En Belgique, dans la région de Liège, au XIXesiècle, une botteresse ou boteresse (ou plus rarement bottresse) est une femme porteuse de hotte qui transporte des marchandises ou du charbon sur son dos.
Description
La botteresse est décrite comme une «matronne charpentée comme un chêne, colporteuse, messagère…», aucune charge ne l'effrayait «pourvu qu'elle puisse tenir dans sa hotte». À la main, elle tient une canne qu'elle peut placer sous la hotte pour soulager un peu la pression des bretelles sur les épaules. Elle transporte des marchandises et matériaux variés, comme des fruits et légumes ou du charbon. Elle représente une main d’œuvre importante et peu rémunérée dans les mines.
Selon une légende tenace, les botteresses venues de Liège auraient apporté sur leur dos la terre nécessaire à l'édification de la Butte du Lion de Waterloo,. Un simple calcul montrant que 44 000 charges par jour auraient été nécessaires permet de démentir cette légende.
Étymologie
En wallon liégeois, un «bot» est un panier, une hotte, la botteresse est donc une «hotteresse» ou une hotteuse puisqu'elle porte sa charge dans une hotte. Parler de «botteresses liégeoises» serait un pléonasme.
Emballage de Chocolat des Bottresses, Delhaize 1905.
Sculpture
Des statues, œuvres du sculpteur Henri Beckers, représentant des botteresses ornent plusieurs Fontaines Montefiore, fontaines-abreuvoirs publiques d'eau potable installées à Liège à la fin du XIXesiècle.
↑Édith Schurgers, D'un monde à l'autre: le long du 19e siècle 1789-1914: Grand Curtius 4.7-10.11.2018, Dossier pédagogique, Liège, (lire en ligne[PDF]), p.32.
↑Véronique Hansotte, «Les prévenus de crimes et de délits a Liège sous le régime français», Revue belge d'histoire contemporaine, vol.14, , p.115-176 (lire en ligne, consulté le ).
↑Robert Ruwet et Albert Cariaux, Liège éternelle: Les traces d'antan dans les rues d'aujourd'hui, Tempus, coll.«Mémoire en images», , 128p. (ISBN978-90-76684-87-1), p.64