| Directrice de recherche au CNRS |
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| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Arlette Simone Madeleine Eliet |
| Nationalité | |
| Formation |
École des hautes études en sciences Sociales, Paris |
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| A travaillé pour | |
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| Domaine |
Histoire sociale du XVIIIe siècle Identités populaires au XVIIIe siècle Histoire des femmes |
| Directeur de thèse | |
| Distinctions |
Arlette Farge, née Eliet le à Charleville, est une historienne française féministe spécialisée dans l’étude du XVIIIe siècle, directrice de recherche au CNRS, rattachée au centre de recherches historiques de l'EHESS.
Après des études de droit, elle part faire une thèse de doctorat aux États-Unis à Ithaca, où elle découvre le féminisme américain et les luttes pour les droits civiques. Sa thèse Le Vol d’aliments à Paris au XVIIIe siècle est publiée en , et elle se dédie à rendre l'histoire des populations pauvres de Paris au XVIIIe siècle visible en analysant les archives de la police judiciaire. De retour en France elle adhère au Mouvement de libération des femmes et est remarquée par Michel Foucault, avec lequel elle écrit Le Désordre des familles. Un de ses livres les plus connus, Le Goût de l'archive, est traduit en plusieurs langues.
S'intéressant à la transmission des savoirs historiques, elle participe à des émissions radios comme Les Lundis de l'Histoire et La Fabrique de l'histoire sur France Culture.
Elle reçoit en le prix Dan-David pour l'ensemble de son œuvre.
Arlette Farge naît en dans une famille modeste des Ardennes, arrivée à Charleville par les aléas de la guerre ; elle est issue d'une fratrie de trois enfants.
Sa famille ne la prédestine pas aux études, mais elle y parvient tout de même. Après le lycée Hélène-Boucher à Paris, elle fait des études de droit pour devenir juge des enfants, puis sur les conseils d'une de ses professeures, s'oriente vers l'histoire et passe un DEA d'histoire du droit et des institutions.
Elle poursuit ses études entre et à Ithaca à l'université Cornell aux États-Unis, où elle est le témoin des luttes des étudiants noirs et des Black Panther pour leurs droits civiques et du féminisme américain. C'est également le début des révoltes étudiantes de , une actualité qu'elle observe,.
Quand elle rentre en France, elle s'engage dans le Mouvement de libération des femmes (MLF).
Elle rencontre l'historien Robert Mandrou, disciple de Lucien Febvre, directeur d’étude à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et pionnier de l’histoire des mentalités. Il accepte de diriger sa thèse en histoire moderne et lui propose de travailler sur les archives de la police. Elle décide de s'intéresser à la petite délinquance, et plus particulièrement au vol d'aliments dans la société parisienne du XVIIIe siècle, menant des investigations dans les archives judiciaires de la Bastille pour documenter l'histoire des petites gens invisibles dans le cours de l'histoire jusque-là. Elle se spécialise alors dans l'étude des milieux les plus pauvres de la capitale.
En , elle publie sa thèse, intitulée Le Vol d’aliments à Paris au XVIIIe siècle.
Un de ses écrits publié en Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle est remarqué par Michel Foucault. Ils s'intéressent tous deux aux archives policières et judiciaires pour capter les voix historiques invisibilisées dans l'histoire. Cependant Foucault adopte une approche philosophique et transmet à Arlette Farge l'analyse des mécanismes du pouvoir. Ils publient ensemble en Le Désordre des familles, ouvrage qui s'intéresse aux lettres de cachets. Elle partage avec le philosophe une passion pour les archives, ce qu'elle décrit dans Le Goût de l’archive au Seuil en 1989, ouvrage qui la fait connaître d'un lectorat plus large.
Par la suite, ses recherches portent sur la rumeur et la parole. Elle publie en Dire et mal dire. L'Opinion publique au XVIIIe siècle, et en Cours ordinaire des choses dans la cité du XVIIIe siècle.
Elle s'intéresse à la transmission des savoirs historiques et écrit pour Le Matin de Paris et Libération.
Avec son équipe de recherche du « groupe d’histoire des femmes », elle travaille par la suite sur les thèmes des identités populaires au XVIIIe siècle, des relations hommes-femmes et de l’écriture de l’histoire,. Elle collabore sous la direction de Michelle Perrot et Georges Duby à un ouvrage, Histoire des femmes. Elle devient également directrice de recherches au CNRS.
Après avoir été productrice de l’émission Les Lundis de l'Histoire sur France Culture, elle collabore régulièrement à La Fabrique de l'histoire sur cette même antenne.