Boukary Koutou

Boukary Koutou
Boukary regardant dans les jumelles que lui a aoffert Louis-Gustvae Binger, illustration extraite de Du Niger au golfe de Guinée, Hachette, 1892, p.475
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Naissance
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Activité
Fratrie

Boukary Koutou, connu sous le nom de règne de Moro Naba Wobgo, aussi orthographié Wobgho, né vers 1850 et mort en 1904, est un souverain mossi de Ouagadougou, dans l'actuel Burkina Faso. Trente-deuxième Moro Naba, il règne de 1889 jusqu'à sa destitution par les autorités coloniales françaises en 1897.

Biographie

Origines et exil

Boukary Koutou, illustration extraite du récit de Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée, publié en 1892.

Boukary Koutou naît vers 1850. Il est le huitième fils du Moro Naba Koutou et de la reine Hawa. À la mort de son père en 1871, il s'oppose à son frère aîné Sanem, choisi pour lui succéder. La lutte entre leurs partisans se termine par la victoire de Sanem et l'exil de Boukary hors de Ouagadougou.

Durant son exil, Boukary Koutou vit à la frontière des territoires mossis et mène des raids dans les régions habitées par les Gourounsi et les Kipirsi. En juin 1888, il reçoit l'officier et explorateur français Louis-Gustave Binger à Banéma. Celui-ci le décrit comme un homme d'une quarantaine d'années, grand, vêtu avec soin, au visage rond, portant les tatouages mossis et une petite barbiche.

Binger se rend ensuite à Ouagadougou, mais le Moro Naba Sanem l'empêche de poursuivre son voyage vers le nord. Il retourne auprès de Boukary le 13 juillet 1888. Malgré les ordres de son frère, Boukary l'accueille, le ravitaille et lui offre un second cheval. Binger écrit que « Boukary Naba ne se départit pas une seule fois de sa ligne de conduite ».

Le voyageur décrit aussi les conditions de vie du prince exilé, privé de territoire et de revenus par son frère. Boukary et ses cavaliers vivent en partie du pillage et de la capture d'habitants des régions voisines. Binger résume sa situation par ces mots : « Pour subsister et tenir un certain rang, il est forcé de vivre de pillage et même de brigandage ».

À la veille du départ de Binger, Boukary lui envoie trois jeunes femmes âgées de vingt à vingt-cinq ans qu'il souhaite lui faire épouser. Binger refuse ce mariage et renvoie d'abord deux d'entre elles : « Passer brusquement du célibat à un triple mariage me parut un peu excessif ». Un accord prévoit ensuite que les trois femmes épousent des membres de l'expédition de Binger.

Règne et opposition à la conquête française

À la mort du Moro Naba Sanem en 1889, le collège chargé de la succession choisit Boukary Koutou. Il devient le trente-deuxième Moro Naba de Ouagadougou et prend le nom de règne de Wobgo, qui signifie « éléphant ». La tradition dynastique lui attribue un règne de huit ans, de 1889 à 1897.

Son règne correspond à l'intensification de la rivalité entre la France et le Royaume-Uni pour le contrôle de l'intérieur de l'Afrique de l'Ouest. Le Français François Crozat est reçu à Ouagadougou en septembre 1890. En avril 1891, Wobgo refuse de recevoir l'officier français Parfait-Louis Monteil, qui souhaite obtenir la reconnaissance d'un protectorat français.

En juillet 1894, Wobgo conclut un traité d'amitié et de commerce avec George Ekem Ferguson (en), agent politique et cartographe de la colonie britannique de la Côte-de-l'Or. Il refuse ensuite les propositions de protectorat présentées par les représentants français.

Le , les troupes françaises commandées par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine occupent Ouagadougou. Wobgo quitte la capitale, puis tente sans succès de la reprendre le 7 septembre. Il sollicite l'aide des autorités britanniques avant de se replier vers les territoires placés sous leur influence.

En janvier 1897, les autorités françaises prononcent sa destitution et installent son frère Kouka Koutou sur le trône sous le nom de Moro Naba Siguiri. Wobgo conserve des partisans dans les régions de Manga et du Busansi. Il poursuit sa résistance depuis son exil, puis s'établit dans la région de Zangouéyiri, au nord de l'actuel Ghana.

Les sources situent sa mort en 1904. Le Dictionary of African Biography retient le mois de janvier, tandis que Mathias Nana donne la date du à Zangouéyiri.

Notes et références

  1. ↑ « Mogho Naaba Wobgo : l'éléphant qui n’avait pas peur des fantômes », sur leFaso.net (consulté le ).
  2. ↑ Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 449-450.
  3. ↑ Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 469.
  4. ↑ Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 470.
  5. ↑ Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 473.
  6. 1 2 Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, vol. 1, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 474.
  7. ↑ Yamba Tiendrebeogo dit Naba Abgha, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal des africanistes, vol. 33, no 1,‎ , p. 7-46 (ISSN 0037-9166, DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le ).
  8. 1 2 (en) Dictionary of African Biography, vol. 6, New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-538207-5), p. 179.
  9. ↑ Mathias Nana, « Modalités et outils de « pacification » en pays moaaga (1897-1919) », Revue française d'histoire d'outre-mer, vol. 81, no 302,‎ , p. 5-25 (DOI 10.3406/outre.1994.3174, lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ Mathias Nana, « Modalités et outils de « pacification » en pays moaaga (1897-1919) », Revue française d'histoire d'outre-mer, vol. 81, no 302,‎ , p. 5-25 (DOI 10.3406/outre.1994.3174, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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