
Annwvyn, ou Annwfn, parfois Annwn, (prononcé : /ˈanʊn/), dans la mythologie celtique galloise, désigne l’Autre Monde des Celtes. Selon les textes, il est dirigé par Arawn, ou par Gwyn ap Nudd.
Des sources du moyen gallois suggèrent que le terme était reconnu comme signifiant « très profond » à l'époque médiévale. L'apparition d'une forme « antumnos » sur une ancienne tablette de malédiction gauloise, qui signifie « an » (« autre ») + « tumnos » (« monde »), suggère cependant que le terme original pourrait avoir été *ande-dubnos, un mot gallo-britannique courant qui signifiait littéralement « monde souterrain ».
Ce mot est passé en breton continental sous la forme « Anaon », désignant l'ensemble des âmes des défunts et le lieu où elles se retrouvent. En breton, la Baie des Trépassés se dit « Bae an Anaon ».
Selon certaines versions de la légende, il se situe très à l’ouest, si loin que Manawyddan Fab Llyr ne l’a pas trouvé et que l’on ne peut l’atteindre que par la mort. D’autres sources allèguent que l’entrée se situe sur l’île Lundy dans l’estuaire de la Severn ou, un peu plus au sud, vers Glastonbury, par ailleurs haut-lieu de la légende arthurienne.
C'est un monde de délices et de jeunesse éternelle où la maladie est absente et la nourriture toujours abondante,. C’est l’équivalent du Sidh de la tradition irlandaise.
On y trouve Caer Sidi (en) (« Forteresse Tournante »), abritant le Chaudron d'Annwn, la « Chaise » de Taliesin, et où Gweir fut emprisonné,. Ce lieu s'appelle aussi :

Il est notamment question de l’Annwn dans la première des quatre branches des Mabinogion, ensemble de contes gallois : Pwyll, prince de Dyved (en). Après une dispute de chasse, Arawn, roi de l’Autre Monde et le prince Pwyll échangent leurs situations pour une durée d'un an. Pendant cette durée, le prince tue Havgan (en), ennemi du roi et s'abstient de coucher avec la reine, gagnant ainsi la gratitude et l'amitié éternelle d'Arawn. À son retour, Pwyll est connu sous le titre de Penn Annwn, « Chef (ou Souverain) d'Annwn ». C’est le mythe fondateur de la dynastie des princes de Dyved.
Dans la quatrième branche, Math fils de Mathonwy (en), Arawn est mentionné mais n'apparaît pas. Il est révélé qu'il a envoyé un cadeau de cochons d'un autre monde au fils et successeur de Pwyll, Pryderi, ce qui conduit finalement à la guerre entre Dyfed et Gwynedd.
Dans le Livre de Taliesin, le texte poétique Preiddeu Annwfn (en) narre le voyage du roi Arthur et de ses chevaliers traversant les nombreux royaumes l’Annwvyn. Le but de l'expédition est de secourir le prisonnier Gweir. Il est aussi de rechercher un chaudron magique, possession de neuf magiciennes (thème celtique que l’on retrouve notamment dans les Gallisenae de l’île de Sein). Le narrateur du poème est peut-être Taliesin lui-même. Un vers peut être interprété comme suggérant qu'il a reçu son don de poésie ou de parole d'un chaudron magique, comme le fait Taliesin dans d'autres textes, et le nom de Taliesin est lié à une histoire similaire dans une autre œuvre. Le narrateur raconte comment il a voyagé avec Arthur et trois bateaux chargés d'hommes jusqu'à Annwfn, mais que seuls sept en sont revenus. Annwfn est apparemment désignée par plusieurs noms, dont « Forteresse du Tumulus », « Forteresse aux Quatre Pics » et « Forteresse de Verre », bien qu'il soit possible que le poète ait voulu qu'il s'agisse de lieux distincts. Dans l'enceinte du Fort du Tertre, Gweir (ou Gwair), l'un des « Trois Exaltés Prisonniers de Bretagne » connus des Triades galloises, est enchaîné. Le narrateur décrit ensuite le chaudron du Chef d'Annwn : il est orné de perles et ne peut cuire la nourriture d'un lâche. La tragédie qui les a tous tués, sauf sept, n'est pas clairement expliquée. Le poème se poursuit par une fustigation des « petits hommes » et des moines, dépourvus des diverses formes de savoir que possède le poète.
Le poème épique mythologique Cad Goddeu (en) décrit une bataille entre Gwynedd et les forces d'Annwn, menées à nouveau par Arawn. Il est révélé qu'Amaethon, neveu de Math, roi de Gwynedd, vola une chienne, un vanneau et un chevreuil à l'Autre Monde, déclenchant une guerre entre les deux peuples. Les habitants d'Annwn sont dépeints comme des créatures étranges et infernales ; parmi elles, une bête aux cent têtes, portant une armée sous la racine de sa langue et une autre sous son cou, un crapaud à la gorge noire et aux cent griffes, et un serpent strié et tacheté, aux mille âmes torturées par leurs péchés dans les entrailles de sa chair. Gwydion, héros et magicien vénédotien, vainquit l'armée d'Arawn, d'abord en enchantant les arbres pour qu'ils se lèvent et combattent, puis en devinant le nom du héros ennemi, Bran, remportant ainsi la bataille.
Au fil du temps, le rôle de roi d'Annwn fut transféré à Gwyn ap Nudd, chasseur et psychopompe, qui était peut-être la personnification galloise de l'hiver. La Vita Collen chrétienne raconte comment saint Collen (en) vainquit Gwyn et sa cour surnaturelle de Glastonbury Tor grâce à l'eau bénite.
Dans Culhwch et Olwen, un ancien conte arthurien gallois, il est dit que Dieu donna à Gwyn ap Nudd le contrôle des démons de peur que « ce monde ne soit détruit ». La tradition raconte que Gwyn menait ses chasseurs spectraux, les Cŵn Annwn (en) (« Chiens d'Annwn »), à la poursuite des âmes mortelles. La thèse de doctorat d'Angelika Rüdiger, « Y Tylwyth Teg : une analyse d'un motif littéraire » est une étude détaillée des personnages surnaturels liés à Annwn (y compris Gwyn ap Nudd), couvrant une période allant des premières sources aux XIXe siècle et XXe siècle.