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Linda Whetstone (en) |
| Chiffre d'affaires |
19,4 M$ () |
| Site web |
(en) www.atlasnetwork.org |
| IRS |
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L'Atlas Network (en français Réseau Atlas), anciennement connu sous le nom d'Atlas Economic Research Foundation (fr. Fondation Atlas pour la recherche économique), est une association à but non lucratif américaine libertarienne de droite imaginée dans le contexte de l'après-guerre par des acteurs importants de la Société du Mont-Pèlerin pour l'influence politique. Ce réseau a été fondé en 1981 par Antony Fisher pour coordonner l'activité de groupes de réflexion néolibéraux au-delà des frontières. Son siège est basé à Arlington en Virginie. En 2023, il coordonnait 589 laboratoires d'idées et partenaires dans 103 pays, grâce à un budget de 28 millions de dollars, essentiellement issus de dons d'entreprises et de milliardaires. Ce réseau a été liée à l'industrie du tabac, et est encore lié à l'industrie pétrogazière et il promeut activement dans le monde des politiques de libre marché, des narratifs anti‑réglementaires et cherchant à discréditer le GIEC et les politiques climatiques, influençant les débats publics et les décisions politiques dans de nombreux pays selon plusieurs enquêtes académiques récentes.
Inspiré par l'économiste Friedrich Hayek et sa Société du Mont-Pèlerin, Antony Fisher crée d'abord l'Institute of Economic Affairs en 1955 avant de lancer le Réseau Atlas en 1981.
Dans le champ académique, Marie-Laure Djelic et Reza Mousavi ont analysé l'Atlas Network comme l'organisation ayant assuré la « mondialisation du modèle du think tank néolibéral » à partir de 1981, en fournissant un cadre de formation, de financement et de mise en réseau à des organisations partageant l'idéologie du libre marché. Une étude de Srdjan Vucetic, publiée en 2024 dans la revue International Affairs (Oxford University Press), conclut que les organisations du réseau maintiennent une fidélité constante aux principes néolibéraux centraux, tout en faisant preuve d'une « indifférence sélective » à l'égard de la montée du conservatisme radical, contrastant avec la vigueur avec laquelle elles s'opposent aux politiques de gauche.
L'Atlas Network est conservateur, positionné la droite de l'échiquier politique, et parfois à l'extrême droite ou soutenant des régimes illibéraux.
Une étude récente (2024), publiée dans la revue International Affairs a analysé la manière dont la pensée néolibérale réagit à la montée du conservatisme radical dans le monde (aux États-Unis y compris, avec Donald Trump). Pour cela Srdjan Vucetic a examiné les publications (2017‑2022) d'organisations affiliées au réseau mondial Atlas. Il a conclu que — malgré une fidélité constante aux principes centraux du néolibéralisme (mondialisation et marchandisation) — les signes explicites de tensions idéologiques sont rares au sein du réseau « seuls quelques think tanks affichent ouvertement un alignement avec des positions illibérales et autoritaires. Cependant, dans son ensemble, le réseau apparaît constamment — et volontairement — apathique envers l'extrême droite. Cette indifférence contraste avec la vigueur et la régularité avec lesquelles le réseau affronte les idées, partis et gouvernements de gauche ».
L'Atlas Network a été associé à l'industrie du tabac de plusieurs manières ; The Guardian a calculé que plus d'un cinquième de ses partenaires dans le monde avaient soit combattu les politiques de lutte contre le tabagisme, soit reçu des financements de cette industrie,.
En 2017, l' International Journal of Health Planning and Management montre que l'Atlas Network « a canalisé des financements provenant des entreprises du tabac vers des acteurs de think tanks afin de produire des publications soutenant les positions de l'industrie ».
Selon le Tobacco Control Research Group de l'Université de Bath, l'Atlas Network « semble avoir joué un rôle particulier en aidant l'industrie du tabac à s'opposer aux mesures de contrôle du tabac en Amérique latine » dans les années 1990.
L'Atlas Network et plusieurs de ses partenaires, tels que la Canadian Taxpayers Federation, le Cato Institute et le Fraser Institute ont aussi été associés à l'industrie pétro-gazière, ainsi qu'à des actions d'« obstruction climatique », c'est à dire visant à contrer les politiques publiques et les mobilisations pour la protection du climat,,,. L'étude de cette convergence d'intérêts, du rapprochement des industries fossiles et des extrêmes droites a récemment abouti à conceptualiser des notions sociopolitiques comme le négationnisme climatique, le carbofascisme tel que défini par Acker, en 2020 et comme le fascisme fossile notamment défini par Cara Daggett en 2018, puis repris par Malm & le Collectif Zetkin en 2021 dans un ouvrage titré White skin, black fuel: On the danger of fossil fascism (« Peau blanche, carburant noir : sur le danger du fascisme fossile »)'.
Selon des documents décrits par The Guardian, l'Atlas Network a collaboré avec le Macdonald–Laurier Institute dans une campagne en faveur du développement pétrolier et gazier sur des terres autochtones au a,,. L'Atlas Network a déclaré en 2023 au journal The New Republic n'avoir « aucun partenariat avec des industries extractives telles que les compagnies pétrolières et gazières » et n'avoir reçu aucun financements de ces entreprises « depuis près de quinze ans ». En avril 2025, Atlas Network a de nouveau nié avoir reçu un quelconque financement provenant des « industries extractives ».
Des études sociologiques récente (2024-2026) ont porté sur le Canada (pays qui grâce à l'Alberta disposait en 2022 d'environ 161 milliards de barils de réserves non conventionnelles prouvées, à 99 % sous fomre les sables bitumineux, ce qui place l'Alberta au 4ᵉ rang mondial des réserves, devant l'Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït ou la Russie). Ce travail a montré que 12 think tanks canadiens néolibéraux et conservateurs affiliés au réseau Atlas constituent, depuis le début des années 2000, un noyau structurant de l'obstruction climatique au Canada, avec des liens nombreux — et croissants — entre ces organisations, l'industrie des combustibles fossiles, d'autres institutions de planification politique au Canada et à l'étranger, ainsi que des milieux universitaires. En cohérence avec cette position dans les réseaux d'élite, ces think tanks produisent un volume important et croissant de contenus liés au climat, allant de la négation de la réalité et des impacts du changement climatique à la promotion et défense du secteur fossile, en passant par l'opposition systématique aux politiques climatiques et la diffusion de cadres discursifs visant à retarder ou affaiblir l'action publique. L'étude conclut que les affiliés d'Atlas occupent encore et de plus en plus une place centrale dans un segment réactionnaire du réseau canadien de planification politique, hostile à presque toutes les formes d'action climatique, et que leurs campagnes sont une force majeure d'entrave aux progrès en matière de lutte contre le changement climatique.
Selon une étude de sociologie récente (2024), un groupe de 12 think tanks canadiens affiliés au réseau Atlas forment depuis le début des années 2000, le coeur de l'obstruction climatique au Canada. Ce groupe a des liens croissants avec l'« industrie fossile » (des sables bitumineux y compris), et avec une partie de l'élites du pays, incluant des institutions de planification politique (au Canada et à l'étranger) et des universitaires ; il produit un volume important et croissant de contenus sur le climat, allant de la négation de la réalité et/ou des impacts du changement climatique, à la promotion du secteur fossile, en passant par l'opposition systématique aux politiques climatiques. Il diffuse des cadres narratifs et discursifs visant à retarder ou affaiblir l'action publique. L'étude conclut que ces affiliés d'Atlas occupent une place centrale et croissante dans un segment « réactionnaire » du réseau canadien de planification politique hostile à presque toute action climatique, et que leurs campagnes sont une force majeure d'entrave aux progrès climatiques.
Des études récentes montrent que — durant un quart de siècle, depuis le début des années 2000 —, de nombreux think tanks dits « néolibéraux » du réseau Atlas, dans une alliance durable entre production d'expertise stratégique et « amplification médiatique », ont consacré beaucoup d'argent et d'énergie pour diffuser, dans plus de 100 pays, grâce à un budget annuel de 28 millions de dollars, des études hostiles aux énergies renouvelables et au GIEC, études largement reprises par les médias « surtout de droite » et alternatifs de droite où les récits climatiques simplifient les enjeux, attisent la méfiance envers les institutions et la science, en exploitant les émotions pour polariser le public et freiner l'action climatique — une stratégie documentée par diverses études, pour alimenter une opposition transnationale aux politiques climatiques, notamment celles du gouvernement Obama en 2008–2009. Ces études visaient notamment à « contester les revendications d'un «double dividende» généré par l'investissement public dans la transition énergétique des combustibles fossiles vers les sources renouvelables, c'est-à-dire l'atténuation du réchauffement climatique et la création d'emplois verts ». Par exemple, « 2008-2009, l'Institute for Energy Research (IER), basé aux États-Unis, lié au réseau Atlas, a poursuivi une campagne visant à saper la transition énergétique d'Obama aux États-Unis. Deux contre-arguments majeurs étaient alors avancés pour contrer la politique d'énergies renouvelables: premièrement, les allégations politiques de création d'emplois étaient erronées (le «mythe des emplois verts »), et deuxièmement, les affirmations de politique climatique de l'efficacité des énergies renouvelables étaient trompeuses »,,, arguments largement reprise par Donald Trump dans son programme de soutien aux industries fossiles (Drill, baby, drill !) et souvent repris en europe, par les associations professionnelles du pétrole et du gaz qui diffusent dans l'UE des narratifs de « climate delay » tout en investissant massivement dans des idées politiques préservant leurs intérêts, et « au cours des années 2010 et 2020, ces intérêts ont trouvé un allié politique dans certaines parties de l'extrême droite européenne », en Suède par exemple, où selon la thèse de K. Vowles (2024), la montée de l'extrême droite et des médias alternatifs a cassé le consensus politique qui existait sur la gravité du changement climatique en diffusant des narratifs de négation de la crédibilité du GIEC et/ou niant la réalité du dérèglement climatique anthropique, ridiculisant la science et s'acharnant de manière misogyne contre Greta Thunberg, dans une nostalgie idéalisée des années 1950–1960, semblant ignorer « qu'il s'agissait d'une société fondée sur une exploitation massive des ressources naturelles », alimentée par des énergies carbonées « qui menacent désormais les conditions de vie sur la planète. ». Une étude récente (2026) parue dans Nature conclut que les réseaux sociaux continuent à profondément transformer la communication sur le Climat, en amplifiant à la fois la participation et la diversité des voix, mais aussi les clivages, les biais idéologiques, les théories du complot et la désinformation, tout en marginalisant les médias traditionnels, avec de nouveaux défis (affaiblissement du journalisme, montée des formats vidéo courts, émergence de plateformes opaques, rôle croissant des influenceurs, effets de l’IA générative, avec aussi un manque d'intérêt pour les contextes non occidentaux,.
Le Réseau Atlas est doté de divers outils de communication, dont :
Cet organisme de droit privé avait initialement pour but de favoriser et promouvoir une économie de marché partout dans le monde, notamment en soutenant le développement d'organisations de recherche ou de laboratoires d'idées promouvant à leur tour le libéralisme économique.
Une analyse de Marie-Laure Djelic et de Reza Mousavi montre que les partenaires du réseau Atlas ne se limitent pas à la promotion du libéralisme économique, mais soutiennent aussi des positions conservatrices sur des questions sociétales telles que l'avortement et le mariage entre personnes de même sexe. Des membres du réseau, tels que la Fondation John-Templeton et Dick DeVos (en), ont financé des organisations opposées à l'avortement et au mariage homosexuel. Alejandro Chafuen, directeur général d'Atlas de 1991 à 2017, a, selon la même source, encouragé des alliances avec des mouvements conservateurs-religieux dans plusieurs pays.
Selon le rapport de l'Observatoire des multinationales (2021), des partenaires du réseau, dont l'American Legislative Exchange Council (ALEC) et la Federalist Society, s'opposent à diverses réglementations dans les domaines climatique, électoral et social.
Thibaut Vaillancourt (2025) observe des continuités idéologiques entre le néolibéralisme autoritaire de la guerre froide et les formes d'obstruction climatique, qui émergent comme une caractéristique déterminante des mouvements d'extrême droite contemporains (selon de Nadal 2024) et qui sont soutenues par le réseau Atlas dans les années 2010-2020. Il montre que la « criminalisation de la dissidence » par le réseau est passée de l'anticommunisme (dans la période de la guerre froide) à l'anti‑environnementalisme après l'effondrement de l'URSS. À partir d'une étude « généalogique » des réseaux de think tanks — la Société du Mont Pèlerin et l'Atlas Network surtout — fondée sur leurs textes et archives, il met en évidence un entrelacement ancien du néolibéralisme, avec l'industrie des fossiles, des épistémologies militarisées et des politiques réactionnaires. Derrière un discours promouvant la liberté, le néolibéralisme s'appuie ici sur des pratiques illibérales pour imposer le fondamentalisme de marché ; de la dictature de Pinochet à l'ascension de dirigeants comme Javier Milei ou Jaïr Bolsonaro. T Vaillancourt retrace aussi les dimensions théologiques, militaires et cognitives de ce dispositif, et son travail interprète le déni climatique et la répression de l'activisme visant à protéger la Nature comme des prolongements des « chasses idéologiques » de la guerre froide. Le Cône Sud de l'Amérique est pour le réseau comme un terrain central où s'observe cette continuité entre néolibéralisme et gouvernance autoritaire.
En Australie, des organisations partenaires du réseau Atlas, notamment le Centre for Independent Studies, l'Institute of Public Affairs et LibertyWorks, ont participé à la campagne en faveur du « Non » lors du Référendum australien de 2023 sur la Voix autochtone au Parlement. Une étude de Jeremy Walker, de l'université de Sydney, publiée dans la revue Cosmopolitan Civil Societies, analyse cette campagne comme une manifestation de l'opposition du réseau aux politiques climatiques, et soutient qu'elle aurait été menée pour le compte d'intérêts liés aux industries d'énergie fossile. Cette interprétation est contestée par les organisations concernées.
À titre d'exemples, parmi les laboratoires d'idées que l'Atlas Network a aidé à mettre en place ou à persister figurent aux États-Unis le Manhattan Institute ; au Canada l'Institut Fraser ; à Hong Kong le Lion Rock Institute ; au Royaume-Uni l'Adam Smith Institute, le TaxPayers' Alliance (TPA) et environ une dizaine d'autres groupes de pression et laboratoires d'idées installés (ou l'ayant été) à Londres (Westminster plus précisément) au 55 Tufton Street (entités que le journaliste George Monbiot a identifiées, dans The Guardian, comme ayant exercé une influence significative sur le processus ayant conduit au Brexit).
Les recherches sur les think tanks libertariens montrent qu'ils participent depuis leur création à une « guerre des idées » visant à diffuser les principes du libéralisme classique ou libertarien. Une récente analyse de leur financement a montré que ces think tanks n'avaient quasiment aucun revenus autonomes, et donc une forte dépendance aux subventions privées (qui dont réglementées par le régime fiscal ien). G. Lamy note que Malgré cette fragilité structurelle, ces organisations ont su profiter des financements américains et s'intégrer dans l'Atlas Network, qui renforce leur capacité d'action idéologique.
Le réseau Atlas ne se contente pas de fournir un soutien financier à ses partenaires, mais les met aussi en relation avec d'autres financeurs et propose des programmes de consulting, des séminaires, et des formations pour renforcer leurs capacités et créer un sentiment de communauté.
Parmi les entités majeures du réseau, figurent les organismes suivants :
En 2017, ses revenus déclarés étaient de 10 815 000 $. Et ses dépenses ont été de 12 585 000 $ sur l'année. Il existe un réseau équivalent pour le niveau européen : le réseau de Stockholm. Certains laboratoires d'idées libertariens européens peuvent adhérer aux deux réseaux.
L'Atlas Network dit tirer son financement de dons de particuliers, de fondations ou d'entreprises. D'après SourceWatch et Mother Jones, la Fondation a notamment été alimentée par des dons d'entreprises comme Exxon Mobil ou Philip Morris ainsi que par des dons d'individus comme Charles et David Koch (dont notamment ExxonMobil, Philip Morris, Pfizer et Koch Industries), mais aussi de dotations de fonds publics consenties par le ministère des Affaires étrangères américain ainsi que le National Endowment for Democracy, fonds de dotation semi-public et bras essentiel du soft power américain.
En 2017, une étude révèle que 37 % des partenaires d'Atlas aux États-Unis ont reçu des financements de l'industrie du tabac.
Entre 2017 et 2019, Students for Liberty reçoit des dons de plus de 100 000 dollars de la part de l'Atlas Network.
« Their vehicle is something called the Atlas Network, which at this writing claims over 400 affiliates in 95 countries, their operations partly funded by Koch and allied capitalists, with heavy support from fossil fuel-based fortunes ... ».
« Global networks of think tanks—especially the Atlas Network—have also played a key role in diffusing denial internationally. ».