Une application f est dite injective ou est une injection si chaque élément de son ensemble d'arrivée a au plus un antécédent par f, ce qui revient à dire que deux éléments distincts de son ensemble de départ ne peuvent pas avoir la même image par f.
Lorsque les ensembles de départ et d'arrivée de f sont tous les deux égaux à la droite réelle ℝ, f est injective si et seulement si son graphe intersecte toute droite horizontale en au plus un point.
Si une application injective est aussi surjective, elle est dite bijective.

Une application est injective si pour tout , il existe au plus un tel que , ce qui s'écrit :
L'implication précédente équivaut à sa contraposée :
On prend le cas d'une station de vacances où un groupe de touristes doit être logé dans un hôtel. Chaque façon de répartir ces touristes dans les chambres de l'hôtel peut être représentée par une application de l'ensemble des touristes, X, vers l'ensemble des chambres, Y (à chaque touriste est associée une chambre).

La situation est nettement différente dans le cas d'un ensemble infini, ce qu'illustre bien l'hôtel de Hilbert.
On considère l'application définie par . Cette application est injective (et même bijective), puisque pour tous nombres réels arbitraires et , si alors , soit .
En revanche, l'application définie par n'est pas injective, parce que (par exemple) .
D'autre part, si on définit l'application par la même relation que , mais avec l'ensemble de définition restreint à l'ensemble des réels positifs, alors l'application est injective. Une explication est que, pour des réels positifs arbitraires donnés et , si , alors , ainsi .
Une application avec non-vide est injective (si et) seulement s'il existe une application telle que soit égale à l'application identité sur c.-à-d. est inversible à gauche. L'application est appelé rétraction et est surjective.
Par conséquent, est injective si (et seulement si) elle est simplifiable à gauche, c.-à-d. que pour toutes applications , entraîne . En d'autres termes, les applications injectives sont précisément les monomorphismes de la catégorie des ensembles.
De plus, toute application peut être décomposée comme pour une injection et une surjection convenables. Cette décomposition est unique à un unique isomorphisme près, et peut être choisie égale à l'injection canonique, de l'image de , dans l'ensemble d'arrivée de .
Pour toute application de dans :
Soit une application de dans . Les quatre propriétés suivantes sont équivalentes :
Un morphisme d'un groupe X dans un groupe Y est injectif si et seulement si son noyau est réduit au sous-groupe trivial du groupe X.
Si est injective, alors a au moins autant d'éléments que , au sens des cardinaux. La relation « il existe une injection de l'ensemble dans l'ensemble » est un « préordre » (au sens large, c.-à-d. sur une classe propre : celle de tous les ensembles), qui induit un « ordre » sur la classe des cardinaux. La réflexivité et la transitivité vient des propriétés des injections (voir supra), et l'antisymétrie est l'objet du théorème de Cantor-Bernstein.
Par ailleurs, le théorème de comparabilité cardinale (conséquence du lemme de Zorn) affirme que pour deux ensembles et , il existe une injection dans au moins un sens, ce qui rend l’ordre des cardinaux total.
Le terme « injection » a été créé par MacLane en 1950 tandis que l'adjectif « injectif » apparaît deux ans plus tard, en 1952, dans les Foundations of Algebraic Topology d'Eilenberg et Steenrod.