Aproz

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Aproz
Aproz
Le village d'Aproz.
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Valais
District Conthey et Sion
Commune Nendaz et Sion
Démographie
Gentilé Aprozien
Population
permanente
1 923 hab. (2025)
Géographie
Coordonnées 46° 12′ 23″ nord, 7° 18′ 55″ est
Altitude 492 m
Divers
Langue français
Localisation
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Aproz
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Aproz

Aproz est une localité suisse située à cheval sur le territoire de la commune valaisanne de Nendaz et de celle de Sion.

Située en plaine, sur la rive gauche du Rhône, Aproz accueille notamment chaque année la finale nationale des combats de reines (de la race d'Hérens). On trouve également sur le territoire de la localité une usine d'eau minérale, qui commercialise l'eau de marque Aproz, vendue à la Migros.

Toponymie

La première mention écrite du lieu-dit - Aspro - remonte au 11ème siècle; elle est le fait des chanoines du Chapitre de Sion, désignant alors des prés inféodés et consignés dans le registre des terres sujettes à taxe et redevance.

Le nom du lieu vient du latin asperum (âpre, rude, rugueux) qualifiant un terrain caillouteux ou rocailleux, ce qui correspond bien à ce que devait être à cette époque le dépotoir du torrent (La Printse) à l'embouchure du Rhône.

Le z final ne sert qu'à marquer le paroxytonisme et ne devrait pas être prononcé.

Histoire

Il y a mille ans, les îles, les prés humides et les marais au lieu-dit "Aproz" étaient activement exploités comme pâturages communs, et déjà fort convoités. La présence sur ces terres de quelques habitants est avérée dès le 14ème siècle. Longtemps, la région fut dominée et menacée par le Rhône vagabondant librement dans la plaine, et par une rivière nourricière mais tumultueuse, la Printse. Le hameau ne devint village que vers le milieu du 19ème siècle.

Les travaux d'endiguement du fleuve (initiés en 1864) et de la Printse (dans les années 1930-1940) permirent une mise en valeur agricole des terres. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'élevage et l'agriculture de subsistance firent place à l'introduction de cultures de rente dont l'asperge, l'abricot et la fraise. Aproz fut d'ailleurs célébré comme "capitale valaisanne" de la fraise dans les années 1980-1990.

Au fil du temps, divers autres secteurs d'activités connurent une importance particulière :

1) exploitation de la mine d'anthracite (1840-1915) et de pyrite (1941-1945).

2) exploitation de la carrière de tuf, située dans la forêt au-dessus du village, dès le 16ème siècle (notamment par le maître architecte Ulrich Ruffiner) pour la construction ou la transformation de plusieurs bâtiments religieux emblématiques du Valais comme l'église Saint Théodule de Sion, la Cathédrale Notre-Dame de Sion, ou l'église Saint Germain de Savièse.

3) commerce de transit. Jusqu'à la construction de la route carrossable entre Sion et la val de Nendaz (initiée en 1908), Aproz joua un rôle central de plaque tournante pour l'approvisionnement, les communications et les mouvements de population du val de Nendaz. Le village était le point de convergence des principaux chemins et sentiers de la commune. Il était le point de rupture de charge et de transbordement des gens et des marchandises à destination du haut du val. En plaine jusqu'au village, le transport était assuré par des voituriers avec leurs chars attelés. De là, c'était l'affaire des porteurs et des muletiers.

Population et société

Gentilé et surnom

Les habitants du village se nomment les Aproziens.

Ils sont surnommés les Renoilles, soit les grenouilles en patois valaisan, la localité se trouvant le long du Rhône. En effet, jusqu'à l'endiguement du fleuve, la région était à proximité immédiate de prés humides et de marais peuplés de nombreux batraciens. Autrefois donné par plaisanterie ou dérision, ce surnom est aujourd'hui adopté par tous, avec fierté et sourire: il orne par exemple l'étendard de la crèche-nurserie du village.

Démographie

annéePopulation d'Aproz,
1356 16
1798 26
1829 29
1870 92
1900 100
1910 181
1950 350
1980 486
1990 564
2000643
2010700
2015995 (dont 212 sur Aproz/Sion)
2020 1499 (dont 514 sur Aproz/Sion)
2025 1923 (dont 548 sur Aproz/Sion)

La présence d'habitants au lieu-dit Aproz est relatée pour la première fois en 1356: on y dénombrait 4 ménages.

En 1798, il y avait 6 ménages établis dans le hameau.

Le premier recensement officiel du village (en 1829) releva la présence de 8 ménages.

Ce n'est qu'avec les travaux pharaoniques d'endiguement du Rhône (initiés en 1864) que le potentiel agricole du terroir put être mis en valeur, entraînant le développement démographique et économique du village.

Depuis l'an 2000, la croissance démographique de la localité a été galopante. Ce phénomène a été amplifié par l'attractivité et la proximité des pôles économiques de Sion et Conthey. La population s'était accrue de 60% en quarante ans, entre 1960 et l'an 2000; elle a triplé au cours des vingt-cinq dernières années.

Le village d'Aproz/Nendaz comptait 4.5% de la population totale de la commune en 1870 et 9.4% en 1950. En 2025, ce pourcentage atteint 19.2% : Aproz est désormais le deuxième village le plus peuplé de la commune de Nendaz.

A noter qu'en 2005, la ville de Sion a décidé un remembrement urbain d'une partie de ses terres à Aproz (Le Carolet, 13 hectares) pour permettre la création d'un nouveau quartier d'habitation. De quelques familles résidentes dans les années 2000, la population d'Aproz/Sion a passé à 212 habitants en 2015 et 548 en 2025.

Personnalités liées à la localité

Bâtiments / Édifices

L'église

Pendant des siècles, le centre religieux du val de Nendaz se situait à l'église de Basse-Nendaz. La messe dominicale et toutes les fêtes et cérémonies imposaient de longs et fréquents déplacements pour les habitants de la plaine; près de deux heures de marche sur un chemin muletier caillouteux et escarpé. L'inauguration de la chapelle de l'Ecole d'agriculture de Châteauneuf dans les années 1920 donna la possibilité aux Aproziens de s'y rendre pour la messe dominicale. Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, ce service religieux fut transféré dans un baraquement désaffecté de la mine de pyrite, près des gorges de la Printse. Durant toute cette période, toutes les cérémonies importantes, des baptêmes aux ensevelissements, continuèrent de se dérouler à Basse-Nendaz.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, grâce à la générosité de quelques familles, un terrain fut gracieusement mis à disposition dans le village pour la construction d'une chapelle et le financement des cloches fut assuré. Dans un élan communautaire spectaculaire, le village se mobilisa dès 1945 pour rapidement engager les travaux. Dédiée à Saint Nicolas de Flüe, la chapelle fut bénie et inaugurée en mai 1948; elle fut consacrée comme église cinq ans plus tard par l'évêque du diocèse.

Le pont du Rhône

Un pont permet de relier Aproz, en rive gauche du Rhône, à Conthey et Sion, en rive droite. Son histoire est ancienne et tumultueuse.

La première trace écrite relate en effet sa destruction en 1301 par les troupes de l'évêque de Sion, en conflit avec le comte de Savoie. Il fut ensuite reconstruit mais continua d'être régulièrement emporté ou endommagé par l'action de l'homme ou les forces de la nature (hautes eaux du Rhône). L'existence du pont est attestée jusque vers les année 1590. Par la suite, l'usage d'un bateau ou d'un bac s'imposa pour passer d'une rive à l'autre du fleuve. Un nouveau chapitre s'écrivit 250 ans plus tard.

Vers 1845-1850, un pont temporaire en bois fut installé annuellement en hiver, durant l'étiage du fleuve, pour transporter jusqu'au dépôt de vente situé à Vétroz et au Pont-de-la-Morge, l'anthracite extrait de la mine dans les gorges de la Printse. Le pont était retiré avant les crues de printemps. Dans le cadre des travaux de la première correction du Rhône, un pont permanent en bois fut envisagé au cours des années 1865-1868, mais ces efforts furent mis en échec : chaque année, la structure fut emportée par les flots déchaînés du Rhône.

Décision fut alors prise de construire un pont métallique. Celui-ci fut inauguré en 1871; il mesurait 81 m. de long, 3 m. de large et se situait 3.6 m. au-dessus du fleuve. Il résista à de nombreuses crues du Rhône, et notamment à celle de juillet 1914 qui le submergea. Néanmoins il ne put résister à la crue extraordinaire de septembre 1948; le pont céda à ce nouvel assaut des flots.

Un nouveau pont en béton fut construit rapidement et en un temps record, en moins de six mois. Il fut rendu à la circulation dès le mois de juin 1949. C'est le pont que nous connaissons encore aujourd'hui.

L'usine électrique Stächelin

Située au fond du village, contre le mont, l'usine hydroélectrique de l'entrepreneur bâlois Gregor Stächelin, turbinait les eaux de la Printse inférieure. Elle fut inaugurée en août 1908. Un canal en béton de deux kilomètres, empruntant aussi un tunnel, fut construit depuis la prise d'eau à la Printse à Beuson, jusqu'à un château d'eau situé au lieu-dit les Crêtes à Basse-Nendaz. De là, les eaux étaient précipitées dans une conduite forcée longue de deux kilomètres, dans une chute de 475 m. pour faire tourner trois turbines. La capacité installée était de 6'600 CV, ce qui la plaçait au troisième rang des 13 centrales en fonction en Valais en 1908. Elle fut rachetée par les Usines électriques de la Lonza en 1924. Elle resta en opération jusqu'au début des années 1960. Aujourd'hui, le bâtiment historique abrite le centre opérationnel d'une compagnie régionale d'électricité et une sous-station électrique.

Références

  1. 1 2 3 4 Michel Mordasini, APROZ au fil du temps. Enjeux et défis d'hier à aujourd'hui, Aproz/Sion, M. Mordasini, autoédition, , 224 p. (ISBN 9-782839-938174, lire en ligne)
    1. 1 2 p. 151
  2. 1 2 Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 6
  3. ↑ Récits, contes et légende de Nendaz, Sierre, Édition à la Carte, , 184 p., p. 176-178
  4. ↑ M. Mordasini, APROZ terre de bonne espérance, 2026, p. 49.
  5. ↑ Nendaz Panorama n°110, mai 2012
  6. 1 2 3 4 5 6 Michel Mordasini, APROZ terre de bonne espérance, Aproz/Sion, Michel Mordasini (autoédition), , 196 p. (ISBN 9-782839-950237, lire en ligne)
  7. ↑ « L'extraordinaire histoire des fakirs valaisans », sur rts.ch, (consulté le )
  8. ↑ « Il avait tué et jeté son cousin au Rhône », sur Il avait tué et jeté son cousin au Rhône (consulté le )