
Anagyre est le nom donné à un objet paradoxal qui, lancé dans le sens « naturel » de rotation tourne rapidement, alors que lancé dans le sens opposé, il s'arrête après quelques instants en vibrant, pour repartir dans le sens contraire et « naturel » de rotation,.
Les anagyres sont aussi appelées « pierres celtiques », parce que les Celtes auraient trouvé des galets « magiques » qui tournaient dans un sens mais pas dans l'autre.
Les archéologues ont découvert au XIXe siècle, sur des sites celtiques et égyptiens antiques, des pierres qui présentaient la particularité d'inverser leur sens de rotation dans une direction.
Les premières descriptions modernes de ces pierres ont été publiées en 1896, par Gilbert Walker, notamment dans son article On a curious dynamic property of celts.
D'autres études sur les anagyres antiques ont été publiées en 1909 et 1918, et plusieurs examens ont été réalisés dans les années 1950 et 1970. La fascination populaire pour ces objets s'est considérablement accrue depuis les années 1980, et pas moins de 28 découvertes ont été publiées.
Lorsque l'anagyre est lancée dans le sens « contraire », son énergie cinétique de rotation se convertit en l'énergie d'un mouvement oscillatoire du fait de la géométrie spécifique de l'objet, puis en énergie de rotation mais dans le sens opposé (sens naturel de rotation).
La forme d'un anagyre ressemble plus à une coque de bateau qu’à une toupie, mais comme un anagyre tourne sur un seul point, il peut être vu comme une toupie bizarre. Cependant, à la différence de la toupie, l'anagyre est un ellipsoïde asymétrique.
L’asymétrie se manifeste de façon plus ou moins visible dans la forme et/ou dans la masse de l’objet. L’inversion du sens de rotation a donc deux causes possibles différentes reliées à la conception de l'anagyre :

Certains anagyres combinent l’asymétrie de forme et de masse pour augmenter la rapidité de l’effet d’inversion du sens de rotation.
Certains anagyres n'ont pas de sens de rotation particulier et peuvent inverser leur sens de rotation une dizaine de fois.
Dans les deux cas, l’axe principal d’inertie autour duquel l’anagyre tourne est décalé d’environ 10° par rapport aux axes géométriques de l’ellipsoïde (symétrie apparente de l'objet).

Lorsqu'on lance l’anagyre dans le sens contraire :
Certains anagyres sont plus surprenants encore : quand ils tournent dans le « bon » sens, c’est l’oscillation autour de b qui devient instable et provoque un balancement autour de a, ce qui relance l’anagyre dans le « mauvais » sens, et le cycle recommence.