Essai biologique

Un essai biologique, ou bioessai, dans le cadre de la normalisation biologique et de la méthode expérimentale scientifique, est un test impliquant l'utilisation de plantes ou d'animaux vivants (in vivo) ou de tissus ou cellules (in vitro) pour déterminer l'effet biologique ou la toxicité d'une substance (ex : hormone, pesticide, médicament...) ou d'un contexte.

Utilisation

Dans le domaine de la toxicologie et de l'écotoxicologie, ces essais sont des procédures très standardisées qui visent typiquement à quantifier en laboratoire les effets d'une exposition (aiguë ou chronique) à une substance ou à un certain contexte (bruit, rayonnement...) sur des organismes vivants ou certains de leurs tissus (via une culture de tissus le cas échéant) ;

Ils sont essentiels dans le développement de nouveaux principes actifs et dans le contrôle des polluants environnementaux. Ils peuvent par exemple déterminer la concentration, la pureté et l'activité biologique d'une substance (vitamine, hormone, facteur de croissance...) en mesurant ses effets sur un organisme, un tissu, des cellules, une enzyme ou un récepteur. Ils servent aussi à déterminer le seuil (concentration, niveau) au delà duquel une matière active ou un altéragène développe des effets nuisibles sur des organismes ou l'environnement.

Les essais peuvent être qualitatifs ou quantitatifs,

Bioessai qualitatif avec graines et eau prélevée dans la Vilaine à Rennes lors d'un chantier de biohacking (octobre 2022)

Objectifs

  1. Mesure de l'activité pharmacologique de substances nouvelles ou non identifiées ;
  2. Recherche de la fonction des médiateurs endogènes ;
  3. Identification des effets indésirables et de la dose létale médiane ;
  4. Mesure de la concentration de substances connues ;
  5. Évaluation de la quantité de polluants provenant d'une source particulière ; eaux usées ; région urbaine, ruissellement ;
  6. Détermination de la spécificité de certaines enzymes à certains substrats.

Avantages et limites

Ces tests présentent les avantages d'un coût souvent raisonnable ou faible, et de la standardisation qui permet les comparaison et la répétabilité ; ils mesurent la toxicité via divers paramètres ; de niveaux subcellulaires (perturbation biochimique, dommages à l'ADN) aux niveaux de la population (Cf. succès de reproduction, biomasse, sex-ratio...). Ils ont permis d'importants progrès en écotoxicologie, tant pour identifier des contaminants que pour la protection de l'environnement,.

Mais ils doivent être considérés avec leurs limites, car :

Pour les questions complexes, les essais en laboratoire sont généralement complétés par des études en écotron et/ou des recherches in situ, des modélisations...

Exemples

Notes et références

  1. ↑ (en) Bertram G. Katzung, Basic and Clinical Pharmacology, McGraw-Hill Medical, , 1179 p. (ISBN 978-0-07-145153-6)
  2. ↑ Calow P & Forbes VE (2003) Peer reviewed: Does ecotoxicology inform ecological risk assessment? Environ Sci Technol 37: 146A– 151A.
  3. ↑ Rudén C, Adams J, Ågerstrand M, Brock TCM, Poulsen V, Schlekat CE, Wheeler JR, Henry TR. (2016) Assessing the relevance of ecotoxicological studies for regulatory decision making. Integr Environ Assess Manag 13: 652– 663.
  4. 1 2 3 4 5 Julián Blasco (2010) Do Contaminants Influence the Spatial Distribution of Aquatic Species? How New Perspectives on Ecotoxicological Assays Might Answer This Question ; 27 déc 2019 | https://doi.org/10.1002/etc.4594 (résumé)
  5. ↑ Araújo CVM, Moreira‐Santos M, Ribeiro R. (2016) Active and passive spatial avoidance by aquatic organisms from environmental stressors: A complementary perspective and a critical review. Environ Int 92–93: 405– 415.
  6. ↑ Araújo CVM, Roque D, Blasco J, Ribeiro R, Moreira‐Santos M, Toribio A, Aquirre E, Barro S. (2018) Stress‐driven emigration in complex field scenarios of habitat disturbance: The heterogeneous multi‐habitat assay system (HeMHAS). Sci Total Environ 644: 31– 36.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie