Dominique Baudier

Dominicus Baudius
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Dominicus Ancillarius, Latinus Pacatus, Julianus RobeciusVoir et modifier les données sur Wikidata
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Dominique Baudier, appelé en latin Dominicus Baudius, né le à Lille (alors dans le comté de Flandre, une des dix-sept provinces des Pays-Bas des Habsbourg) et mort le à Leyde (Provinces-Unies des Pays-Bas), est un théologien, juriste, professeur, diplomate, avocat et poète néerlandais d'expression néolatine.

Sa vie est marquée par deux événements majeurs de cette époque : les débuts de la guerre de Quatre-Vingts Ans (1568-1648), soulèvement des Néerlandais contre Philippe II d'Espagne qui aboutit en 1581 à la formation d'un nouvel État européen, les Provinces-Unies des Pays-Bas ; la huitième guerre de Religion en France, qui oppose de 1585 à 1598 la Ligue catholique au roi Henri de Navarre, commandant en chef des armées protestantes, qui devient en 1589 le roi de France Henri IV.

Issu d'une famille calviniste de Lille, Dominique Baudier passe son enfance à partir de 1567 à Aix-la-Chapelle en raison de la persécution des protestants aux Pays-Bas. Après un passage à l'université de Leyde, il étudie la théologie à l'Académie de Genève. De retour à Leyde, il y étudie le droit et obtient un doctorat en 1585.

Il participe alors à une ambassade des Provinces-Unies près de la reine Elisabeth d'Angleterre, puis est reçu avocat à La Haye. Il part ensuite en France où il se lie avec des personnalités telles que le duc de Sully. Reçu avocat près du Parlement de Paris en 1591-1592, il devient professeur de droit à l'université de Caen mais la quitte assez vite. Il est alors chargé de la bibliothèque de Scipion Sardini à Chaumont-sur-Loire. Il rentre aux Provinces-Unies en 1602 occuper un poste à l'université de Leyde.

Professeur de rhétorique, puis d'histoire, il fait partie de ceux qui soutiennent le grand-pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt contre le stathouder Maurice de Nassau. Auteur d'écrits en faveur d'une trêve avec le roi d'Espagne, il est accusé par les partisans du stathouder d'être passé au service de l'ennemi, mais échappe à un procès. En 1611, il est nommé historiographe officiel des Provinces-Unies, mais meurt quelques mois plus tard.

Biographie

Origines familiales et jeunesse

Il est le fils de Dominique Baudier et de Marie Heems, habitants de Lille dans le comté de Flandre et de religion calviniste.

En 1567, sa famille quitte les Pays-Bas en raison des persécutions contre les protestants menées par le gouverneur général Ferdinand Alvare de Tolède, duc d'Albe. Ils s'installent à Aix-la-Chapelle, dans le Saint-Empire romain germanique, peu avant que commence (en 1568) le soulèvement des Pays-Bas contre le roi d'Espagne Philippe II

À Aix-la-Chapelle, il reçoit sa première instruction sous la direction de Lievin Massys de Tournai et du Français Ludovicus Transaquanus[réf. nécessaire].

Études universitaires à Leyde et à Genève (1576-1585)

En 1576, il part étudier à l’université de Leyde (dans le comté de Hollande) créée l'année précédente par le prince Guillaume d'Orange-Nassau, commandant en chef des insurgés néerlandais. Au bout de huit mois, à la faveur de la pacification de 1576, il revient auprès de sa mère établie à Gand (comté de Flandre).

Peu après, il part dans la capitale du calvinisme, Genève, où Calvin est mort en 1564. Là, il étudie la théologie pendant deux ans et demi à l’académie de Genève avec pour professeurs Théodore de Bèze, Lambert Daneau et Antoine de La Faye.

De retour à Gand en 1583, il y soutient ses thèses de doctorat[réf. nécessaire] en théologie, puis repart à Leyde suivre des cours de droit. Quinze mois plus tard, le , il reçoit le bonnet de docteur des mains d’Hugues Doneau.

Carrière de juriste et de diplomate

Aux Pays-Bas (1585-1587)

Peu après son diplôme, il est attaché à l’ambassade que les États généraux des Provinces-Unies envoient en Angleterre auprès de la reine Élisabeth. Il séjourne chez un des favoris de la reine, Philip Sidney qui devient son protecteur. Le 10 août 1585, est signé le traité de Sans-Pareil, alliance militaire entre l'Angleterre et les Provinces-Unies.

De retour en Hollande, le , il s’inscrit au barreau de La Haye, mais maîtrisant mal le néerlandais, il se désintéresse rapidement[réf. nécessaire] de la profession d'avocat.

En France (1588-1602)

Il part alors pour la France où il se lie avec des personnalités protestantes ou « politiques » (catholiques modérés) : Sully, Duplessis-Mornay, de Thou, Sillery, Molé. Il écrit des satires contre les ligueurs.

En 1591, le président Achille de Harlay lui conseille de se faire recevoir avocat au Parlement de Paris. Baudier part pour Tours, où le Parlement de Paris fidèle au roi Henri IV siège depuis 1589. Il est reçu avocat en 1591 ou 1592, mais ne semble pas avoir exercé sa profession en France.

L’année suivante, il est nommé professeur de droit à l’université de Caen, sur la recommandation du président de Thou, mais à la suite d'un conflit avec ses collègues, il quitte bientôt cette ville pour revenir à Paris où il vit dans un état voisin de la pauvreté. Pour l'aider, le financier Scipion Sardini (1526-1609) lui confie la riche bibliothèque qu'il a réunie au château de Chaumont.

Lié avec Joseph Juste Scaliger (1540-1609), dont il espère gagner la protection, il s'intéresse en sa faveur contre le mathématicien François Viète, chez qui il dîna afin de l'espionner.[réf. nécessaire]

Rêvant d’une ambassade, il espère que les états généraux des Provinces-Unies le nomment résident auprès du roi Henri IV, mais cet espoir reste déçu. En 1600 ou 1601, il accompagne en Angleterre en qualité de secrétaire Christophe de Harlay (1570–1615), ambassadeur d'Henri IV auprès de la reine Élisabeth.

Retour aux Provinces-Unies

Professeur à l'université de Leyde (à partir de 1602)

Peu satisfait de ce rôle subalterne, il accepte en 1602 la chaire de rhétorique de l’université de Leyde.

En 1607, il succède à Paul Merula pour la chaire d’histoire. Il est aussi chargé d'un cours de droit romain, double fonction qu’il remplit avec éclat. C’est peut-être dans la jalousie de ses collègues qu’il faut chercher la principale cause de tous les désagréments qu’ils lui firent essuyer car il eut beaucoup d’envieux et d’ennemis. Non seulement on parvint à lui ôter la chaire de droit romain, dont il conserva toutefois les émoluments, mais on réussit presque à le faire frapper de bannissement.[pas clair]

La question de la trêve avec le roi d'Espagne (vers 1608)

Dans la seconde moitié des années 1610, des négociations ont lieu entre des représentants du roi d'Espagne et des Provinces-Unies. Mais les dirigeants néerlandais sont divisés sur cette question.

Baudier est un partisan de la paix, à l'instar du grand-pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt, mais en opposition avec le stathouder Maurice de Nassau (fils de Guillaume d'Orange-Nassau).

Sous le pseudonyme de Latinus Pacatus et de Julianus Rosbecius, Baudier publie deux pamphlets où il conseille fortement aux États généraux de conclure une trêve. Il compose même un poème en l’honneur du général génois Ambrogio Spinola, au service du roi d'Espagne.

Ces écrits suscitent des réactions violentes. Ses ennemis persuadent Maurice de Nassau qu’il y est insulté par Baudier et que celui-ci s'est laissé corrompre par l’argent de l'Espagne[réf. nécessaire]. Baudier échappe cependant à une accusation de haute trahison.

Finalement, une trêve est conclue le 9 avril 1609 (traité d'Anvers) pour une durée de douze ans.

Le polémiste littéraire

Bien que partisan de la paix avec le roi d'Espagne, Baudier se montre peu conciliant dans ses querelles littéraires. Il écrit des satires pleines de fiel.

En contrepartie, ses ennemis[Qui ?] ne lui épargnent ni les injures ni les calomnies, l’accusant des vices les plus honteux[Lesquels ?], des mœurs les plus crapuleuses[Lesquelles ?].

Accusations religieuses contre Baudier

En 1609, il est accusé de s’être converti au catholicisme. Selon ses ennemis, il est même déjà pourvu du revenu d'une riche abbaye en France.

En réalité, Baudier est sincèrement attaché à la cause de la Réforme, mais souffre de la voir compromise par les violentes querelles soulevées par l’arminianisme et s'efforce de travailler à la réunion des Églises chrétiennes.

Il écrit un livre, mais estimant sans doute que ce livre n’aurait pas d’autre résultat que de le rendre odieux aux deux partis, il ne le publie pas.

Historiographe des états de Hollande (1611)

En 1611, il parvient après l'avoir longtemps espérée à obtenir la charge d'historiographe des états de Hollande.

Vie privée

Il a eu deux épouses, la seconde étant enceinte d'une fille au moment de sa mort.

Menant une vie où le vin et les femmes tiennent une part excessive, il souffre de fièvre, de délires et d'insomnies.

Mort et funérailles (1613)

Il meurt âgé seulement de 52 ans au cours d'une fièvre délirante.

Œuvre

Souvent considéré comme un bel esprit de son temps, il maîtrisait le grec et le latin, langue dans laquelle il excellait dans ses poésies. Il joignait à cela une immense érudition. Il a laissé une œuvre en latin d'une grande richesse.

Auteur de satires, il excelle surtout dans le vers ïambique, vif et serré.

Publications

De son vivant

Posthumes

Correspondance de Dominique Baudier

Notes et références

  1. ↑ Philippe III, représenté par l'archiduc Albert d'Autriche et l'infante Isabelle, « Albert et Isabelle ».
  2. ↑ En 1526, par le traité de Madrid, le comté de Flandre et le comté d'Artois cessent de faire partie du royaume de France.
  3. ↑ Les Néerlandais ne sont pas en guerre contre l'Espagne, mais contre Philippe de Habsbourg, qui est aussi roi d'Espagne (Philippe II). Fils de l'empereur Charles Quint et descendant des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, Philippe de Habsbourg est, aux Pays-Bas, duc de Brabant (Philippe IV), duc de Luxembourg (Philippe III), comte de Hollande (Philippe III), comte de Hainaut (Philippe III), comte de Namur (Philippe VI), etc.
  4. ↑ Paris étant alors tenu par la Ligue catholique.
  5. ↑ Pierre-Daniel Huet (1630-1721), Origines de la ville de Caen, Rouen, Maury, 1706 (2° édition, en ligne sur le site Google Books).
  6. ↑ Sardini lui offre la « table » et 800 livres par an.
  7. ↑ Page anglaise : Christophe de Harlay, Count of Beaumont.
  8. ↑ Elle durera effectivement douze ans, mais ne sera pas reconduite. La guerre ne prendra fin qu'en 1648 (traité de Münster), en même temps que la guerre de Trente Ans. Rétrospectivement, le soulèvement des Pays-Bas est aujourd'hui appelé guerre de Quatre-Vingts Ans (1568-1648).
  9. ↑ Janus Dousa avait sollicité ce poste pour lui en 1591, mais Johan van Oldenbarnevelt avait préféré Pieter Bockenberg.
  10. ↑ « À l’en croire, on ne pouvait lui reprocher qu’un penchant un peu trop prononcé pour le jus divin de la treille : « Malignitas obtrectatorum, écrivait-il à un ami, nihil aliud in nobis sugillare potest quant quod nimis commodus sim convivator, et interdùm longiùs adspergor flore Liberi Patris. » », Haag.
  11. ↑ « Ce qu’il y a de vrai, dans toutes ces calomnies, c’est que Baudius était trop adonné aux amours faciles, et que le surnom d’Ancillarius ne lui fut pas appliqué sans raison. Les excès qu’il commit abrégèrent vraisemblablement ses jours. » Haag.
  12. ↑ Les fiches du SUDOC indiquent dans quelles bibliothèques universitaires françaises ont peut trouver l'ouvrage concerné.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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