Benoît Malon

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Benoît Malon
Benoît Malon vers 1890 photographié par Pierre Petit.
Fonction
Député à l'Assemblée nationale
Assemblée nationale
Seine
-
Biographie
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La Revue socialiste (1880-1893)
Parti politique
Idéologie
Membre de
Vue de la sépulture.

Benoît Malon, né le à Précieux (Loire) et mort le à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un journaliste, écrivain, syndicaliste, membre de la Commune de Paris, homme politique et théoricien socialiste français.

Opposant au Second Empire, il participe à la Commune de Paris puis s'exile en Suisse. Après son retour en France, il continue son activité militante et fonde, en 1880, avec Élie Peyron, La Revue socialiste. Cette publication devient rapidement un carrefour intellectuel et publie les écrits de personnalités très diverses, tous attachés à des tendances différentes du socialisme français et international.

Biographie

Famille et éducation

Benoît est fils de paysans pauvres, Joseph Malon (valet dans la ferme de la Croix d'or et dans celle de la Cotille), et Benoîte Baleydier, femme au foyer, et a trois frères : Pierre, Joseph et Jean-Marie. Leur père meurt à l'âge de 34 ans d'un refroidissement, et leur mère épouse Eymar Bonnel en 1852. C’est un homme peu apprécié de Benoît.

Malon a le goût de l'étude, malgré sa présence irrégulière, c'est un bon élève de l'école communale de Précieux. À la mort de son père, il doit se placer comme ouvrier agricole à Neyrieu dans l'Ain. Malade, il revient en Forez, où il est recueilli et remis sur pied par son frère Jean Malon, instituteur à Maringes (Loire), et bénéficie pendant deux ans de ses leçons. Il est ensuite élève à Lyon (pendant quelques semaines) dans un pensionnat qui prépare au petit séminaire où il manifeste toujours ses dons pour l'étude. Cette formation explique comment il est devenu journaliste et écrivain. Ne trouvant pas sa voie, il devient employé à la Croix-Rousse puis dans une banque à Trévoux.

Engagement socialiste sous le Second Empire

Ayant perdu la foi, d'après certaines sources, Benoît Malon renonce à entrer au séminaire, gagne Paris en 1863 et trouve un emploi d'ouvrier teinturier dans une usine de Puteaux. Zéphirin Camélinat le fait adhérer en 1865 à l'Association internationale des travailleurs (AIT). En 1866, à Puteaux, Malon organise la grève des ouvriers teinturiers et fonde une coopérative de consommation. La société de teinturerie devient, en 1867, une coopérative nommée La Revendication (de Puteaux, Suresnes, Clichy et Courbevoie), Benoît en est le vice président. Devenu avec son ami Eugène Varlin, l'un des dirigeants de la section française de l'AIT, qui avait été interdite, il fait à deux reprises de la prison (1868 et 1870).

À sa sortie, il entre comme journaliste à La Marseillaise, le journal d'Henri Rochefort. Il rédige une série d'articles remarqués, dans lesquels il parle de la grande grève des usines Schneider du Creusot. Cette même année, lors du troisième procès de l'Internationale, il est condamné à plusieurs mois de prison.

La guerre de 1870 et la Commune

Benoît Malon vers 1870.

Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Pendant le Siège de Paris, il organise l'assistance publique pour les Parisiens les plus pauvres avec Eugène Varlin. Celui-ci est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et maire-adjoint du 17e arrondissement. En , il est élu député socialiste révolutionnaire de la Seine, mais il démissionne, avec Victor Hugo et d'autres députés républicains, pour protester contre la cession de l'Alsace-Lorraine.

Le , il est élu au Conseil de la Commune et devient maire de l'arrondissement des Batignolles, dont il organise la défense pendant la Semaine sanglante. Il siège à la commission du Travail, de l'Échange ainsi que de l'Industrie et vote contre la création du Comité de Salut public. Après la Semaine sanglante, il s'exile à Lugano, en Suisse, puis, en Italie (Turin, Milan et Palerme), où il participe au mouvement ouvrier. En , il adhère à la Fédération jurassienne de tendance bakouniniste. Il publie La Troisième Défaite du prolétariat français. Lors de son exil en Suisse, il devient le compagnon de la féministe André Léo, qu'il « épouse librement » en 1872.

Sous la Troisième République

La Revue socialiste
(no 7, tome 2, ).

Rentré en France après l'amnistie de 1880, il préside le congrès socialiste de Saint-Étienne (1882), qui voit la rupture entre réformistes (possibilistes) menés par Paul Brousse, dont il fait désormais partie, et guesdistes (« marxistes »). Socialiste indépendant, il est le fondateur, avec Élie Peyron, et le premier directeur, de 1880 à sa mort, de La Revue socialiste qui est, dans ses actes fondateurs, ouverte à toutes les tendances du socialisme français, ainsi que la Société républicaine d’économie sociale, qu'il fonde en , avec Zéphirin Camélinat.

Franc-maçon, les conditions exactes et le lieu de son initiation sont inconnues. Selon le dictionnaire Ligou, il aurait été reçu dans une loge sauvage de réfugiés politiques au cours de sa période d'exil. Il est élevé au grade de maître en 1877 au sein de la loge « Fedelta » à Palerme. En 1880, il est présent dans des tenues de la loge parisienne « La ruche libre » et en 1889 à la loge « Liens des peuples et de bienfaiteurs réunis ».

Benoît Malon publie de nombreux ouvrages, dont Le Socialisme intégral (1891) dans lequel il prône la création d'un ministère de l'Assurance sociale. À sa mort, 10 000 personnes accompagnent son corps au cimetière du Père-Lachaise, où il est inhumé dans la 76e division. En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres est érigé face au Mur des Fédérés et Jean Jaurès prononce un discours.

Ouvrages

Hommages

Groupe scolaire Benoît-Malon à Puteaux.
Une école maternelle de Livry-Gargan porte le nom de Benoit Malon.
Rue Benoît Malon, 7340 Colfontaine (Belgique).

Plusieurs rues de villes de France (sauf mention) portent son nom :

Notes et références

  1. ↑ « Benoit Malon (1841-1893) », sur forezhistoire.free.fr Forez Histoire, (consulté le ).
  2. ↑ « Maringes…(-la-Rouge), eh oui ! | PATRIMOINE ET HISTOIRE DE CHAZELLES-SUR-LYON et alentours » (consulté le ).
  3. 1 2 « Malon Benoit », sur universalis.fr Encyclopédia universalis (consulté le ).
  4. ↑ « MALON Benoît [Dictionnaire des anarchistes] - Maitron », sur maitron.fr (consulté le ).
  5. ↑ « Benoît Malon », sur raspouteam.org Raspouteam (consulté le ).
  6. ↑ Daniel Ligou 2017, p. 761.

Voir aussi

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Bibliographie

Notices biographiques

Articles connexes

Liens externes