Neogale felipei
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VU B1ab(ii,iii) : Vulnérable
Répartition géographique
La belette de Colombie (Neogale felipei), est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Mustelidae. Elle est endémique des Andes septentrionales, présente en Colombie et en Équateur.
C'est le deuxième plus petit carnivore vivant au monde en moyenne, se situant juste entre la belette (Mustela nivalis) et l'hermine (M. erminea). Avec moins d'une douzaine de spécimens documentés, elle est considérée comme le carnivore le plus rare d'Amérique du Sud.
L'espèce a été décrite très récemment ; tout d’abord en 1978 sous le nom de Mustela felipei par Robert J. Izor et Luis de la Torre. Son épithète spécifique, rendent hommage au mammalogiste américain Philip « Don Felipe » Hershkovitz.
À la suite d'une révision phylogénétique majeure publiée en 2021, l'espèce a été déplacée de l'ancien genre Mustela vers le genre Neogale, qui regroupe désormais plusieurs mustélidés du Nouveau Monde.
La belette de Colombie possède un corps particulièrement allongé et svelte. Elle mesure en moyenne 22 cm de long (corps et tête) pour une queue de 11,5 cm, et affiche un poids compris entre 120 et 150 g.
Le pelage est entièrement sombre (brun-noir) sur les parties supérieures et la queue. La zone ventrale présente une coloration crème à orange-beige pâle qui s'atténue progressivement vers la tête, sans dépasser la lèvre supérieure. Une tache sombre distinctive, de la même couleur que le dos, marque la poitrine entre les pattes avant.
Ses caractéristiques anatomiques incluent une bulle tympanique gonflée et une fosse mésoptérygoïde large. La plante de ses pieds est entièrement glabre et ses deuxième, troisième et quatrième doigts présentent des palmures interdigitales très développées, ce qui suggère fortement un mode de vie semi-aquatique.
En raison de sa rareté extrême, les mœurs de cette belette demeurent largement méconnues. C'est un prédateur strictement carnivore qui chasse principalement des poissons, de petits animaux aquatiques ainsi que de petits mammifères terrestres. Ses pieds palmés lui offrent une excellente agilité dans l'eau, tandis que la couleur sombre de sa fourrure lui assure un camouflage efficace dans la végétation dense des berges.
Bien qu'initialement considérée comme strictement endémique de la Colombie, la découverte de récents spécimens a confirmé sa présence dans le Nord de l'Équateur. Elle a été historiquement enregistrée dans les départements colombiens de Huila et du Cauca.
La belette de Colombie est une espèce inféodée aux zones humides et aux micro-habitats ripariens (bordures de cours d'eau, rivières, marais). Elle évolue à des altitudes comprises entre 1 100 et 2 700 m, au cœur des forêts de nuages andines caractérisées par une humidité constante de 100 %. Les modélisations écologiques estiment que son habitat potentiel chevauche 20 zones protégées en Colombie et 14 en Équateur.
La belette de Colombie est classée comme « Vulnérable » (VU) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en raison de sa population très réduite (estimée à moins de 1 400 individus matures) et de la fragmentation sévère de son habitat, largement menacé par la déforestation et l'expansion des cultures illégales.
Pendant plusieurs décennies, l'espèce n'a été connue qu'à travers de rares spécimens de musées. En 2011, le naturaliste amateur Juan de Roux a réussi à prendre les toutes premières photographies d'un individu vivant. L'animal s'était retrouvé piégé par hasard dans les toilettes de la maison de ses parents à l'ouest de la Colombie avant de s'échapper sain et sauf. Téléversé en 2018 sur la plateforme de sciences participatives iNaturalist, ce cliché unique a attiré l'attention de la communauté scientifique internationale et a permis de relancer les études sur ce mystérieux petit carnivore,.