
Le bania (en russe : ба́ня) est un bain public en Russie. Pratiqués avant qu'apparaissent les salles de bain, qui, aujourd'hui, équipent les logements particuliers ou collectifs, les bania restent très prisés des Russes.
Dans le Traité de Constantinople rédigé en 907, on retrouve la mention des bania. L'usage du bania se trouve chez les Scythes.
Le bania est un bain de vapeur chaude contrairement au sauna scandinave qui utilise la chaleur sèche.
La préparation, qui amène la température de la salle aux environs de 60°C, peut prendre 3 à 6 heures. Un poêle, traditionnellement en brique, produit la chaleur nécessaire.
Pour produire la vapeur souhaitée, les usagers aspergent ce poêle d’eau chaude.
Un houssoir (venik, веник), formé de quelques branches de bouleau ou de chêne séchées ou non (avec les feuilles), est mis à la disposition de l'usager. Celui-ci commence par en imprégner d’eau les branches, puis effectue deux ou trois passages. A chaque fois, il se fouette d'abord vigoureusement avec les branches de l'houssoir, qui dégage un agréable parfum. Cette flagellation est réputée nettoyer et assouplir la peau, activer la sudation et favoriser la circulation du sang. La séance se termine par un plongeon dans la neige ou l’eau - qui peut être glacée - d'un lac ou d'un cours d'eau. En ville, l'eau versée d'un baquet basculant, accroché en hauteur, en tient lieu. La prise d'un thé et de douceurs dans la salle de repos termine la séance de bania.
Il existait en Carélie jusqu’au début du XXe siècle, un culte païen nommé lembi. On croyait que le « lembi » qui désignait l’attrait et la beauté de la femme, pouvait être transmis à d’autres femmes, lors du bain de noces de la fiancée, lorsque ses amies et ses sœurs se lavaient avec elle. Les femmes utilisaient la même eau et le même houssoir que la mariée, puis tissaient leurs rubans dans ses tresses, leur permettant ainsi de recevoir certains de ses charmes.
L’eau avec laquelle la mariée avait été lavée dans le bania de noces ou d’après-noces était en outre utilisée pour préparer la pâte d'un gâteau que l’on servait au marié, pour renforcer l’amour du couple.