| Naissance | |
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| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise (depuis le ), Grave of Mecili |
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| Activités | |
| Conjoint |
Annie Mécili |
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| Personne liée |
Abdelmalek Amellou (d) (meurtrier présumé) |
Ali André Mécili (en kabyle : Σli Andri Mesili), né en 1940 à Koléa en Algérie et mort assassiné à Paris le , est un homme politique algérien et citoyen français.
Tôt engagé dans la guerre de libération algérienne, il fut l'un des responsables des services de renseignement de l'ALN. Après l'indépendance, il participa à la création du Front des forces socialistes et à son action en faveur du pluralisme politique en Algérie. Emprisonné, puis émigré en France, il y devint avocat et reprit une activité politique aux côtés de Hocine Aït Ahmed. Attaché à rapprocher les différents courants de l'opposition algérienne, il occupait entre ceux-ci, au moment de sa mort, une position charnière.
Son assassinat constitue le point de départ de l'affaire Mécili, où l'enlisement prolongé de l'enquête a été dénoncé par ses proches et certains journalistes comme l'effet d'une collusion des raisons d'État algérienne et française. L'affaire a connu un rebondissement avec l'arrestation le de Mohamed Ziane Hasseni, responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères et soupçonné d'avoir été l'organisateur du meurtre. Le diplomate a obtenu un non-lieu le . L'instruction dans son ensemble s'est conclue par un non-lieu prononcé le et confirmé en appel le .
André Mécili naît à la fin de 1940 de parents kabyles établis à Koléa, dans le Sahel algérois. Son père, originaire de Djemâa Saharidj, est garde-champêtre, sa mère postière. Ils ont pris, par naturalisation, la nationalité française : lui-même la reçoit de naissance, par filiation.
Ses études conduisent le garçon du collège de Boufarik au lycée de Ben Aknoun, où il rejoint la cellule du FLN. La petite ferme acquise par ses parents à Chaïba est un refuge pour les maquisards et le jeune Mécili est rapidement impliqué dans des tâches de liaison et de pourvoyeur de caches. Pour ses camarades, il choisit de se prénommer Ali.
La fin de l'année 1960 est marquée dans les principales villes d'Algérie par de grandes manifestations populaires de soutien au FLN. À Alger, Ali Mécili et ses camarades lycéens participent au service d'ordre et assurent les relations avec la presse française. À la même époque, les vingt ans du jeune homme lui valent d'être appelé sous les drapeaux pour faire ses classes : il déserte l'armée française et fuit le territoire pour rejoindre, via Marseille et l'Italie, les troupes algériennes basées en Tunisie.
À Tunis, c'est le Ministère de l'Armement et des Liaisons générales (MALG), le service de renseignement de l'Armée de libération nationale, qui détient la haute main sur le filtrage et l'aiguillage des nouvelles recrues. Mécili y est incorporé d'office et rapidement transféré vers la Base Didouche, dans les environs de Tripoli. Quelques semaines plus tard, il est porté avec le grade de lieutenant à la tête de l'une des deux sections de la base, chargée des activités d'espionnage à l'étranger.
En dépit de cette rapide prise de responsabilités, le bilan qu'André Mécili tire de son expérience est sombre : « [...] j'ai connu les poux et les punaises, la saleté, l'hypocrisie, la bassesse humaine, les exécutions sommaires de ceux qui n'ont rien fait de mal et qui ne pourront plus rien faire. J'ai connu la honte, la peur, l'épuisement, le défaitisme, en d'autres termes, j'ai connu l'homme, à nu [...] ».
À l'été 1962, l'indépendance acquise, les effectifs du MALG sont envoyés sur Alger pour y soutenir l'alliance formée par le Bureau politique et le groupe de Tlemcen contre celui de Tizi Ouzou. Les camions contournent les wilayas II et III, hostiles, pour rejoindre la capitale par l'ouest. À proximité d'Orléansville (aujourd'hui Chlef), Mécili s'échappe du convoi. Il prend contact avec les officiers de sa région, la wilaya IV, qu'il avertit des risques de transformation du MALG en police politique.
Autour de l'ancienne « zone autonome d'Alger », des mouvements d'étudiants, de syndicalistes, de femmes et de jeunes s'organisent pour tenter de maintenir la paix civile face à l'affrontement des alliances politico-militaires rivales. Avec eux, Ali Mécili s'investit dans les manifestations de masse qui proclament à l'adresse des chefs du FLN : « Sept ans, ça suffit ! » À l'automne 1962, il prend contact avec Hocine Aït Ahmed qui, de la tribune de l'Assemblée constituante, cherche à préserver les possibilités d'un débat politique pacifique et ouvert.
En septembre 1963, les deux hommes se retrouvent pour la création du Front des forces socialistes (FFS). Mécili prend en charge l'impression et la diffusion de la propagande du nouveau parti. Très proche des milieux étudiants, il y impulse la constitution d'un courant favorable à la démocratie et à l'autonomie syndicale, face à la direction FLN de l'Union nationale des étudiants algériens (UNEA). Son activité d'organisation porte aussi sur l'action du FFS en faveur d'un mouvement syndical libre et du combat des femmes pour leur émancipation.
Parallèlement, André Mécili réintègre les services secrets, devenus entretemps Sécurité militaire (SM). Lorsqu'en réponse à l'assaut de l'armée le FFS soulève la Kabylie, sa position lui permet de « désinformer » le pouvoir sur l'état du mouvement, tout en fournissant à son parti des données précieuses sur les projets répressifs qui le visent. Ses fonctions officielles le conduisent par ailleurs à La Havane, pour le cinquième anniversaire de la révolution cubaine : c'est pour lui l'occasion de discuter avec Fidel Castro et Che Guevara. Il apprécie la fraternité du peuple cubain et relève les efforts faits par les dirigeants en faveur des campesinos.
Le , un an après le début de l'insurrection du FFS, Aït Ahmed et Mécili sont arrêtés ensemble en Kabylie, au cours d'une de leurs rencontres clandestines. Ali Mécili est sauvé de l'exécution par la volonté de négociation d'Ahmed Ben Bella et l'attentisme des services face aux difficultés du régime. Transféré à la prison militaire d'Oran, il est libéré le , peu après le coup d'État de Houari Boumédiène.
Début 1966, c'est l'exil en France où le FFS cherche à se réorganiser autour de l'émigration. Arrivé à Marseille en avril 1967, Mécili relance, coordonne et dirige jusqu'au début de 1968 les activités de son parti dans tout le sud du pays. S'élevant contre la tendance à toujours repousser « une démocratisation rendue impossible par les circonstances exceptionnelles que nous sommes censés traverser », il cherche au contraire, par la mise en place de djemaas élues, à appliquer la formule selon laquelle « la démocratie d'aujourd'hui est également la garantie de la démocratie de demain. »
André Mécili prend alors ses distances à l'égard d'une forme de militantisme qu'il estime inadaptée au contexte du moment : en l'absence de débouchés politiques en Algérie, l'activité partisane lui paraît tourner à l'agitation en vase clos. En 1969, à vingt-neuf ans, il entreprend des études de droit et de sciences politiques à Aix-en-Provence. Il les y poursuivra jusqu'à leur terme.
En 1973, ses examens obtenus et son stage d'avocat effectué, Maître Mécili s'installe à Paris. Son cabinet devient un lieu d'accueil non seulement pour les travailleurs immigrés d'Algérie, mais aussi pour les exilés de toute appartenance nationale ou politique.
À partir de 1975, Ali Mécili reprend une activité politique et s'attache à mobiliser les opposants algériens autour des problèmes de droits de l'homme. Ne s'en dissocie pas, pour lui, celui des droits culturels et en particulier du droit à l'existence de la langue et de la culture berbères. En 1978, il fonde à Paris, avec le soutien financier du FFS, une coopérative, Tiwizi, qui se donne pour objet l'édition et la diffusion de publications en langue berbère.
La formation politique est une autre des priorités de Mécili : en 1978 et 1979, il organise et anime plusieurs stages pour de jeunes militants venus principalement de Kabylie. Le séminaire qu'il encadre en aboutit à la publication d'un « avant-projet de plate-forme politique », document de synthèse qui défend, face aux « fictions socialistes » entretenues par le « colonialisme intérieur », la « voie libératrice » d'un socialisme fondé sur « l'autonomie personnelle, locale et régionale ». Beaucoup des participants de ces sessions se retrouveront en 1980 parmi les animateurs du printemps berbère.
André Mécili utilise les contacts tissés au fil des ans pour travailler au rapprochement des différents courants de l'opposition algérienne. Il est le principal artisan de l'accord de Londres, conclu le entre le Mouvement pour la Démocratie en Algérie (MDA) d'Ahmed Ben Bella et le FFS d'Hocine Aït Ahmed. C'est encore lui qui, en août 1986, lance le journal Libre Algérie, auquel collaboreront des militants des deux partis. En octobre, l'avocat combat avec succès, en alertant l'opinion publique, la tentative d'expulsion de treize militants benbellistes. Il tente également d'obtenir, au nom de la liberté de la presse, le report des mesures d'interdiction prises en et mars 1987 contre les revues successives du MDA. C'est au cours d'une réunion du MDA, le à Paris, qu'il intervient en public pour la dernière fois.
La question du terrorisme est encore un domaine où Mécili s'oppose au pouvoir algérien. Lui-même a mis, depuis fin 1985, ses relations et ses talents de médiateur au service de la libération des otages français du Liban. Et il n'a de cesse de dénoncer l'ambiguïté du rôle de l'Algérie vis-à-vis des mouvements terroristes, allant jusqu'à déclarer sur FR3, le : « Quand on est terroriste à l'égard de son peuple, il n'y a qu'un pas à franchir pour l'être aussi sur le plan international [...] »
Quelques années auparavant, se sachant personnellement menacé, il a écrit dans un texte qui sera trouvé après sa mort : « Lorsqu'on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n'aura jamais cessé de hanter mon esprit. [...] Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l'Algérie. [...] Je meurs seul, dans un pays d'indifférence et de racisme. [...] Je meurs pour avoir vu mourir l'Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu baillonner l'un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l'existence. »
Le , Ali André Mécili est assassiné à l'entrée de son immeuble parisien. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (75e division).
(Versions ou publications en ligne vérifiées le 22/12/2008.)