Mustela altaica
![]()
![]()
NT : Quasi menacé
Statut CITES
Répartition géographique
La Belette altaïque (Mustela altaica) communément désignée sous les noms de Belette de montagne, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des mustelidés.
Dans son ouvrage posthume Zoographia Rosso-Asiatica, publié en 1811, le naturaliste Peter Simon Pallas formalise la description de l’espèce sous le nom de Mustela altaica. Il indique avoir établi cette nouvelle espèce de manière hésitante (Dubie addo) à partir de peaux envoyées des montagnes de l'Altaï par son ami le naturaliste Patrin Schangin. Pallas note la ressemblance morphologique de l'animal avec l'hermine (Mustela erminea), tout en soulignant qu'il s'en distingue par une taille légèrement supérieure, un pelage plus roussâtre sur le dessus et une queue nettement plus longue.
Depuis lors, il n’y a pas eu de changement spécifiques majeure, et suivit les autres espèces dans les différents synonymes que sont Putorius durant le XIXe siècle, ou encore Arctogale durant la première partie du XXe. L’espèce fut placée un temps dans le groupe des Kolonocus par Ognev puis Stroganov.
Mais c’est dans une étude de 2008 que l’espèce fut placée dans le même clade que celui de la belette (Mustela nivalis).
Dans la troisième édition du Mammal species of the World, l’espèce fut subdivisée en deux sous-espèces, mais des études récentes ont supprimée cette subdivision et ITIS n’en compte aucune.
La belette de montagne est connue dans la grotte de Denisova, où les premiers restes de l'Homme de Denisova ont également été découverts.
Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025) :
| Genre Mustela |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le dimorphisme sexuel est peu marqué chez l’espèce. La longueur du corps du mâle, de la tête à la base de la queue, est d'environ 22 à 28 cm, l’appendice caudale ajoutant environ 10 à 15 cm. Les mâles peuvent peser entre 230 à 340 g.
Les femelles sont légèrement plus petites : la longueur de leur corps (tête comprise) mesure environ 22 à 25 cm, leur queue ajoute 9 à 13 cm, et elles pèsent environ 110 à 230 g. Cette espèce subit des mues saisonnières au printemps et en automne. Le pelage d'été se compose d'une fourrure gris à gris-brun avec un peu de jaune clair, tandis que la fourrure d'hiver est plutôt d'un jaune foncé teinté de brun. Dans les deux cas, le dessous du ventre est jaune pâle à blanc crème. Le dessus de la tête, entre le museau et les oreilles, est généralement d'un gris-brun plus foncé. La queue peut être plus rousse que le dos. Les lèvres sont blanches et le menton possède des vibrisses brun-gris.

Dans l'ensemble, ces petits mustélidés sont considérés comme solitaires, sauf en période de reproduction. Les conditions de reproductions exactes sont inconnues, mais d'autres espèces du même genre sont polygynes. Les groupes polygynes se composent généralement d'un mâle et de plusieurs femelles. La belette de montagne se reproduit une fois par an. Les mâles se battent vigoureusement pour accéder aux femelles. L'accouplement a généralement lieu en février ou en mars, et les jeunes naissent habituellement en mai. La période de gestation est de 30 à 49 jours, mais ces durées de gestation et de mise bas peuvent varier car il est capable d'une implantation différée ; la femelle peut s'accoupler et l'œuf est fécondé, mais il ne se fixe pas immédiatement à l'endomètre de l'utérus pour poursuivre la grossesse tant que les ressources nécessaires pour mener à bien la gestation et nourrir les jeunes ne sont pas disponibles.
La taille de la portée varie de un à huit jeunes. Les petits naissent altriciaux, ont besoin de soins et dépendent entièrement de leur mère ; leurs yeux sont fermés et leur fourrure est peu développée. L'allaitement dure environ 2 mois. Après le sevrage, les jeunes deviennent indépendants mais restent avec le reste de la portée jusqu'à l'automne. Les jeunes peuvent se reproduire dès la saison suivante, alors qu'ils ont un peu moins d'un an.
La belette de montagne est capable de grimper, de courir et de nager. Leur corps allongé et leurs pattes courtes leur confèrent une grande agilité. Elles sont généralement nocturnes, mais peuvent chasser pendant la journée. Bien que solitaires, elles communiquent entre elles de manière visuelle et vocale. Cet animal possède une excellente vision. Elles communiquent également par le son pour s'avertir des prédateurs potentiels, protéger leur territoire ou lors de l'accouplement. Lorsqu'elles sont menacées, elles émettent un cri strident et sécrètent une odeur fétide et âcre à partir de leurs glandes anales.
Les belettes de montagne sont des carnivores strictes. Elles se nourrissent principalement de pikas et de campagnols ; elles jouent un rôle écologique majeur en réduisant ou en limitant les populations de ces rongeurs. Les rats musqués, les lapins, les écureuils terrestres, les petits oiseaux, les lézards, les grenouilles, les poissons et les insectes font également partie de leur régime alimentaire.
Bien qu'aucun prédateur spécifique n'ait été officiellement rapporté pour cette espèce, leurs principaux prédateurs sont probablement les grands oiseaux, tel que des rapaces.
Parmi les menaces qui font que la belette est considérée comme une espèce quasi-menacée, on trouve la modification de son habitat, principalement causée par le développement humain, ainsi que d'autres dangers comme le trafic routier, qui peut réduire sa population. Le surpâturage par le bétail, les chèvres et les moutons entraîne une diminution des proies de la belette, car leurs cachettes et leur nourriture se font plus rares.

La belette de montagne est inscrite à l'annexe III de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). La catégorie dans laquelle elle figure comprend 45 espèces protégées dans au moins un pays qui a demandé de l'aide pour contrôler le commerce de cet animal afin de sauvegarder les ressources pour l'avenir. La belette de montagne est également inscrite à l'annexe II, partie II du Wildlife Protection Act of 1972 par le gouvernement de l'Inde, ce qui signifie que l'animal bénéficie d'une protection absolue et que les contrevenants s'exposent aux sanctions les plus lourdes. Les peines peuvent aller de trois à sept ans d'emprisonnement ou une amende de 25 000 $.
Pour initier un projet de réserve naturelle, il est nécessaire de planifier la construction, la dotation en personnel, le développement des accès, ainsi que la recherche et le suivi des espèces que l'on souhaite protéger et préserver. Il est parfois difficile de réunir toutes ces conditions. Par exemple, des réserves naturelles ont été proposées en Chine dans les vallées de Yeniugou et de Xiugou. Malheureusement, les plans ont été rejetés par les autorités qui y ont vu une tentative de détourner les fonds gouvernementaux vers la ville de Golmud (Chine), où se trouvent ces vallées.
Cependant, il existe une réserve naturelle réussie qui abrite la belette d'Altaï au Kazakhstan. La réserve naturelle de l'Altaï occidental a été créée pour préserver et protéger l'écosystème des montagnes et des forêts de l'Altaï qu'elle entoure. C'est la plus grande réserve naturelle du Kazakhstan ; elle abrite environ 52 espèces de mammifères, dont la belette d'Altaï ainsi que le pika, qui constitue sa nourriture principale.
Bien qu'aucune stratégie ni aucun programme de conservation spécifique ne soit dédié à la belette d'Altaï, elle bénéficie indirectement de nombreux autres programmes. Par exemple, la réserve naturelle du Kazakhstan protège de nombreuses espèces différentes. De même, les programmes de protection des pikas et autres petits mammifères contribuent à protéger la belette ; les réserves naturelles de Sanjiangyuan, du Changtang et du Kekexili en Chine entrent dans cette catégorie. Une autre approche pour conserver cet animal consisterait à passer en revue les stratégies de conservation d'autres espèces du même genre. Le déclin des populations de Mustela lutreola, le vison d'Europe, est similaire à celui de la belette de montagnes – principalement causé par la destruction de l'habitat, mais aussi par des maladies. Un programme a été mis en place en Russie pour aider à conserver cette espèce grâce à l'élevage en captivité et à la réintroduction, l'objectif étant d'élever des visons dans des stations de recherche en captivité.