Dans le nom hongroisJanischAttila, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en françaisAttilaJanisch, où le prénom précède le nom.
Il réalise plusieurs courts-métrages, en particulier au cours de ses études, puis se tourne davantage vers le long métrage à partir d'Ombre sur la neige (1992). En 1998, il obtient le prix Béla Balázs.
Il enseigne également à l’Université d'art dramatique et cinématographique et à l’Université de Pécs.
Attila Janisch a par ailleurs été scénariste-conseil pour Tititá (2015) de Tamás Almási et a joué dans Einstein Mega Shotgun (2003) de Zsolt Bernáth.
Œuvre
C’est durant ses études qu’Attila Janisch commence à façonner son style. Zizi (1982), qu'il tourne en quinze jours comme film d'examen de troisième année en se basant sur la nouvelle The Summer People de Shirley Jackson, lui permet d'établir une relation avec Mari Törőcsik, elle-même lancée par Zoltán Fábri avec Un petit carrousel de fête et qu'il retrouvera plus tard dans le cadre de Long crépuscule,. La réalisation de A másik part (1983) participe également à la confection de son style. Il dit avoir été influencé dans sa jeunesse par le travail d’Alfred Hitchcock, d’Ingmar Bergman, de Luis Buñuel ou encore de Michelangelo Antonioni.
Afin d’aborder philosophiquement la question du destin dans ses films, il utilise la tension caractéristique du thriller et joue avec la frontière entre la réalité et le rêve. Sa trilogie (Ombre sur la neige, Long crépuscule et Après la veille) utilise de cette façon une structure temporelle spécifique: Ombre sur la neige, qui s'inscrit dans la continuité de Damnation (1987) de Béla Tarr, propose une narration basée sur un emboîtement progressif de flashbacks jusqu'à ce que le protagoniste fasse mauvais usage de son libre-arbitre tandis que les deux autres cassent la linéarité de la chronologie par une imbrication du rêve et de la réalité - concernant Après la veille, Eddie Cockrell écrit que «le temps devient suspendu, ensuite brouillé, puis insignifiant»,. Ombre sur la neige et Long crépuscule, ses deux premiers longs-métrages, appartiennent au corpus des «séries noires post-communistes» défini par le critique de cinéma Kovács András Bálint. Stéphane Bouquet note à leur propos, en 1998, qu'ils ont «ont plus que des points communs. Ils racontent la même histoire, [...] les hommes s'enferrent seuls dans les pires pièges, il n'y a rien à espérer de demain qui est l'éternel retour du presque même.»
Les personnages des films de Janisch évoluent dans des environnement ou des paysages inconnus, étrangers voire poétiques, et sont généralement placés dans une situation extrême les conduisant à une introspection, à donner un sens à leurs désirs refoulés, à leurs péchés ou à leurs erreurs. Dans Ombre sur la neige et Après la veille, l’accent est ainsi mis sur l’homme pécheur, soit voleur, soit meurtrier. Dans Long Crépuscule, l'archéologue fait le (mauvais) choix de prendre le car, l'entraînant dans une boucle temporelle qui se répète et où chaque cycle est plus sombre que le précédent. Pour ses films, Attila Janisch n’utilise pas de bande originale mais des musique préexistantes. Ils contiennent par ailleurs peu de dialogues et leurs scénarios sont généralement écrits par l’acteur et écrivain András Forgách.
Concernant les adaptations cinématographiques, Attila Janisch affirme l'indépendance du cinéaste vis-à-vis de l'œuvre littéraire sur laquelle il s'appuie. Il argumente que lors de l'utilisation de traductions imparfaites ou mauvaises pour adapter des œuvres littéraires étrangères en films, seuls le rythme et la partie sonore du film permettent de créer des images,.
1998: prix László B. Nagy du meilleur film de l'année de la critique de cinéma de l'Association nationale des journalistes hongrois (MÚOSZ) pour Long crépuscule
1998: prix du meilleur long-métrage de la compétition indépendante du Festival des films fantastiques de Manchester pour Long crépuscule
2003: prix du meilleur réalisateur dans la catégorie des films de non-fiction de la Semaine du Cinéma hongrois pour Yvette Bozsik
2004: prix du meilleur long-métrage de la Semaine du Cinéma hongrois pour Après la veille,
↑(en) Tamás Csönge, «Nonlinearity and focalisation in Attila Janisch’s Másnap», Frontiers of Narrative Studies, vol.4, no1, , p.96–111 (ISSN2509-4890, DOI10.1515/fns-2018-0007, lire en ligne, consulté le )
1234Stéphane Bouquet, «Ombre et crépuscule», Cahiers du cinéma, no525, , p.76-77
12(en) Eddie Cockrell, «After the Day Before», Variety, , p.51
↑(en-US) Mario Adobati, «The Hungarian post-communist black series (1956–2012) a preparatory sketch about the historical times’ structure», Hungarian Studies, vol.32, no1, , p.131–144 (ISSN1588-2772 et 0236-6568, DOI10.1556/044.2018.32.1.10, lire en ligne, consulté le )
↑(en) Ákos Farkas, «To Whose Self Be True? Students Look at The Turn of the Screw and Its Film Adaptations», Hungarian Journal of English and American Studies (HJEAS), vol.22, no1, , p.95–112 (ISSN1218-7364, lire en ligne, consulté le )