| Membre de l'Académie française | |
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| Nom de naissance |
Georges Claude Michel Duby |
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Andrée Duby (d) |
Histoire de la vie privée (d) |
Georges Duby, né le à Paris et mort le au Tholonet, est un universitaire et historien français.
Spécialiste du Moyen Âge, il est membre de l'Académie française et professeur au Collège de France de 1970 à 1991.
En 2019, son œuvre est publiée dans la « bibliothèque de la Pléiade ». Il est un des rares historiens à bénéficier d'un tel honneur, avec Hérodote, Thucydide, Ibn Khaldoun, Froissart et Michelet.
Georges Michel Claude André Duby est issu d'une famille d'artisans parisiens du 10e arrondissement. Son père a été teinturier et a travaillé notamment pour le cinéma.
Il fait ses études secondaires au lycée Lamartine de Mâcon et est lauréat du Concours général de dessin. Il entre à l'université de Lyon en 1937. Il obtient son diplôme d'études supérieures d'histoire et de géographie à la faculté de lettres de Lyon grâce à un mémoire sur la géographie urbaine de Mâcon. Il est reçu 9e (sur 12) à l'agrégation d'histoire et géographie en 1942.
Il commence sa carrière dans l'enseignement secondaire, puis est nommé assistant à la Faculté de lettres de l'université de Lyon à la Libération, enseigne quelque temps à Besançon, puis obtient la chaire d'histoire du Moyen Âge à la faculté de lettres d'Aix-en-Provence en 1951. Il se fixe alors dans cette région.
Le samedi , Georges Duby soutient à la Sorbonne sa thèse de doctorat ès lettres, réalisée sous la direction de Charles-Edmond Perrin et intitulée La Société aux XIe et XIIe siècles dans la région mâconnaise (thèse publiée en 1953) ; sa thèse complémentaire étudie Les pancartes de l'abbaye cistercienne de la Ferté-sur-Grosne, 1113-1178. Outre Perrin, le jury est composé de Robert Fawtier et Pierre Petot, respectivement professeur d'histoire médiévale à la Sorbonne et professeur d'histoire du droit à la faculté de droit de Paris. Dans sa thèse, Georges Duby utilise la masse importante de documents de l'abbaye de Cluny pour expliquer le Mâconnais, reprenant l'exemple des monographies régionales produites alors par l'école géographique française.

En 1970, il est élu à la chaire d'histoire des sociétés médiévales du Collège de France, qu'il occupe jusqu'en 1991,. Le 28 juin 1974, il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, au fauteuil de Charles-Edmond Perrin.

Dans les dernières années de sa vie, Georges Duby, préside l'Institut de recherche du Val-de-Saône Mâconnais (IRVSM, installé à Mâcon, cours Moreau) fondé en 1992, dont il fut le premier président (1992-1994).
Georges Duby meurt le . Les archives (manuscrits et tapuscrits) qu'il a constituées durant sa carrière sont réunies dans le « fonds Duby » déposé pour l'essentiel par sa veuve Andrée Duby depuis 2003 à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine. Cette dernière décède le à l'âge de 96 ans.
Georges Duby et son épouse sont enterrés au cimetière du Tholonet.
Georges Duby tente dès le début de sa carrière de renouveler la perception du Moyen Âge en adoptant des points de vue originaux. Sa rencontre avec la géographie est importante dans sa formation d'historien. Elle est alors, à la fin des années 1940, selon ses mots, une discipline où l'on est « le plus attentif à ce qui se produisait de plus neuf parmi les sciences de l'homme ». Cette filiation (André Allix, Roger Dion) l'amène à étudier l'histoire médiévale et à prendre en compte les paysages et les sociétés rurales de cette époque.
Plus particulièrement spécialiste des Xe, XIe, XIIe et XIIIe siècles en Europe occidentale, Georges Duby contribue tout au long de ses ouvrages à renouveler les méthodes et les objets de la discipline historique. Auteur des études Guerriers et Paysans en 1973, L'Europe au Moyen Âge en 1979, il poursuit ses recherches sur la société médiévale en reprenant la trifonctionnalité de Georges Dumézil : Les Trois Ordres ou l'Imaginaire du féodalisme en 1978 ainsi que l'analyse de la bataille de Bouvines dans Le Dimanche de Bouvines publié en 1973.
Grand admirateur de Fernand Braudel, il appartient cependant à la troisième génération d'historiens de l'école des Annales, fondée en 1929 par Marc Bloch et par Lucien Febvre, notamment par ses apports à l'histoire des mentalités, constitutive de cette troisième génération.
Georges Duby participe en 1976 à l'émission de vulgarisation portant le titre d'un de ses ouvrages Le Temps des cathédrales. Il est président de la chaîne de télévision Arte France depuis sa création en 1986 jusqu'en 1989.
Georges Duby participe au renouvellement de la compréhension de l'Histoire grâce au concept de représentation mentale. Avec d'autres penseurs, comme Marc Augé en anthropologie, il reconnait et explicité la fonction de la représentation dans la constitution des ordres et des rapports sociaux, l'orientation des comportements collectifs et la transformation du monde social. À propos de l'imaginaire de la féodalité, Georges Duby parle de la représentation comme « membrure », « structure latente », « image simple » de l'organisation sociale assurant le passage vers différents systèmes symboliques.
Les honneurs officiels récompensent son enseignement et ses nombreuses publications.
En 1974, il est élu membre ordinaire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Le , il est élu à l'Académie française, où il succède à Marcel Arland au 26e fauteuil. Il est reçu sous la Coupole en 1988 par Alain Peyrefitte. La cérémonie est diffusée par la chaîne FR 3. Il est également membre associé de la British Academy, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique depuis 1986, de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, de l'Académie hongroise des sciences, de la Royal Historical Society et de la Medieval Academy of America depuis 1970. Il est aussi membre étranger de l’Accademia nazionale dei Lincei et de la Société américaine de philosophie ; membre correspondant de l'Académie royale espagnole et de l'Académie des belles-lettres de Barcelone ainsi que membre élu de l'Academia Europaea.
En 1973, il est récompensé par le Prix des Ambassadeurs pour son livre Le dimanche de Bouvines. En 1977, il est aussi lauréat du Grand prix Gobert de l'Académie française pour son livre Le temps des cathédrales.
Georges Duby est docteur honoris causa de nombreuses universités, parmi lesquelles l'université de Cambridge, l'université d'Oxford, l'université d'Amsterdam, l'université de Montréal, l'université catholique de Louvain, l'université de Liège, l'université de Grenade, l'université catholique Jean-Paul II de Lublin, l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle et l'American University of Paris.
Georges Duby est récipiendaire des décorations suivantes, :
Une salle de la Maison méditerranéenne des Sciences de l'homme à Aix-en-Provence, ville où il a obtenu la chaire d'histoire en 1951, porte son nom. Un lycée de cette même ville, plus précisément dans le quartier de Luynes, est nommé le lycée international Georges-Duby.
Note : une liste exhaustive des œuvres de Duby est disponible sur le site de l'Académie française,,.