Bolet de plomb, Bolet massif
| Règne | Fungi |
|---|---|
| Embranchement | Basidiomycota |
| Classe | Agaricomycetes |
| Ordre | Boletales |
| Famille | Boletaceae |
| Genre | Imperator |
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EN : En danger
Imperator torosus, le Bolet de plomb ou Bolet massif, auparavant Boletus torosus, est une espèce toxique de champignon méditerranéen et calcicole rare du genre Imperator dans la famille des Boletaceae. C'est une espèce menacée. Il est caractérisé par son chapeau plombé, sa chair lourde et son bleuissement intense à la coupe ou à la pression.
Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Imperator torosus (Fr.) Assyov, Bellanger, Bertéa, Courtec., Koller, Loizides, G. Marques, J.A. Muñoz, Oppicelli, D. Puddu, F. Rich. & P.-A. Moreau, 2015.
L'espèce a été initialement classée dans le genre Boletus sous le basionyme Boletus torosus Fr., 1835.
Imperator torosus a pour synonymes :
Il est proche phylogénétiquement de Boletus vermiculosus et de Suillellus luridus.
Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Bolet de plomb, Bolet massif, en référence à son poids particulièrement lourd.

Les bolets sont des champignons dont l'hyménophore, constitué de tubes et terminés par des pores, se sépare facilement de la chair du chapeau. Ce chapeau d'abord rond, recouvert d'une cuticule, devient convexe à mesure qu’il vieillit. Ils ont un pied (stipe) central assez épais et une chair compacte. Les caractéristiques morphologiques de I. torosus sont les suivantes :
Son chapeau est jaune ou blanchâtre dans la jeunesse, virant rapidement en jaunâtre gris sale, brunâtre à gris olivâtre, généralement bariolé de rougeâtre brunâtre à vineux dans les blessures.
L'hyménophore présente des pores jaunes puis verdâtres à maturité, rarement avec un peu de rouge, bleuissants au toucher.
Son stipe est jaune à légèrement orangé, maculé comme le chapeau de brun vineux dans les blessures, couvert d’un fin réseau concolore dans la moitié supérieure.
La chair est jaune, bleuissant vivement à la coupe, rouge betterave à la base, ferme, très dense et notablement lourde.
Ses spores mesurent 13,5 à 15,5 µm x 5,5 à 6,5 µm. Les basides mesurent 22 à 40 (50) µm x 8.0 à 9.0 (21) µm, elles sont cylindriques à clavées.
C'est une espèce ectomycorhizienne, rare, thermophile et calcicole, poussant de l'été à l'automne, solitaire à grégaire, sous feuillus et conifères, notamment en altitude, jusqu'à 1500 m, particulièrement avec l'épicéa, les sapins ou le hêtre, mais il a aussi été documenté comme poussant sous divers chênes à tendance xérothermique.
Il s'agit d'un des bolets les plus rares d'Europe, bien que sa distribution soit ample, présent dans les listes rouges nationales et placé à la protection dans beaucoup de pays. Il a été confirmé jusqu'ici en Autriche, Bulgarie, Bosnie-Herzégovine, Tchéquie, Croatie, France, Grèce, Allemagne, Hongrie, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Macédoine du Nord, Monténégro, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suisse, Ukraine, Turquie et Russie.
Une étude, publiée en , menée conjointement en France par l'UICN, l'OFB, le MNHN et l'AdoniF sur le statut de conservation dans le pays de plus de 250 champignons; classe cette espèce Imperator torosus dans la catégorie EN (en danger) au niveau national,.
Le Bolet de plomb a été considéré longtemps comme comestible avant d'avoir provoqué des intoxications multiples en Charente-Maritime lors d'un début d'été particulièrement sec. Il provoque des symptômes gastro-intestinaux tels que douleurs abdominales, diarrhées et vomissements lorsqu'il est consommé cru ou mal cuit. Ces réactions peuvent également se produire chez certaines personnes lorsqu'il est consommé cuit.
Dans une étude de 1994, les chercheurs Ulrich Kiwitt et Hartmut Laatsch ont recherché de la coprine, un composé antabusique, chez S. luridus et des espèces similaires qui avaient été suspectées d'induire des réactions de type antabusique avec l'alcool. L'ingestion de coprine provoque des bouffées de chaleur notamment au visage, des picotements dans les bras et les jambes, des nausées et des vomissements ainsi qu'une accélération du rythme cardiaque dans les cinq à dix minutes suivant la consommation d'alcool. Ils n'en ont trouvé aucun chez S. luridus, mais en ont trouvé des traces chez I. torosus. Ils ont conclu que l'explication la plus probable des empoisonnements antérieurs était une mauvaise identification de I. torosus avec S. luridus, bien qu'ils n'aient pas pu exclure que cette dernière espèce contienne un composé jusqu'alors non identifié causant des réactions liées à l'alcool. Aucun cas clinique de sensibilité à l'alcool n'a été rapporté pour I. torosus.
En France, il est considéré toxique
. Dans l'ensemble, son niveau de sécurité alimentaire est insuffisant et sa consommation est déconseillée, de plus, son statut d'espèce rare en danger devrait inciter à le cueillir uniquement à des fins d'études.
Le Bolet de plomb est à comparer avec les espèces suivantes :