Antoine de Cousu [Du Cousu] est un ecclésiastique, maître de chapelle, compositeur et théoricien français, actif en Picardie dans la première moitié du XVIIe siècle.
Il est né à Amiens au début du XVIIe siècle. La première mention qu’on a de lui concerne un poste de chantre à la Sainte-Chapelle de Paris, en 1632. Cousu est ensuite maître de chapelle à Noyon.
En , Mersenne le dit maître de la musique de la collégiale de Saint-Quentin, et en 1636 le cite deux fois comme chanoine de cette même église.
On connait deux actes notariés le concernant à Saint-Quentin : le il est témoin au contrat de mariage de Milan de Chauvenet avec Catherine Le Sergent ; il l’est aussi le au mariage de Georges de Chauvenet avec Marie Le Sergent. Il meurt à Saint-Quentin le et est enterré dans la (chapelle Saint-Nicolas (aujourd’hui chapelle Saint-Roch) de la collégiale de Saint-Quentin.
Cousu est plus connu comme théoricien que comme compositeur, ayant laissé un important traité de musique et une seule fantaisie à quatre parties.
Vers 1633, Cousu a publié un Système royal, dédié à Louis XIII, probablement une méthode simple de solfège qui semble lui avoir valu une certaine notoriété, et peut-être son canonicat à Saint-Quentin. C’est ce que laisse entendre Annibal Gantez en 1643 : « ou pour Monsieur Du Cousu, qui a plus attrapé du roy avec une gamme ou un main qu’il luy a présentée, que je n’ay su faire avec mes deux pieds en parcourant tout le royaume, puisqu’il est chanoine de Saint-Quentin... ». Cet ouvrage est perdu.

Cette pièce à quatre parties est publiée en parties séparées dans l’Harmonie universelle de Marin Mersenne, aux p. 199-204 (en fait p. 299-304) du Cinquiesme livre de la composition de musique ; il y souligne le grand savoir-faire du compositeur et la parfaite correction de l’écriture. La fantaisie est republiée par Athanasius Kircher en 1650 dans sa Musurgia universalis (livre VII, p. 627-634), cette fois en partition. Kircher souligne également l’originalité et la valeur de cette pièce.
Les deux mentions que Mersenne fait de Cousu en 1636 révèlent qu’il travaillait déjà à cette époque à un important traité de musique. Ce traité a été publié plus de vingt ans plus tard, en 1658 par Robert III Ballard, mais la mort de l’auteur est venue interrompre sa publication.
La Musique universelle, contenant toute la pratique, et toute la théorie. Paris : Robert III Ballard, vers 1657-1658. 2°, 208 p. RISM B-VI p. 241, Guillo 2003 n° 1658-F. Bruxelles BR : Fétis 5357 C RP. Prov. Sébastien de Brossard, avec au début une note historique de François-Joseph Fétis. Paris Maz. : Rés D 4727. Prov. Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Les deux seuls exemplaires connus ne contiennent que les pages 1–208, c'est-à-dire les livres I et II complets, et les premiers chapitres du livre III. Numérisé sur IMSLP
L’ouvrage de Cousu contient une présentation systématique des principes et des règles de la musique (comme Mersenne l’avait fait en 1636), de sa notation et du contrepoint. On considère que le travail est honnête et approfondi, sans toutefois contenir aucune idée foncièrement nouvelle pour l’époque. Mais il est un des premiers théoriciens à mettre au même niveau la théorie et la pratique : « La pratique estant jointe à la théorie, ou la Théorie à la Pratique, vallent beaucoup mieux, que quand elles sont séparées ».
Toutefois, Cousu s’attache encore, curieusement, à expliquer les anciens signes de mensurations et de ligatures, alors que leur usage tombait déjà en désuétude (ce qui appuie l’hypothèse que le traité avait été composé quelques dizaines d’années auparavant). Ceci ressort aussi d’une lettre de Mersenne à Giovanni Battista Doni, qui cite Cousu et ses travaux en 1635 : « Nous avons aussi un jeune homme, maistre de la musique de S. Quentin, qui a faict un traicté fort ample des signes et diverses valeurs des mesures. Mais quoyqu'il soit peut-estre le plus habile homme de France entre les praticiens pour la musique théorique, on trouve cela si long et si inutile qu'on ne veut pas l'imprimer. Car l'on n'use plus maintenant dans tous les airs que du binaire et du ternaire, et il veut montrer que tous les aultres musiciens ne sçavent rien et qu'ilz commettent mille abus aux signes et cercles etc., au lieu que nous desirons tous icy, comme vous, qu'on nous delivre de ce fardeau et embarraz de poinctz, demy poictz, diminutions etc. [...] je vous donneray advis du livre de nostre musicien s'il l'imprime ».