| Naissance |
Émilie-Romagne, Italie |
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| Activité principale |
| Langue d’écriture | Italien |
|---|---|
| Mouvement | Néo-noir, Gioventù cannibale |
| Genres |
Œuvres principales
Belve — Cruautés
L'Isola
Alda Teodorani, née en 1968 en Émilie-Romagne, est une écrivaine, traductrice et poétesse italienne.
Surnommée « reine de l'horreur italienne », elle pratique l'horreur, le récit policier et la littérature érotique. Après des débuts en 1990, elle participe à la fondation du Gruppo 13 avec Carlo Lucarelli, Loriano Macchiavelli et Marcello Fois, puis contribue à l'émergence du néo-noir italien et figure dans l'anthologie Gioventù cannibale, texte fondateur de la génération dite « cannibale ».
Son œuvre entretient un rapport privilégié avec la France : traductrice d'une trentaine d'ouvrages français vers l'italien, elle publie en 2002 chez les éditions Naturellement Belve — Cruautés, roman paru en France avant l'Italie et retenu parmi les titres en lice pour le prix Rosny aîné, puis en 2011 L'Isola aux Éditions de l'Antre. Elle figure au Dictionnaire universel des créatrices et enseigne l'écriture à la Scuola Internazionale di Comics de Rome.
Alda Teodorani fait ses débuts en 1990 avec la nouvelle Non hai capito, publiée dans l'anthologie Nero Italiano. 27 racconti metropolitani chez Mondadori,.
Elle participe la même année à la fondation du Gruppo 13, collectif d'écrivains et d'illustrateurs d'Émilie-Romagne réunissant notamment Marcello Fois, Loriano Macchiavelli et Carlo Lucarelli,. Elle y rencontre l'éditeur Luigi Bernardi, qui publie ses premiers livres. Elle quitte ensuite le groupe et s'installe à Rome au début des années 1990.
Avec Fabio Giovannini et Antonio Tentori, Teodorani contribue à l'émergence du néo-noir italien, courant qui propose un récit adoptant le point de vue de l'assassin,. Elle participe par la suite à la fondation du colloque Roma Noir, né au sein du département d'études philologiques, linguistiques et littéraires de l'université La Sapienza de Rome, dont elle intègre le comité scientifique.
En 1996, sa nouvelle E Roma piange paraît dans l'anthologie Gioventù cannibale, publiée par Einaudi dans la collection Stile libero aux côtés de textes de Niccolò Ammaniti, Aldo Nove et Daniele Luttazzi. Le recueil, traduit en français et en espagnol, marque le point de départ du courant « cannibale ». La critique la présente comme la dernière représentante cohérente de cette génération.
La France occupe une place singulière dans le parcours de l'écrivaine. La traduction française de Gioventù cannibale paraît sous le titre Jeunesse cannibale aux éditions Naturellement, dirigées par Alain Pelosato ; l'autrice engage à cette occasion une correspondance littéraire avec l'éditeur, qui lui propose de devenir correspondante de sa revue SFMag.
De cette relation naît en 2002 Belve — Cruautés, publié en France avant toute édition italienne,. Le titre figure parmi les ouvrages en lice pour le prix Rosny aîné. Le roman paraît ensuite en Italie sous le titre Belve, avant une version entièrement réécrite, Belve — Final Cut, publiée en 2011 par les éditions Cut-Up.
En 2011 paraît L'Isola, novella traduite par l'écrivain et essayiste français Patryck Ficini, lecteur de l'autrice depuis plus de vingt ans, aux Éditions de l'Antre, maison niçoise qui l'imprime en tirage limité destiné aux amateurs,. L'autrice décrit cette parution comme la réalisation d'un souhait ancien, celui de revenir en France après Belve — Cruautés. Le texte, écrit en 2003, expérimente un langage d'horreur d'inspiration gothique ; l'idée de l'hôtel isolé où échoue le couple de protagonistes lui vient de sa lecture de Psychose de Robert Bloch.
En avril 2017, elle est invitée au colloque international LICOLAR de l'université d'Aix-Marseille, consacré au roman graphique en langues romanes et germaniques, où elle intervient sur la bande dessinée d'horreur italienne.
Teodorani enseigne l'écriture depuis 2003, notamment à la Scuola Internazionale di Comics de Rome,. Elle a écrit des scénarios de bande dessinée, des articles et des livres audio, et publie des essais new age sous le pseudonyme d'Elena Bortolini,. Elle a animé des séminaires dans des universités allemandes, dont l'université de Wurtzbourg en juin 2005.
En 2006, elle cède les droits d'adaptation d'une quinzaine de nouvelles à de jeunes réalisateurs ; le projet Appuntamenti letali aboutit à un DVD publié par filmhorror.com,.
Elle collabore avec le groupe de musique électronique expérimentale Le Forbici di Manitù, dont l'album L'Isola associe sa novella à une heure de pièces instrumentales, dans un livret illustré par Emanuela Biancuzzi,.
Son œuvre a été traduite en français, en anglais, en espagnol, en allemand et en géorgien.
Le réalisateur Dario Argento a déclaré que les récits de Teodorani ressemblaient à ses cauchemars les plus profonds,. L'autrice revendique l'influence des maîtres du giallo italien — Argento, Bava, Martino, Fulci — notamment pour la vision subjective de l'assassin, et celle du rythme cinématographique dans l'écriture.
Ses pages mêlent fréquemment contenu érotique, terreur et romanesque. La chercheuse Monica Cristina Storini a consacré deux études au traitement du corps et de la passion dans le noir féminin à partir de son œuvre,.
| Année | Titre | Éditeur | Nature | ISBN |
|---|---|---|---|---|
| 1991 | Giù, nel delirio | Granata Press | Roman | |
| 1993 | Le radici del male | Granata Press | Roman | |
| 1995 | Fiore oscuro | Il Minotauro | Roman | |
| 1996 | Il segno di Caino | Datanews | Roman | |
| 1997 | Labbra di sangue | Datanews | Roman | |
| 1997 | Pornodive | Castelvecchi | Essai | |
| 2001 | Sesso col coltello | Stampa Alternativa | Recueil | |
| 2002 | Belve — Cruautés | Naturellement (France) | Roman | (ISBN 2-910370-28-3) |
| 2002 | Organi | Stampa Alternativa | Roman | |
| 2003 | Belve | Addictions | Roman | |
| 2004 | Quindici desideri | Dario Flaccovio | Livre-CD | (ISBN 978-88-7758-574-5) |
| 2004 | La signora delle torture | Addictions | Recueil | |
| 2005 | Incubi | Halley | Recueil | |
| 2006 | Bloody Rainbow | Hacca | Recueil | (ISBN 978-88-89920-03-9) |
| 2008 | I sacramenti del male | Mondadori, coll. Il Giallo Mondadori | Roman | |
| 2011 | L'Isola | Les Éditions de l'Antre (France) | Novella | (ISBN 978-2-915016-10-9) |
| 2011 | Belve — Final Cut | Cut-Up | Roman | |
| 2015 | Ti odio poesia | deComporre | Poésie | |
| 2016 | Gramsci in cenere | Stampa Alternativa | Roman | |
| 2016 | La collezionista di organi | Profondo Rosso | Roman | |
| 2017 | Snake. Il vampiro della città morta | Watson | Roman | |
| 2018 | Uomini senza | Fahrenheit | Pamphlet | |
| 2022 | Quando gli alberi diventano neri | Future Fiction | Roman |
Les éditions françaises figurent en gras.
Teodorani a traduit une trentaine d'ouvrages, principalement du français. Parmi eux :
Dans son étude sur le néo-noir italien, l'universitaire Elisabetta Mondello, de l'université La Sapienza, présente Teodorani comme la « dark lady » du groupe, à la fois visionnaire et hyperréaliste, et lui attribue certains des textes les plus violents et les plus populaires auprès des amateurs du genre. Elle souligne que le point de vue de l'assassin se trouve constamment au centre de ses récits.
La critique relève également la manière dont l'autrice articule Éros et Thanatos : dans une recension du roman Organi, Liliana Talamo décrit une rupture des schémas narratifs traditionnels au profit d'une fausse autobiographie, où le sang devient la métaphore d'un amour total, et qualifie la démarche de courageuse.
L'œuvre de Teodorani a fait l'objet de travaux universitaires hors d'Italie. En Allemagne, Stefanie Rubenis lui consacre une part d'une monographie publiée chez Peter Lang, portant sur la violence exercée sur le corps féminin dans l'écriture noire au féminin, aux côtés de Laura Pugno et Isabella Santacroce. En Pologne, Agnieszka Domaradzka l'analyse dans une étude sur les nuances du nouveau noir italien publiée par l'université Adam-Mickiewicz de Poznań.
En Espagne, Yolanda Romano Martín l'inclut dans une communication consacrée aux figures féminines criminelles du noir italien, présentée à Séville en 2015. En Italie, une contribution de Giulio Ciancamerla, intitulée « Alda Teodorani, la terroriste des genres », figure dans les actes du 22e congrès international de la MOD tenu en 2021.
La nouvelle E Roma piange, parue dans Gioventù cannibale, met en scène un homme âgé qui engage un tueur à gages chargé d'éliminer les étrangers de son quartier.
Le texte a suscité des accusations au sein même du collectif : dans un entretien, l'autrice rapporte que ses compagnons d'anthologie parlaient très mal d'elle et de son récit, qu'ils qualifiaient de fasciste, et ajoute que, d'un certain point de vue, ils avaient probablement raison.
Teodorani porte par ailleurs un jugement sévère sur l'anthologie elle-même, qu'elle décrit comme une farce préméditée dont le seul mérite fut de lui faire rencontrer certains de ses lecteurs fidèles ; elle relève également que son nom et celui de Matteo Curtoni furent les seuls à ne pas figurer en couverture, remarque qu'elle attribue à Valerio Evangelisti.
Plusieurs commentateurs estiment que la carrière de Teodorani n'a pas suscité dans le paysage littéraire italien l'attention qu'elle aurait méritée, l'autrice recueillant parfois davantage d'adhésion à l'étranger que dans son pays d'origine. Valerio Evangelisti, qui n'a jamais caché son estime pour l'écrivaine, attribuait ces difficultés au courage avec lequel elle aborde des thématiques scabreuses traditionnellement jugées inadaptées à une femme.