Alberto Pimenta

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Alberto Pimenta
Alberto Pimenta en 2008.
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Alberto Pimenta, né le à Porto, est un écrivain, poète et artiste portugais.

Vie et œuvre

Parmi les auteurs européens contemporains, Alberto Pimenta se distingue tant par le caractère polémique de son œuvre que par la diversité des genres abordés : poésie, prose, théorie, linguistique, essai, critique, interventions poétiques, happenings et performances.[Interprétation personnelle ?]

Alberto Pimenta est licencié en langues et littératures germaniques de l'université de Coimbra et fut, de 1960 à 1977, lecteur de portugais et de littérature portugaise à l'université de Heidelberg en Allemagne, délégué par le gouvernement portugais à partir de 1960. Mais en raison de son opposition au régime portugais et à ses guerres colonialistes en Afrique, il fut démis de ses fonctions en 1963. Il continua pourtant d'exercer ses fonctions mais cette fois engagé directement par l'université de Heidelberg, alors même que les autorités portugaises exercèrent des pressions sur les Allemands pour démettre Pimenta, mais en vain. Il y resta en exil jusqu'en 1977, date de son retour dans un Portugal post-fasciste.[réf. nécessaire]

Entretemps, Pimenta avait déjà commencé une œuvre poétique qui s'inscrivait dans ce qui a été convenu d'appeler la « poésie expérimentale portugaise », avec la publication de O labirintodonte en 1970, Os Entes e os Contraentes en 1971 et Corpos estranhos en 1973. Influencée par les expériences formalistes, en particulier par celles du constructivisme allemand, la poésie de Pimenta laissait déjà transparaître un fort penchant critique, tirant profit au maximum du matériau signique et explorant tout spécialement sa dimension visuelle.[Interprétation personnelle ?]

En 1977, il publie Ascensão de dez gostos à boca, un recueil de poèmes qui synthétise la combinaison, typique chez cet auteur, de l'expérience formelle et de l'anticonformisme social et politique.[Interprétation personnelle ?]

Cette même année, il débute ses performances : le , au jardin zoologique de Lisbonne, il réalise un premier happening en s'enfermant dans une cage (à côté d'une autre cage contenant deux chimpanzés) sur laquelle un écriteau indique Homo sapiens. Cette opération fut consignée dans le livre homonyme Homo Sapiens (& etc., Lisbonne, 1977). Deux autres « opérations » ont lieu quatorze ans plus tard, pour la première le , lorsque le poète, dûment empaqueté, « fut exposé à la vente devant l'église des martyrs à Lisbonne » (Homo Venalis) et celle quatorze jours plus tard, le jour du poète portugais Camões et le dernier jour de la Foire du livre de Lisbonne, où Alberto Pimenta fit un autodafé de son livre Le Silence des poètes. En 1978, Pimenta fut l'auteur de deux émissions de télévision, « A Arte de Ser Português » (avec Jorge Listopad), aussi polémique qu'éphémère et « 6 Áreas para Cesário », utilisant un processus de construction-déconstruction en forme de poème audiovisuel, et fit un bref passage dans l'émission « A Noite da Má-Língua ».

En 1977, Pimenta publie ce qui sera son livre le plus traduit, Discours sur le Fils-de-Pute. En Swift moderne, en poète dadaïste exposant la servitude volontaire du XXe siècle, cette œuvre inclassable, fruit de la meilleure épistémologie appliquée, utilisant une langue transgressive qui parodie les genres, notamment celui de l'essai, compose un discours logique, structuré, implacable tout au long duquel l'auteur expose avec violence et humour tous les traits distinctifs qui composent le « fils-de-pute ».[Interprétation personnelle ?]

Pimenta est l'auteur d'un grand nombre d'études, d'essais et d'articles de critique culturelle. Parmi ses œuvres théoriques, Le Silence des poètes, paru pour la première fois en italien (Il silenzio dei poeti, Milan, 1977) puis en portugais (Lisboa, regra do Jogo, 1978) est une étude sur le sens de la création littéraire liée aux mouvements d'avant-garde, principalement le Concretismo (pt), un des derniers mouvements littéraires importants de la poésie brésilienne)[Interprétation personnelle ?], et la poésie concrète et visuelle allemande établissant une « phénoménologie de la modernité ». La magie qui ôte les péchés du monde, publié en 1995, est une œuvre théorique anti-platonicienne divisée en vingt-deux parties, chacune correspondant à un des arcanes majeurs du tarot où se mêlent mythes, archétypes, littérature (Adorno, Dante, Camões, Shakespeare, Fernando Pessoa, Coleridge, António Botto, Emilio Villa, Murilo Mendes, Haroldo de Campos, etc.) et artistes plastiques (Oskar Kokoschka, Yves Klein, Pablo Picasso…). Il collabora en 1981 (avec Miguel Vale de Almeida et Rui Simões) à Pornex : Textes théoriques et documentaires de pornographie expérimentale portugaise (coordination de Leonor Areal et Rui Zink).

À partir des années 1990, son œuvre fait référence plus directement aux phénomènes liés à la mondialisation. Ainda há muito para fazer (Il y a encore beaucoup à faire, 1998) est, par exemple, un long poème qui parodie les discours publicitaires et d'internet et traite des conséquences sociales de la guerre au Kosovo et de l'Union européenne. En 2005, il publie Marthiya de Abdel Hamid segundo Alberto Pimenta, un long poème reprenant les codes de la poésie arabe (et en particulier de la Marthiya) en rapport direct avec l'invasion de l'Irak par les États-Unis d'Amérique.

Pimenta est aussi traducteur. Il a notamment traduit en portugais Thomas Bernhard (La Force de l'habitude), Botho Strauss (Le Parc), le poète latin Martial, et le poète italien Nanni Balestrini (Petit éloge au public de la poésie).

Ses œuvres ont pour la plupart été publiées par les éditions & etc de Vítor Silva Tavares (pt). On retrouve Alberto Pimenta avec Vítor Silva Tavares le , invités de l'émission « culturelle » Câmara Clara de la Rtp dédiée ce soir-là à Luiz Pacheco récemment décédé, durant laquelle la présentatrice lança le sujet des « écrivains et éditeurs marginaux » (termes que les deux invités contestèrent) et supposa un lien entre Luiz Pacheco et l'univers de João César Monteiro (lien tout aussi rejeté par les deux invités) ; à la fin de l'émission, les deux invités partagèrent une délicieuse petite soupe – V. S. Tavares : « Alberto, c'est le meilleur moment de l'émission. […] c'est un hommage à Luiz Pacheco et João César Monteiro qui auraient tant apprécié une bonne soupe! », Alberto Pimenta, en pointant son bol de soupe : « Ça, c'est le meilleur spectacle du monde ! ».

Depuis 2010, Alberto Pimenta a été publié aux éditions 7Nós (Porto) qui inaugura son catalogue avec Que Lareiras na Floresta, un ouvrage réunissant une multitude de travaux auparavant dispersés : essais, performances, chroniques, entrevues, textes pour la télévision. Ces éditions ont annoncé la réédition des quatre premiers livres de poésie de l'écrivain publiés entre 1970 et 1977 à compte d'auteur et depuis longtemps épuisés : O Labirintodonte, Os Entes e os Contraentes, Corpos Estranhos et A Ascensão de dez gostos à boca. De ces quatre livres, seul O Labirintodonte a en effet été publié en 2013. Depuis 2014, Alberto Pimenta est pour l'essentiel publié aux éditions Pianola (Lisbonne).

Alberto Pimenta a été jusqu'en 2007 professeur auxiliaire invité de la faculté des sciences sociales et humaines de l'université nouvelle de Lisbonne, où il a enseigné la langue et la littérature portugaise.

Sur Alberto Pimenta

Livres publiés

Poésie

Prose

Anthologies

Essais

Autres

Performances, happenings et spectacles (et livres tirés de ces actions)

Livres d'artistes

Publications étrangères

Expositions
Collaboration d'éditions
Traductions en portugais par Alberto Pimenta
Vidéo
Textes & articles sur Alberto Pimenta

Notes et références

  1. ↑ (pt) Alberto Pimenta, O Silêncio dos poetas, Lisboa, A Regra do jogo,
  2. ↑ (en) Manuel Portela, The Reception of Laurence Sterne in Europe, Continuum, (lire en ligne), p. 230

Liens externes