Anna Neizvestnova (en russe : Анна Неизвестнова) est une artiste plasticienne russe installée en France. Son travail associe notamment texte, image, archives et photographie et aborde les thèmes de la mémoire, du langage et de la violence politique,.
Anna Neizvestnova est diplômée de l'Université d'État des arts graphiques et de l'imprimerie de Moscou en 2003.
En 2011, elle bénéficie d'une bourse du programme UNESCO-Aschberg pour une résidence au Sanskriti Kendra, à New Delhi,.
En 2013, elle effectue une résidence au Vermont Studio Center avec le soutien du Trust for Mutual Understanding. La même année, elle présente au centre culturel Polymer, à Tallinn, l'installation vidéo Vene apokalüpsis (« L'Apocalypse russe »), consacrée aux poursuites visant des artistes en Russie,.
En 2015, elle présente des installations en papier à la Rangdarshani Gallery du Bharat Bhavan, à Bhopal, avec l'artiste indien Jaiprakash Chauhan.
En 2016, elle participe au projet artistique international LimeStoneStories au Museumspark Rüdersdorf et au Salon am Moritzplatz, à Berlin. Le catalogue du projet présente ses installations en béton Verdrängung et Inorganic Memory II.
En 2018, son œuvre Memory Illusion entre dans la collection Imago Mundi,.
À partir de 2021, elle présente le projet Shadows of Socialist Realism, fondé sur des photographies d'archives du premier congrès des écrivains soviétiques de 1934. Le projet est exposé à Moscou et au Memento Park de Budapest, puis en Normandie en 2023,,.
En 2023, elle effectue deux résidences artistiques en France. Accueillie par 2Angles à Flers, elle développe un projet à partir de photographies d'habitants de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale. À Châteauneuf-sur-Charente, elle participe à Brazza Art Residency et présente un projet fondé sur des témoignages et des projections d'ombres.
En 2024, l'exposition Portraits de l'époque de la dictature est présentée à Paris par l'association Russie-Libertés. Elle est reprise en 2026 à la bibliothèque universitaire de Rennes 2,.
Un essai critique publié par l'Université Rennes 2 souligne la place du rapport entre texte et image dans le travail de Neizvestnova ainsi que son usage du papier comme médium. L'historienne de l'art Viola Hildebrand-Schat décrit l'exploration de ce qui est « invisible, mais néanmoins présent » comme une caractéristique centrale de son œuvre.
Dans Portraits de l'époque de la dictature, Neizvestnova associe portraits photographiques et témoignages recueillis auprès de personnes vivant en Russie. Les visages y sont partiellement dissimulés. Les témoignages portent notamment sur la peur, l'autocensure et la responsabilité individuelle dans le contexte politique russe contemporain,.
Shadows of Socialist Realism prend pour point de départ les portraits photographiques des participants au premier congrès des écrivains soviétiques, en 1934. Neizvestnova agrandit et transpose des fragments de visages en dessins monochromes, faisant disparaître l'identité immédiate des personnes représentées.