Arlette Farge

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Arlette Farge
Fonction
Directrice de recherche au CNRS
Biographie
Naissance
(85 ans)
Charleville, aujourd'hui Charleville-Mézières (France)
Nom de naissance
Arlette Simone Madeleine ElietVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
École des hautes études en sciences Sociales, Paris
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Histoire sociale du XVIIIe siècle
Identités populaires au XVIIIe siècle
Histoire des femmes
Directeur de thèse
Distinctions
Œuvres principales
La Vie fragile : violence, pouvoirs et solidarités à Paris au XVIIIe siècle (d), Dire et mal dire, l’opinion publique au XVIIIe siècle (d), Logiques de la foule : l’affaire des enlèvements d’enfants, Paris, 1750 (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Arlette Farge, née Eliet le à Charleville, est une historienne française féministe spécialisée dans l’étude du XVIIIe siècle, directrice de recherche au CNRS, rattachée au centre de recherches historiques de l'EHESS.

Après des études de droit, elle part faire une thèse de doctorat aux États-Unis à Ithaca, où elle découvre le féminisme américain et les luttes pour les droits civiques. Sa thèse Le Vol d’aliments à Paris au XVIIIe siècle est publiée en , et elle se dédie à rendre l'histoire des populations pauvres de Paris au XVIIIe siècle visible en analysant les archives de la police judiciaire. De retour en France elle adhère au Mouvement de libération des femmes et est remarquée par Michel Foucault, avec lequel elle écrit Le Désordre des familles. Un de ses livres les plus connus, Le Goût de l'archive, est traduit en plusieurs langues.

S'intéressant à la transmission des savoirs historiques, elle participe à des émissions radios comme Les Lundis de l'Histoire et La Fabrique de l'histoire sur France Culture.

Elle reçoit en le prix Dan-David pour l'ensemble de son œuvre.

Biographie

Jeunesse et formation

Arlette Farge naît en dans une famille modeste des Ardennes, arrivée à Charleville par les aléas de la guerre ; elle est issue d'une fratrie de trois enfants.

Sa famille ne la prédestine pas aux études, mais elle y parvient tout de même. Après le lycée Hélène-Boucher à Paris, elle fait des études de droit pour devenir juge des enfants, puis sur les conseils d'une de ses professeures, s'oriente vers l'histoire et passe un DEA d'histoire du droit et des institutions.

Elle poursuit ses études entre et à Ithaca à l'université Cornell aux États-Unis, où elle est le témoin des luttes des étudiants noirs et des Black Panther pour leurs droits civiques et du féminisme américain. C'est également le début des révoltes étudiantes de , une actualité qu'elle observe,.

Quand elle rentre en France, elle s'engage dans le Mouvement de libération des femmes (MLF).

Elle rencontre l'historien Robert Mandrou, disciple de Lucien Febvre, directeur d’étude à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et pionnier de l’histoire des mentalités. Il accepte de diriger sa thèse en histoire moderne et lui propose de travailler sur les archives de la police. Elle décide de s'intéresser à la petite délinquance, et plus particulièrement au vol d'aliments dans la société parisienne du XVIIIe siècle, menant des investigations dans les archives judiciaires de la Bastille pour documenter l'histoire des petites gens invisibles dans le cours de l'histoire jusque-là. Elle se spécialise alors dans l'étude des milieux les plus pauvres de la capitale.

En , elle publie sa thèse, intitulée Le Vol d’aliments à Paris au XVIIIe siècle.

Carrière d'historienne

Un de ses écrits publié en Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle est remarqué par Michel Foucault. Ils s'intéressent tous deux aux archives policières et judiciaires pour capter les voix historiques invisibilisées dans l'histoire. Cependant Foucault adopte une approche philosophique et transmet à Arlette Farge l'analyse des mécanismes du pouvoir. Ils publient ensemble en Le Désordre des familles, ouvrage qui s'intéresse aux lettres de cachets. Elle partage avec le philosophe une passion pour les archives, ce qu'elle décrit dans Le Goût de l’archive au Seuil en 1989, ouvrage qui la fait connaître d'un lectorat plus large.

Par la suite, ses recherches portent sur la rumeur et la parole. Elle publie en Dire et mal dire. L'Opinion publique au XVIIIe siècle, et en Cours ordinaire des choses dans la cité du XVIIIe siècle.

Elle s'intéresse à la transmission des savoirs historiques et écrit pour Le Matin de Paris et Libération.

Avec son équipe de recherche du « groupe d’histoire des femmes », elle travaille par la suite sur les thèmes des identités populaires au XVIIIe siècle, des relations hommes-femmes et de l’écriture de l’histoire,. Elle collabore sous la direction de Michelle Perrot et Georges Duby à un ouvrage, Histoire des femmes. Elle devient également directrice de recherches au CNRS.

Radio

Après avoir été productrice de l’émission Les Lundis de l'Histoire sur France Culture, elle collabore régulièrement à La Fabrique de l'histoire sur cette même antenne.

Publications

Ouvrages

Articles

Distinctions

Décoration

Prix

Notes et références

  1. ↑ « Arlette Farge - JORFSearch », sur steinertriples.ch.
  2. ↑ Farge (lire en ligne)
  3. ↑ Interview d'Arlette Farge par Perrine Kervran, émission À voix nue sur France Culture, 11 novembre 2013.
  4. 1 2 3 4 5 « Mon enfance est une enfance absolument absente des livres : épisode • 1/5 du podcast Arlette Farge, une historienne de la marge », sur France Culture, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 Malo de La Blanchardière, « Arlette Farge, Instants de vie », Lectures,‎ (ISSN 2116-5289, DOI 10.4000/lectures.48840, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 3 Florent Georgesco, « Arlette Farge : « Laisser venir à soi, laisser parler l’archive » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 6 « Arlette Farge - Dictionnaire créatrices », sur www.dictionnaire-creatrices.com (consulté le )
  8. ↑ Michel Delon, « Notice « Arlette Farge » », sur universalis.fr.
  9. 1 2 Éditions Larousse, « Arlette Farge - Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le )
  10. ↑ Anne Martin-Fugier, « Le groupe d’histoire des femmes au Centre de Recherches Historiques », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques. Archives, no 36,‎ (ISSN 0990-9141, DOI 10.4000/ccrh.3066, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Christine Bard (54e année), « Review : De la violence et des femmes by Cécile Dauphin and Arlette Farge », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Cambridge University Press, no 1,‎ janvier - février 1999, p. 158-161 (JSTOR 27585847, lire en ligne Accès limité)
  12. ↑ Élisabeth Roudinesco, « « Vies oubliées » : l’historienne Arlette Farge trouve une place aux inclassables », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Filmographie

Articles connexes

Liens externes