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La Révolte des Bonnets rouges (1975), Joint français 72 (1977-1981) |
Alain Marcon, né le à Torigni-sur-Vire, est un sculpteur, mosaïste et dessinateur breton connu pour ses œuvres monumentales en bois polychrome. Il vit et travaille dans les Côtes-d'Armor à Plouha, dans la baie de Saint-Brieuc.
Alain Marcon est né en Normandie le à Torigni-sur-Vire. Son grand-père, anarcho-syndicaliste, fuit l'Italie avec sa famille pour échapper au régime de Mussolini, et crée une entreprise dans les Côtes d’Armor. Il grandit dans un milieu rural et ouvrier proche de l’anarcho-syndicalisme, ce qui l’influence dans sa carrière.
Il découvre le travail du bois dans l’atelier de menuiserie de son père. Pendant un voyage avec lui à Moissac, Alain Marcon est marqué par les sculptures du tympan de l’abbaye Saint-Pierre-de-Moissac. À la suite de cette découverte, il réalise à 8 ans ses premières sculptures grâce aux outils disponibles au sein de l’atelier de son père.
Alain Marcon obtient son baccalauréat de philosophie en 1964 au Lycée Leverrier de Saint-Lô. Il intègre ensuite l'École régionale des Beaux-arts de Rennes, d’où il sort diplômé en 1968. Il s’engage dans le mouvement de Mai 68 en occupant l’école des Beaux-Arts avec ses camarades. Il se forme ensuite à l’histoire de l’art à l’université de Rennes 2 de 1968 à 1971.
Alain Marcon se considère à la fois comme artisan et comme artiste.
Se positionnant en faveur de la figuration, Alain Marcon s'inscrit dans une mouvance d'artistes proches du parti communiste qui portent dans leurs réalisations un message politique sur les événements contemporains. Son travail se rapproche ainsi du mouvement de la figuration narrative.
Dès 1981, il réalise plusieurs expositions personnelles. Il répond également à des commandes publiques. Certaines de ses œuvres sont ainsi visibles dans l'espace urbain comme à la halle commerciale de Dinard depuis 1994. Au cours de sa carrière, il fabrique également des mises en scènes sculptées pour des stands de foires.
En parallèle de ses activités artistiques, il crée des ateliers de sculptures populaires ouverts à tous afin de donner accès à cette technique et partager son savoir-faire.
L'œuvre d'Alain Marcon aborde une grande diversité de sujets. Certains de ses travaux s'inscrivent dans des thèmes classiques de l'histoire de la sculpture, tels que l'iconographie mythologique (Le Satyre), la danse (Nijinsky 2) ou les figures symboliques (Le Rêveur, Les Baigneuses). Il élargit également son champ d'exploration en abordant des thèmes moins courants, parfois proches du domaine de la peinture. Ainsi, à travers des bas-reliefs, il propose des scènes de genres et des paysages, abordés avec une perspective d'une grande profondeur pour la sculpture.
L'engagement social est un autre aspect important de son œuvre. L'artiste sculpte des scènes dénonçant les injustices des sociétés humaines en mettant en scène ceux qui les combattent. Ainsi, il aborde le conflit israélo-palestinien (Le Sang noir - Gaza), les dangers de l'impérialisme (Apocalypse Disney), la guerre en Syrie (Temps de chiens) mais aussi des évènements plus locaux comme la grève du Joint français.
Ne souhaitant pas s’insérer ni dans un style académique ni dans l’abstraction, Alain Marcon puise ses influences dans le cubisme et dans les sculptures d’Henry Moore.
Son recours à la figuration inscrit particulièrement Alain Marcon dans la lignée des artistes engagés qui émergent en France à partir du milieu des années 1960 autour du mouvement de la figuration narrative. Ces derniers reviennent ainsi à un style plus figuratif, qui comprend aussi un aspect documentaire, dépeignant des événements médiatiques contemporains. Une des premières manifestations notables de ce mouvement est la « Salle rouge pour le Vietnam », exposition à l’ARC (Animation – Recherche – Création) du au .
Dans les années 1970, d’autres initiatives et collectifs d’artistes reprennent leurs idées. Ainsi, la coopérative des Malassis (1969 – 1977) développe une peinture politique, organisée en saynètes qui se succèdent, ce qui lui confère une forte capacité narrative et critique sur les événements représentés. L’œuvre d’Alain Marcon, par son style et son engagement, est comparable aux réalisations de la coopérative des Malassis. Lors de l’exposition Vivre avec la grève du Joint français au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc du au , sa fresque Joint français 72 est d'ailleurs présentée en regard du Grand Mechui ou 12 ans d'histoire en France (1972). Cette peinture composée de 3 panneaux réalisée par la coopérative des Malassis, aujourd'hui conservée au musée des Beaux-Arts de Dole, retrace l'histoire de la Ve République.
Alain Marcon réalise des sculptures monumentales en bois, en haut-relief et en ronde-bosse, qu'il sculpte au ciseau directement dans la masse. Il souhaite s’inscrire dans l’héritage de la technique de la sculpture sur bois médiévale, telle que visible à l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac ou Sainte-Foy de Conques,. Il accorde aussi une grande importance à la polychromie.
Il utilise principalement le tilleul et le frêne, faibles en tanin, qui lui permettent de jouer avec les nuances naturelles du bois en le laissant nu. Dans ses sculptures, il laisse également visible les traces du ciseau tout en créant des modelés doux . Dans une interview de 2024, il exprime n’utiliser plus que le tilleul pour sa finesse et sa résistance au temps.
Alain Marcon réalise aussi des sculptures avec des matériaux peu communs, souvent issus de l'industrie, comme la résine époxy (La Nuit du 13 décembre), le métal et le plastique (Le Sang noir - Gaza).
La Révolte des Bonnets rouges est une série de six bas-reliefs en bois polychrome réalisée par Alain Marcon en 1975. Chaque panneau mesure 85 cm de hauteur sur 56 cm de longueur. Le sculpteur breton représente plusieurs scènes de la révolte du Papier timbré, aussi connue sous le nom de révolte des Bonnets rouges, insurrection antifiscale menée en Bretagne entre avril et , après l'imposition de taxes sur le tabac et le papier timbré.
En 1977, l'œuvre est acquise par le Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc.
Joint français 72 est un bas-relief constitué de douze panneaux en bois polychrome, réalisé par Alain Marcon entre 1977 et 1981 et mesurant 12 mètres de hauteur sur 1,5 mètres de longueur.
Le sculpteur représente chronologiquement plusieurs scènes de la grève du Joint français, ayant lieu à Saint-Brieuc du au . Pour assurer la fidélité de son œuvre, il rencontre des témoins de l'époque et s'appuie sur des archives photographiques et vidéographiques.
En 2023, l'œuvre est acquise par la ville de Saint-Brieuc, à l'issue de l’exposition Vivre avec la grève du Joint français. Elle est désormais conservée au musée d’Art et d’Histoire de Saint-Brieuc.
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