| Naissance |
Paris XIIe |
|---|---|
| Décès |
(à 93 ans) Paris IXe |
| Nationalité | Française |
| Profession |
Historien de l’architecture, éditeur, auteur |
| Famille |
Baptiste-Marrey (frère) |
Bernard Marrey est un historien de l'architecture et éditeur français, né le à Paris (XIIe) et décédé le à Paris (IXe),,. Il est notamment connu pour ses nombreux ouvrages sur l’histoire de l’architecture française et pour avoir fondé les Éditions du Linteau, spécialisées dans la publication de livres émanant de constructeurs, qu'ils soient architectes, ingénieurs, maîtres d'ouvrage, entrepreneurs ou travaillant dans ces entreprises.
Après son baccalauréat, Bernard Marrey n’a suivi aucune formation spécifique, se formant essentiellement sur le tas ainsi qu’au contact des livres et des personnes rencontrées.Il a exercé divers métiers, de la recherche pétrolière à la programmation télévisuelle en passant par l’animation culturelle. Son goût pour les arts plastiques et pour la vie de la cité l’a progressivement conduit vers l’architecture et son histoire récente. Un livre en entraînant un autre, il écrit une trentaine d'ouvrages, seul ou en participation avant d'avoir envie de publier certains textes inédits qu'il rencontrait lors de ses recherches.
Ainsi, ne trouvant pas d'éditeur pour publier Un amour sans limite, recueil de textes de l'ingénieur Eugène Freyssinet, il décide alors de profiter de sa prime de départ à la retraite pour fonder les Éditions du Linteau en 1993. Un amour sans limite est publié la même année et constitue le premier livre des éditions au sein desquelles il a publié plus de quatre-vingts livres d’architectes et d’ingénieurs, souvent étrangers.
Il participe notamment à la reconnaissance du travail de Gustave Eiffel, encore méconnu au début des années 1980, en dirigeant l'exposition Gustave Eiffel et son temps, au Musée de La Poste à Paris en 1982 dont il réalisera également le catalogue. Il publiera peu de temps après l'un des ouvrages de référence sur le sujet (La vie et l'œuvre extraordinaires de Monsieur Gustave Eiffel, 1984, Graphite) qui sortira simultanément en version française et en version anglaise.
Sa connaissance de l'architecture parisienne et de ses bâtiments lui ont valu d'être missionné par le Pavillon de l'Arsenal (le Centre d'information, de documentation et d'exposition d'urbanisme et d'architecture de Paris et de la métropole parisienne), pour diriger un cycle d'expositions thématiques sur les différents matériaux de Paris. Ce cycle s'est étendu sur une décennie, de 1989 à 1999. Chaque exposition proposait un regard sur la ville et ses bâtiments sous le prisme d'un matériau et s'accompagnait de la publication d'un livre dirigé (ou co-dirigé) par Bernard Marrey. Ainsi, furent exposés le fer (1989), la brique (1991), le bois (1994), le verre (1997) et le béton (1999).
En 2008, il participe à la création de la revue de critique architecturale Criticat au côté de Françoise Fromonot, Pierre Chabard et Valéry Didelon. Il y contribuera régulièrement jusqu'en 2013.
En tant qu'auteur, Bernard Marrey a reçu plusieurs distinctions : Grand prix de la critique architecturale en 1982 pour son Guide Rhône-Alpes, Prix Ferdinand de Lesseps en 1990 (Les ponts modernes. XVIIIe et XIXe siècles), Grand prix du livre d’architecture de Briey en 1994 (Des histoires de bois, avec Roland Schweitzer) et 1996 (Les ponts modernes. XXe siècle). En tant qu'éditeur, les Éditions du Linteau ont été récompensées d'une mention spéciale du jury de l'Académie d'Architecture en 1997 et deux livres du catalogue obtiennent le Prix du livre de l'Académie d'Architecture : La folle histoire du Latitude 43 d'Armelle Lavalou et Thierry Champalle en 2013 et La chapelle de Ronchamp, naissance d'un chef-d’œuvre de Claude Maisonnier en 2022,.
Avec son frère, l'écrivain Baptiste-Marrey, il fait don en 2002 de la collection d'art de ses parents, Lucien et Fernande Marrey, au Musée de Sens.La collection comprend notamment des œuvres du céramiste Jean Mayodon, du ferronnier d'art Raymond Subes ou encore deux sculptures d' Auguste Rodin qui sont désormais accessibles à tous et viennent enrichir les collections du musée,.
Pour moi, l’histoire de l’architecture est trop souvent réduite à l’histoire des architectes. Il est vrai que, dans certains cas, l’architecte a eu une sorte de carte blanche (la villa Savoye par exemple). Mais le plus souvent, l’œuvre est le résultat d’une collaboration avec le maître d’ouvrage et parfois l’entrepreneur (dans lequel j’englobe le ou les bureaux d’études) qui n’ont pas toujours qu’un rôle d’exécutant, pour le meilleur ou pour le pire.
L’exemple le plus flagrant est celui du Cnit où le rôle des architectes a été très limité. Le concours lancé par le maître d’ouvrage était d’ailleurs un concours d’entreprises et c’est bien le projet de l’Entreprise Boussiron dessiné par Nicolas Esquillan qui l’a emporté et qu’il réalisa.
La difficulté vient de ce que les sources sont rares. C’est pourquoi j’ai été très heureux de pouvoir écrire cette Naissance du théâtre des Champs-Élysées où, grâce à des archives inédites, j’ai pu retracer la collaboration heureuse, chaotique et difficile de l’architecte Van de Velde, du maître d’ouvrage Thomas (qui n’était d’ailleurs pas complètement « maître » car présidant un conseil d’administration mouvant) et d’un entrepreneur « entreprenant » Perret. Le rôle du maître d’ouvrage, qui a su tenir la barre au cours de péripéties parfois dramatiques, a été ici déterminant.
L’œuvre d’architecture est donc le plus souvent une œuvre collective. C’est sa force, et parfois, sa faiblesse.
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