| Nom arabe |
بني خالد Beni Khaled |
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| Nom berbère |
ⴰⵝ ⴷⴰⵢⴻⵎ Ath Dayem |
| Échelon |
Tribu |
| Région principale | |
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| Territoire |
Région tribale des Ath Dayem (Beni Khaled) |
| Chef-Lieu |
• Ath Drar : Beni Drar • Ath Taghejirt : Taghejirt • Ath Ghazi : Ahfir |
| Fait partie du groupe tribal | |
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| Fractions |
• Ath Drar • Ath Taghejirt • Ath Ghazi |
| Langue principale |
• Berbère rifain : Berbères rifains berbèrophones/Arabes rifains berbèrophones • Arabe rifain : Arabes rifains arabophones/Berbères rifains arabophones |
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Les Ath Dayem ou Beni Khaled (en berbère rifain : ⴰⵝ ⴷⴰⵢⴻⵎ Ath Dayem, en arabe rifain : بني خالد Beni Khaled) sont une tribu rifaine contenant une majorité de tribus berbères berbèrophones et/ou berbères arabophones, et une minorité de tribus arabes arabophones. Leur territoire se situe autour d'Ahfir, dans la province de Berkane. Les Berbères de cette tribu font partie de la confédération tribale berbère des Zénètes (Ath Yaznathen), qui regroupe plusieurs tribus berbères d'Afrique du nord, depuis l'invasion arabo-musulmane de l'Afrique du nord, au VIIème siècle, autant que de la confédération tribale du Rif, unifiée depuis l'époque de Mohamed El-Khattabi, et regroupant toutes les tribus rifaines. La citation de la ville de Berkane, dans l'hymne berbère rifain, confirme le fait que les tribus Ath Yaznathen du nord-est du Maroc, font bien partie du Rif, et non de l'Atlas. L'Atlas commence plutôt à partir de Angad (Oujda).
À partir de 1907, le territoire des Béni Khaled entre directement dans la zone des opérations militaires françaises menées depuis l'Algérie. Sa situation à proximité immédiate de la frontière algéro-marocaine, de l'oued Kiss et des positions françaises de l'ouest algérien lui confère une importance stratégique particulière. Les rapports militaires français de cette période mentionnent notamment les secteurs de Port-Say, Menasseb-Kiss, Adjeroud-Kiss, Bab el-Assa, Aghbal et Martimprey.
Le 23 novembre 1907, des éléments français opérant dans le secteur de l'oued Kiss sont attaqués dans les gorges de la rivière. Le récit militaire français attribue l'attaque à des combattants béni khaledi et rapporte que les unités françaises engagées dans la reconnaissance parviennent à maintenir leurs positions dans les gorges jusqu'à la fin de l'affrontement. Le 25 novembre, une colonne française quittant son bivouac de Menasseb-Kiss en direction de Port-Say est à nouveau attaquée. Le récit militaire français évalue à près de 2 000 hommes l'effectif du groupe marocain engagé dans l'attaque. La colonne se replie vers la rive algérienne de l'oued Kiss et rejoint ensuite Adjeroud-Kiss. Ces effectifs constituent des estimations militaires françaises contemporaines et ne doivent pas être considérés comme un décompte précis des combattants. La presse française de l'époque rapporte également le combat du 25 novembre. Un compte rendu publié le 27 novembre décrit une colonne partie d'Adjeroud-Kiss, composée notamment de fantassins, de spahis et de goumiers, qui devait reconnaître la plaine de Triffa. Elle est attaquée au cours de sa progression et le combat se prolonge jusqu'à la mi-journée. Le compte rendu mentionne également des tirs d'artillerie française en direction des gorges du Kiss.
Après les affrontements du 25 novembre, les combattants se replient vers Aghbal. Le 27 novembre, ils franchissent de nouveau l'oued Kiss et attaquent le poste de Bab el-Assa, alors défendu par un détachement de goumiers. Des renforts français provenant notamment de Sidi Bou Djenane et de Nemours interviennent et permettent de repousser l'attaque.
Les affrontements se poursuivent les 28 et 29 novembre autour des passages de l'oued Kiss et des positions françaises de Menasseb-Kiss et d'Adjeroud-Kiss. Les rapports militaires français décrivent une succession d'attaques, de replis et de mouvements de troupes dans cette zone frontalière.
Le 1er décembre 1907, les forces françaises franchissent la frontière et participent à l'occupation de la redoute de Martimprey. Cette position devient par la suite l'un des principaux points d'appui militaires français dans la région.
Le 5 décembre, une colonne française part de Martimprey en direction du marché d'Aghbal. Les opérations militaires se poursuivent au cours du mois de décembre. Du 15 au 23 décembre, de nouvelles opérations sont menées dans la région et les forces françaises atteignent notamment Berkane.
À la fin du mois de décembre, les opérations prennent une ampleur plus importante. Selon une dépêche française publiée au début de janvier 1908, les colonnes Félineau et Espinasse traversent le territoire les 30 et 31 décembre. La colonne Félineau contrôle les sorties septentrionales du territoire tandis que les deux colonnes établissent leur liaison à Martimprey. La dépêche mentionne également la capture du caïd des Tadjirt et du cheikh Aman ben Amea, ainsi que la remise de plusieurs centaines de fusils et le versement de contributions.
Après les opérations militaires de décembre, une phase de négociation s'ouvre au début de janvier 1908. Les documents diplomatiques français font état de discussions avec les représentants locaux concernant les conditions du retour à la paix et les obligations imposées à la population.
Un rapport français daté du 25 janvier 1908 indique que les Béni Khaled commencent à verser une contribution de guerre et à restituer les biens pris au cours des combats. Le document signale notamment la restitution d'objets ayant appartenu aux soldats français tués lors des affrontements ainsi que la remise de l'étendard de Tadjirt. Il précise également que certains objets provenant de l'établissement de Bab el-Assa doivent encore être récupérés.
Les mêmes documents indiquent que les autorités françaises cherchent alors à mettre en place une organisation politique locale leur permettant d'exercer leur contrôle par l'intermédiaire de notables. Un makhzen local est constitué autour de membres de familles de caïds et de responsables locaux.
Cette période marque ainsi le passage progressif d'une phase principalement militaire à une forme de contrôle politique et administratif. Les contributions, la remise des armes, la restitution des biens et la désignation de responsables locaux constituent plusieurs des instruments employés par les autorités françaises pour consolider leur position dans la région.
Les rapports français de janvier 1908 donnent également des informations sur la situation économique et sociale après les combats. Ils indiquent notamment la reprise des travaux agricoles et des labours ainsi que la réouverture progressive des échanges commerciaux sur les marchés locaux.
Le même rapport mentionne l'installation d'une infirmerie destinée à la population et fait état de demandes concernant la vaccination contre la variole. Ces éléments témoignent de la mise en place progressive, autour de Martimprey, de structures dépassant le seul cadre militaire.
Martimprey devient ainsi progressivement un centre militaire, administratif et commercial. Sa position permet aux autorités françaises de surveiller la frontière, les communications avec l'intérieur du Maroc et les déplacements dans la région de l'oued Kiss.
Les opérations militaires de 1907-1908 précèdent de quelques années l'établissement officiel du protectorat français sur le Maroc en 1912. La présence militaire déjà établie dans la région fournit aux autorités françaises un dispositif à partir duquel elles peuvent poursuivre leur contrôle politique et administratif.
Pendant la guerre du Rif (1921-1926), la situation géographique de la région conserve une importance militaire en raison de sa proximité avec les territoires où opèrent les forces d'Abdelkrim al-Khattabi. Les autorités françaises renforcent alors la surveillance de la frontière et des communications avec les régions rifaines.
Au cours des décennies suivantes, l'administration coloniale poursuit la transformation administrative et économique de la région. Le développement des voies de communication, l'organisation des marchés, l'encadrement administratif des populations et le développement de l'agriculture commerciale renforcent le rôle de Martimprey comme centre régional.
Cette organisation demeure en place jusqu'à l'indépendance du Maroc en 1956. Martimprey-du-Kiss prend ensuite le nom d'Ahfir et les structures administratives héritées du protectorat sont progressivement intégrées au nouvel État marocain.
Le mot "Dayem (en berbère rifain)"/"Khaled (en arabe rifain)", signifie "Éternel", "Immortel". Le mot "Ath" fait référence aux Zénètes, une confédération tribale berbère d'Afrique du nord, existant depuis l'Antiquité, et remplace le mot générique "Ayt", dans les dialectes berbères zénètes (Ath Yaznathen), le mot "Ayt" signifiant "les fils/filles de (untel)" (Ath : Zénètes (Yaznathen), Ag : Sanhadja (Yaznagen), et Ayt : générique). "Ath Dayem" signifie donc "Les fils/filles de l'éternel, de l'immortel". Les Ath Dayem (Beni Khaled) sont divisés en trois principales tribus, elles-mêmes divisées en plusieurs tribus :