| Doyen Faculté de pharmacie de Montpellier | |
|---|---|
| - | |
Noël Gustave Massol (d) | |
| Professeur d'université (d) Faculté de pharmacie de Montpellier | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom officiel |
Prosper Albert Jules Astruc |
| Nationalité | |
| Formation |
Université de Montpellier (d) |
| Activités | |
| Conjoint |
Marie Antoinette Pauline Pezet (d) (à partir de ) |
| Enfants |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de | |
| Distinctions |
Prosper Albert Jules Astruc, dit Albert Astruc, né le à Saint-Laurent-d'Olt et mort le à Montpellier, est un pharmacien et universitaire français.
Professeur de pharmacie galénique et industrielle à la faculté de pharmacie de Montpellier de 1919 à 1945, il en est le doyen de 1935 à 1945. Ses travaux portent principalement sur la préparation, l’analyse et le contrôle des médicaments, la pharmacie industrielle, la chimie pharmaceutique, les produits d’origine végétale et l’étude des eaux minérales.
Prosper Albert Jules Astruc naît le 29 janvier 1875 à Saint-Laurent-d'Olt. Il est le fils de Prosper Astruc, propriétaire âgé de 35 ans, et d’Eulalie Deltour, ménagère âgée de 32 ans.
Le 15 février 1904, Albert Astruc épouse à Montpellier Marie Antoinette Pauline Pezet. Celle-ci est la fille de Paul Pezet, médecin et pharmacien, alors maire de Montpellier, qui devient ensuite député de l’Hérault. Cette union rattache Astruc à une famille déjà étroitement associée aux milieux médicaux, pharmaceutiques et politiques montpelliérains,,.
De cette union naissent Thérèse Marie Astruc, née à Montpellier le 3 décembre 1905, et Louis Albert François Astruc, né dans cette ville le 11 novembre 1907, qui devient professeur de déontologie et de législation pharmaceutiques à la faculté de pharmacie de Montpellier. Thérèse Marie, licenciée en droit, épouse Jean Baptiste Marie Cotxet, avocat, à Montpellier le 10 novembre 1927 et meurt dans le 15e arrondissement de Paris le 29 septembre 1997. Louis Astruc épouse Simone Angèle Anne Marie Bonvallet à Montpellier le 10 juillet 1929 et y meurt le 24 mai 2013.
Albert Astruc meurt le 21 avril 1956 à Montpellier et repose au cimetière Saint-Lazare.
Après l’obtention du baccalauréat, Albert Astruc accomplit les trois années de stage officinal alors exigées pour entreprendre des études de pharmacie, successivement à Albi, auprès du pharmacien Enjalbert, puis à Narbonne, auprès du pharmacien Robert. En novembre 1894, il entre à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier. Lauréat de l’établissement en 1895, il est reçu à l’internat des hôpitaux de Montpellier en 1896 et obtient le diplôme de pharmacien de première classe en 1898.
Il poursuit parallèlement une formation scientifique : licencié ès sciences en 1900, il obtient la même année le titre de pharmacien supérieur, puis devient docteur en pharmacie en 1901 et docteur ès sciences naturelles en 1903. Reçu à l’agrégation de pharmacie en 1904, il est affecté à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier.
Au cours de ces années, il exerce successivement les fonctions de préparateur de physique et de chef de travaux de chimie, de pharmacie et de toxicologie. Il est également chargé du cours de pharmacie galénique, puis de celui de minéralogie et d’hydrologie, ainsi que des travaux pratiques d’histoire naturelle.
À partir de 1901, Astruc donne bénévolement des conférences de pharmacie galénique. Cet enseignement devient un cours complémentaire en 1908, puis une chaire magistrale de pharmacie galénique et industrielle en 1919, dont il est le premier titulaire,. Il fait ajouter le qualificatif « industrielle » à l’intitulé de la chaire, estimant que la préparation des médicaments, appelée à ne plus être l’apanage du pharmacien d’officine, doit néanmoins demeurer « dans l’orbite de la pharmacie ».
Astruc contribue à moderniser l’enseignement de la pharmacie galénique. Il distingue trois étapes successives dans son évolution. Au début de son enseignement, en 1901, la discipline demeure principalement « mécanique » : elle porte sur les opérations pharmaceutiques, les formes médicamenteuses, les caractères organoleptiques des préparations et les procédés permettant de leur donner une apparence et une consistance satisfaisantes. Le développement de l’analyse des matières premières et le contrôle du dosage des principes actifs conduisent ensuite à une phase « analytique », consacrée à l’identité, à la composition et à la qualité des médicaments. Enfin, les essais biologiques, l’étude de l’action des médicaments et le développement de la pharmacodynamie ouvrent une troisième phase, qu’il qualifie de « physiologique »,.
Son enseignement ne remplace pas l’étude des opérations traditionnelles par celle de l’analyse ou de la physiologie, mais associe ces différentes approches. Il comprend les procédés de fabrication, l’analyse physico-chimique des matières premières et des préparations, le dosage des principes actifs, la détection des falsifications et des altérations, l’étude de la conservation ainsi que des données relatives à l’action biologique des médicaments. Astruc classe également les préparations selon les appareils ou fonctions sur lesquels elles agissent : systèmes circulatoire, respiratoire, nerveux et digestif, nutrition, antiseptiques et médicaments topiques. Cette organisation introduit ainsi la pharmacologie dans l’enseignement de la pharmacie galénique,.
La pharmacie industrielle occupe une place particulière dans cette conception. Si Montpellier a longtemps été présentée comme le lieu de création du premier enseignement français dans ce domaine, des travaux historiques montrent qu’un laboratoire pédagogique est conçu à l’École supérieure de pharmacie de Nancy dès 1905, installé en 1908, puis présenté au public lors de l’Exposition internationale de l’Est de la France en 1909. Astruc le visite à cette occasion et, à son retour, présente cette réalisation à ses collègues montpelliérains, qui entreprennent de doter leur école d’une installation comparable. Malgré le refus du ministère d’officialiser le projet nancéien, celui-ci sert ainsi de modèle à l’enseignement développé à Montpellier par Astruc et Fernand Jadin, qui semble avoir commencé en 1911,,.
Vers 1920, Astruc organise à la pharmacie centrale des hôpitaux de Montpellier un laboratoire d’enseignement de pharmacie galénique industrielle. Les étudiants peuvent y observer et utiliser des machines destinées à la fabrication des pommades, granulés, comprimés, pilules, dragées, extraits, capsules et ampoules. L’objectif est de former des spécialistes de la fabrication industrielle, mais aussi de permettre à l’ensemble des pharmaciens de comprendre le fonctionnement et le rendement des machines ainsi que les méthodes de contrôle des médicaments qu’elles produisent.
Le Traité de pharmacie galénique d’Astruc, publié initialement en deux volumes en 1921, expose cette conception de la discipline. L’ouvrage connaît quatre éditions. Dans la troisième édition, parue en deux volumes en 1933 et 1935, Astruc ajoute aux connaissances relatives à la préparation, à l’analyse et à la conservation des médicaments des données relevant de la pharmacologie. La quatrième édition, préparée avec son collègue Jean Giroux, paraît en deux volumes en 1946 et 1950 et poursuit cette évolution par l’intégration de la pharmacodynamie,.
L’ouvrage témoigne également de l’attention portée par Astruc aux formes pharmaceutiques produites industriellement. Dans la deuxième édition de 1928, il consacre notamment une partie de son étude aux comprimés, forme dont il estime que le pharmacien doit connaître la fabrication et contrôler le développement.
Les recherches expérimentales d’Astruc portent notamment sur les procédés d’extraction des principes actifs et sur la préparation de formes pharmaceutiques. Avec Charles Capilléry, il étudie la lixiviation à chaud, qui permet d’obtenir rapidement des solutés plus riches en principes actifs que ceux produits par d’autres modes d’extraction. Il travaille avec Armand Juillet sur l’eau distillée de laurier-cerise et avec E. Dejean sur les alcoolatures et les teintures préparées à partir de matières premières végétales toxiques, notamment la digitale, l’aconit, la belladone, la jusquiame, la ciguë et le colchique.
Il propose une nouvelle technique de préparation du sirop iodotannique et, avec Cambe, une nouvelle formule du sirop de baume de Tolu. Avec plusieurs collaborateurs, il étudie les excipients employés dans les pommades et certaines préparations pharmaceutiques difficiles à réaliser. En collaboration avec Étienne Canals et Armand Juillet, il examine le gâchage et la prise du plâtre dans leurs applications chirurgicales.
Astruc contribue également à l’étude des incompatibilités susceptibles d’apparaître entre les composants d’une préparation lors de l’introduction de nouveaux médicaments ou de la formulation de prescriptions ne respectant pas leurs propriétés chimiques. Une part importante de ses recherches applicables à l’industrie porte sur les objets de pansement. Avec Jean Giroux, il apporte enfin des précisions sur les teintures d’aconit et d’ipéca, les procédés d’épuisement du cascara, les purgatifs anthraquinoniques et les préparations à base de laurier-rose.
Initialement formé à la chimie analytique, Astruc consacre une partie importante de ses travaux à la pharmacie chimique et à l’acidimétrie. Il étudie les problèmes posés par le dosage des acides phosphorique et glycérophosphorique en présence de différents indicateurs colorés de fin de réaction. Il applique les résultats obtenus au dosage des glycérophosphates ainsi qu’au contrôle des phosphates monocalciques et tricalciques, des chlorhydrophosphates et des lactophosphates de calcium commercialisés.
Ces recherches accompagnent l’ensemble de sa formation universitaire. Sa thèse pour l’obtention du diplôme de pharmacien de première classe, soutenue en 1898, porte sur l’acidimétrie de l’acide phosphorique ; celle de pharmacien supérieur, en 1900, sur l’alcalimétrie et l’acidimétrie des composés organiques ; sa thèse de doctorat en pharmacie, soutenue en 1901, sur l’alcalimétrie des alcaloïdes ; enfin, sa thèse de doctorat ès sciences naturelles, en 1903, sur l’acidité végétale.
Dans ce dernier travail, il met notamment en évidence, chez une plante grasse de la famille des Crassulacées, les variations de l’acidité d’un même organe entre le matin et le soir en fonction de son exposition à la lumière. Il rattache ces observations à l’étude du métabolisme et de la nutrition des végétaux. Il élabore par ailleurs des méthodes d’analyse de plusieurs dérivés arsenicaux employés en pharmacie, notamment les cacodylates et l’arrhénal.
Il s’intéresse également aux diastases, aux ferments et aux transformations susceptibles d’affecter les médicaments d’origine biologique pendant leur préparation ou leur conservation.
Chargé dès le début de sa carrière d’enseignements de minéralogie et d’hydrologie, Astruc analyse de nombreuses eaux potables de la région montpelliéraine. Avec son ancien maître Fernand Jadin, il recherche la présence de manganèse dans les eaux de 93 sources appartenant à 65 stations hydrominérales situées dans les massifs vosgien, alpin et pyrénéen ainsi que dans le Massif central. Ces travaux leur valent le prix Longchampt de l’Académie des sciences.
Il poursuit cet intérêt dans son enseignement et dans le Précis d’hydrologie, de géologie et de minéralogie qu’il publie avec Fernand Jadin. Une deuxième édition revue et augmentée paraît en 1920, puis une troisième édition, sous le titre Précis d’hydrologie et de géologie, en 1932.
Astruc s’intéresse à l’histoire de la pharmacie, participe aux travaux de la Société d’histoire de la pharmacie et encourage ses étudiants à consacrer leurs thèses à l’histoire de la profession. Il collabore notamment avec le pharmacien et historien Louis Irissou, avec lequel il étudie l’histoire de la faculté de pharmacie de Montpellier.
Le 18 décembre 1941, il accueille et préside à Montpellier une séance exceptionnelle de la Société d’histoire de la pharmacie. Organisée alors que la ligne de démarcation sépare les zones occupée et non occupée, cette réunion rassemble notamment des pharmaciens et universitaires de la zone non occupée. Parmi les participants figurent plusieurs enseignants de la faculté ainsi que son fils Louis Astruc. La même année, il publie avec Louis Irissou La Faculté de pharmacie de Montpellier : son passé, son présent.
Astruc est nommé doyen de la faculté de pharmacie de Montpellier en 1935, succédant à Noël-Gustave Massol. Présentée par le corps professoral et le conseil de l’université, sa candidature est approuvée à l’unanimité. Il conserve cette fonction jusqu’en 1945 ; Étienne Canals lui succède en 1946.
Durant son décanat, il contribue à la création ou au développement des enseignements de physiologie, de pharmacodynamie et de pharmacie industrielle. Il fait agrandir et moderniser les laboratoires de recherche, les amphithéâtres et les salles de travaux pratiques. Cette politique d’aménagement est poursuivie par Étienne Canals.
Le 25 juin 1939, un jubilé universitaire célèbre ses quarante années d’enseignement. À cette occasion, la Revue d’histoire de la pharmacie le présente comme l’un des rénovateurs de la pharmacie galénique et souligne son action en faveur de l’enseignement pharmaceutique. Une médaille commémorative en bronze est également réalisée par le graveur Marcel Le Louët en hommage à Albert Astruc.
Nommé professeur de classe exceptionnelle en 1941, il fonde pendant la Seconde Guerre mondiale la Société de pharmacie de Montpellier. Il prononce son dernier cours le 9 juin 1945, à l’occasion d’une cérémonie organisée par les étudiants et ses collègues, puis accède à l’honorariat.
Élu en 1910 à l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, il occupe le siège 30 de la section des sciences jusqu’en 1955. Il devient correspondant national de l’Académie nationale de médecine pour la division de pharmacie en 1927, puis membre non résidant en 1951.
Astruc devient conseiller municipal de Montpellier en 1945. La même année, il figure parmi les personnalités associées à un projet de société destiné à assurer la gestion du quotidien régional Midi libre.
Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 4 octobre 1923. La notice publiée à cette occasion mentionne vingt-sept années de services ainsi qu’un grand prix obtenu à l’Exposition nationale coloniale de Marseille. Il est ultérieurement promu commandeur de la Légion d’honneur et reçoit également le grade de commandeur de la Santé publique.
Albert Astruc meurt le 21 avril 1956 à Montpellier, à l’âge de 81 ans,. Lors de ses obsèques, son cercueil fait halte devant la faculté de pharmacie, où un éloge funèbre est prononcé par son successeur, le doyen Étienne Canals,.
Albert Astruc est l’auteur ou le coauteur de nombreux ouvrages, cours, conférences et articles consacrés notamment à la pharmacie galénique et industrielle, à la chimie pharmaceutique, à l’hydrologie, à la physiologie végétale et aux produits naturels. Une part importante de ses articles a également été publiée sous la forme de tirés à part.
La faculté de pharmacie de Montpellier conserve dans sa salle des Actes un portrait à l’huile d’Albert Astruc peint par Max Leenhardt. Cette œuvre est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 20 novembre 2009.
La cité Albert-Astruc, située avenue de Lodève à Montpellier, porte également son nom.