il bat Hussein Bey, qui se replie sur Djemila, et bombarde la ville pendant trente jours,. Les renforts envoyés d'Alger par voie de terre sont d'abord arrêtés par les Flissas insurgés, dont il faut acheter les chefs ; les janissaires et l'artillerie sont embarqués pour Annaba. À l'approche de ces troupes, Soliman lève le siège et prend position sur le Bou-Merzoug, où il est battu au terme de trois jours de combat,.

L'armée algérienne avance ensuite en Tunisie, mais sa marche est arrêtée au Kef par le caïd Youssef, qui a rallié dix-huit mille hommes. Hussein Bey s'obstine au siège de la ville ; les contingents kabyles regagnent leurs terres pour les récoltes et, selon Grammont, une partie des contingents cavaliers est gagnée par l'or de Hammouda. Le , la bataille de l'oued Serrat tourne au désastre pour l'armée d'Alger.
Ahmed fait pendre aux créneaux de Bab-Azoun les soldats qui regagnent Alger, et le bey vaincu est étranglé sur son ordre. Vayssettes attribue cette exécution à une accusation du bachagha, selon lequel Hussein Bey aurait fui le premier. Le nouveau bey de Constantine, Ali, est assassiné avec le bachagha Hossein peu après son arrivée au camp de l'oued Rummel ; l'aventurier Ahmed Chaouch se proclame alors bey de sa propre autorité. Pendant les quinze jours de son pouvoir, Constantine est livrée au pillage, jusqu'à l'arrivée d'Ahmed Tobbal, envoyé d'Alger, qui reprend la ville et châtie les complices de l'usurpateur. Selon Grammont, faute d'armée à envoyer contre Tunis, le dey accorde la paix au bey de Tunis à la seule condition du paiement du tribut accoutumé.
Dans le beylik d'Oran, une insurrection générale s'est développée depuis que Mustapha Pacha a révoqué le bey Osman et l'a remplacé par Mustapha el-Manzali. Inspirée par le derkaoui Ben Chérif, elle gagne toutes les villes de l'intérieur, dont les garnisons turques sont massacrées ; l'autorité d'Alger ne se maintient qu'à Mostaganem, Oran et Mers el-Kébir. Le dey remplace Manzali par Mekalech, frère d'Osman et fils de Mohammed el-Kebir, qui doit gagner Oran par mer. Au terme d'une lutte que Grammont dit avoir duré quatre ans, Mekalech reconquiert le beylik ; Ben Chérif est tué lors de la reprise de Mascara, et Tlemcen, qui se rend, est mise à sac.
Accusé devant le dey de concussions et de cruauté, Mekalech fait l'objet d'une enquête menée à Oran par l'agha Omar ; il est étranglé après avoir été torturé pour révéler l'emplacement de ses trésors. Les troubles reprennent aussitôt, à l'instigation de Bou-Terfas, beau-père de Ben Chérif.
D'après Grammont, la milice reproche au dey ses défaites et les exécutions qui les ont suivies ; le principal grief invoqué contre lui est toutefois la violation des coutumes, les habitants s'indignant de la présence de son épouse au palais de la Jenina. Le , une bande de cinq cents Turcs force l'entrée du palais et envahit les cours et la salle d'audience. Ahmed tente de s'enfuir par les terrasses ; il est abattu d'un coup de feu puis décapité, et son corps est traîné dans les rues.
Les meneurs élisent aussitôt l'un des leurs, Ali er-Rassal, ancien laveur de cadavres, puis oukil (administrateur) d'une chapelle et khodja (secrétaire) d'audience, qui fait mettre à mort tous les ministres de son prédécesseur.
Grammont présente d'abord Ahmed comme « un heureux contraste » avec Mustapha Pacha : « instruit, de manières affables, d'un caractère calme et résolu », il gouverne lui-même et les consuls européens traitent directement avec lui. Il estime cependant que l'exercice du pouvoir le rend peu à peu « violent et tyrannique comme ses prédécesseurs ».