Une bibliographie (provenant du grec ancien biblion, « livre », et graphein, « écrire ») est une liste structurée de références de documents écrits. Elle est établie généralement pour signaler un ensemble de sources qui évoquent un sujet donné ou qui ont été utilisées comme supports intellectuels pour écrire sur un sujet donné,,,.
La bibliographie est aussi « la discipline concernant la recherche, le signalement, la description et le classement des textes imprimés ou multigraphiés dans le but de constituer des répertoires de livres destinés à faciliter la recherche intellectuelle ».
Le mot bibliographie désigne donc à la fois un objet, sa mise en œuvre et son étude.
Une bibliographie se différencie d'un inventaire et d'un catalogue, en particulier des catalogues de bibliothèques destinés non pas à identifier des publications mais à les repérer et surtout en localiser des exemplaires dans une ou plusieurs bibliothèques.
On peut distinguer les bibliographies, des listes, des inventaires et des catalogues.
Au reste, le terme l'utilisation du mot pour désigner la liste des ouvrages publiés par un auteur, par capillarité du terme anglais bibliography est parfois considéré comme impropre en français ; une liste des œuvres d'un auteur peut être qualifiée de bibliographie lorsque cette liste est détaillée, donne les différentes éditions d'un même ouvrage, les variations, indique exhaustivement les auteurs de préfaces, d'avant-propos, etc., c'est-à-dire qu'elle vise l’étude de la liste des œuvres d'un auteur.
Disciple d’Aristote, Démétrios de Phalère, fondateur de la fameuse Bibliothèque d'Alexandrie vers 300 av. J.-C., institue deux disciplines, la bibliographie et la muséographie.
« Le médecin grec Galien, en écrivant au IIe siècle le De libris propriis, donne la première expression de l'idée bibliographique qui équivaut à “liste d’œuvres”... Les hommes instruits qui se préoccupent, au XVe siècle, de rassembler les titres de livres nouvellement imprimés suivent d'abord la tradition. Le premier d'entre eux est un abbé du monastère des Bénédictins de Spannheim, en Prusse, Johann Tritheim, dont le Liber de scriptoribus ecclesiasticis paraît à Bâle en 1494. »
Dès la Renaissance, de nombreux répertoires de titres sont publiés, sans toutefois porter le nom de "bibliographies". Ils s'intitulent plutôt bibliotheca, catalogus, index, inventarium, ou repertorium. Le mot n'apparaît qu'au XVIIe siècle, sous la plume de Gabriel Naudé, bibliothécaire de Mazarin et auteur d'une Bibliographia politica. À l'instar de Naudé, les bibliographes de cette époque sont souvent des érudits qui cherchent à rassembler les titres d'ouvrages pertinents pour l'étude d'une discipline donnée. Le mot "bibliographie" ne fait son entrée dans le dictionnaire qu'avec la quatrième édition du Dictionnaire de l'Académie française, en 1762. Il n'y est toutefois défini que comme "science du bibliographe", et le bibliographe n'est défini que comme synonyme de paléographe, à savoir quelqu'un qui déchiffre les anciens manuscrits. Le Dictionnaire de Trévoux, en 1771, est le premier à associer la bibliographie à un catalogue de livres. Le premier traité de bibliographie français est rédigé en 1782 par le libraire parisien Jean-François Née de la Rochelle ; il y distingue deux branches de la bibliographie : celle qui s'occupe de description matérielle et typographique, et celle qui se consacre à dresser des listes de livres.
Au moment où les biens du clergé sont nationalisés, pendant la Révolution française, l’État entre en possession d'un nombre considérable d'ouvrages issus des bibliothèques ecclésiastiques. Il décide de les indexer et de les cataloguer afin de les répartir dans les nouvelles bibliothèques des Écoles Centrales. À cette fin, un "Bureau central bibliographique" est institué, qui publie de nombreuses recommandations de catalogage. L'époque est encore à la confusion dans les usages du mot "bibliographie". Il revient au bibliothécaire Gabriel Peignot d'établir la distinction entre bibliologie, ou science du livre comme objet matériel, et bibliographie, ou discipline consistant à faire l'inventaire des ouvrages, que Peignot subdivise pour la première fois en bibliographie générale et bibliographie spécialisée. C'est le sens donné par Peignot à la bibliographie qui s'impose par la suite en France, tandis que la bibliography anglo-saxonne demeure proche de la codicologie et de la bibliologie. L’École nationale des Chartes joue un rôle majeur en France dans l'adoption du sens donné par Gabriel Peignot à la discipline bibliographique. En effet, le professeur Charles Mortet, titulaire de la chaire de bibliographie, rappelle les objectifs de la discipline : signaler les ouvrages et les identifier afin d'informer le public des lecteurs, qu'il soit ou non académique. L'importance du répertoire est soulignée par cette définition, l'objectif idéal étant un répertoire universel de toutes les publications de tous les pays.
À la fin du XIXe siècle, on retrouve plusieurs initiatives développées en France et en Belgique autour de l'idée d'une bibliographie universelle : l'Office international de bibliographie créé en 1895 par Paul Otlet et Henri La Fontaine et le Bureau bibliographique de Paris initié par le général Hippolyte Sebert et ses collègues belges.
La bibliographie occupe une place croissante dans la pratique scientifique, ce dont témoigne le nombre important de comptes rendus critiques portant sur les bibliographies pendant la première moitié du XXe siècle. C'est un instrument de recherche et un outil de liaison qui sert à informer les savants.
La bibliographie joue un rôle central à la fois dans le processus de construction d'une communauté scientifique internationale et dans la circulation des savoirs.
Durant l'entre-deux-guerres, la bibliographie devient un objet de rivalité entre nations sous l'effet de l'essor des nationalismes.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'importance de la bibliographie décroît au profit de la documentation (c’est-à-dire l’accès aux documents et non plus uniquement leur recensement).
Le contenu et la présentation d'une bibliographie sont adaptés à l'objectif visé par son édition. On distingue ainsi différents types formels de bibliographies.
Une bibliographie, par principe, se compose de plusieurs références bibliographiques qui renvoient à autant de documents. Pour en faciliter la consultation, il est utile de présenter ces références de façon uniforme et de les trier.
Concrètement, il existe de nombreuses normes de présentation des références bibliographiques, généralement spécifiques à un domaine d'activité. Des normes ont également été spécifiquement développées pour encadrer la gestion et la présentation des données bibliographiques dans l'environnement numérique.
NB. La famille de normes ISBD est destinée à la description et l'identification de documents dans les catalogues de bibliothèques et n'est pas destinée à l'établissement de bibliographies.
La norme ISO 690, adaptée par l'AFNOR sous la référence NF Z 44-005-2 est orientée vers l'édition.
Le format RIS est un format structuré de données bibliographiques développé par Research Information Systems et le format de fichier électronique qui en découle. Son extension est « .ris ».
Les références bibliographiques font couramment appel à des termes, ou à leur abréviation, d'origine latine :
Pour les indications d'édition et de publication, on peut remplacer les inconnues par les abréviations suivantes :
Les abréviations suivantes sont également employées :