Caroline Lamb

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Caroline Lamb
Portrait de Caroline Lamb vers 1805.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 42 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Père
Mère
Henrietta Frances Spencer Ponsonby Bessborough (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
William Lamb (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Blason.
Œuvres principales
Glenarvon (d), Graham Hamilton (d), Ada Reis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Plaque commémorative.

Lady Caroline Lamb ( - ) est une aristocrate et une femme de lettres britannique.

Biographie

Famille et jeunesse

Caroline Ponsonby est la seule fille du 3e comte de Bessborough et d'Henrietta Spencer, comtesse de Bessborough, de qui George IV tombe amoureux. Elle est aussi la nièce de Georgiana Spencer, duchesse de Devonshire, ainsi que la cousine par alliance d'Annabella Byron.

Enfant, Lady Caroline est de santé fragile et, pour préserver sa santé, passe la majeure partie de son temps à la campagne. Elle voyage avec sa mère et sa famille en Italie, où elle se remet d'une maladie parasitaire qui faillit lui être fatale. De retour en Angleterre avec sa mère, elle retrouve un joyeux groupe d'enfants vivant à Devonshire House. Il s'agit de ses cousins, les enfants de William Cavendish, 5e duc de Devonshire, issu de son premier mariage avec Georgiana Spencer : Lady Georgiana, Lady Harriet, avec qui elle se lie d'amitié, et Lord Hartington. Il y a également les deux enfants qu'il a eu avec sa maîtresse puis seconde épouse, Lady Elizabeth Foster : Augustus Clifford et Caroline St Jules, qui épouse plus tard George Lamb.

Son comportement serait devenu de plus en plus problématique pour sa famille ; elle aurait expérimenté des sédatifs comme le laudanum et aurait eu besoin d'une gouvernante spéciale pour la contrôler. Lady Morgan rapporte dans ses mémoires que Lady Caroline lui a confié avoir grandi comme un garçon manqué et n'avoir su lire et écrire qu'à l'adolescence. Si de nombreux chercheurs ont accepté cette affirmation (ainsi que d'autres faites par Lady Morgan), la correspondance publiée concernant les membres de sa famille la rend extrêmement improbable. Une lettre publiée que Lady Caroline écrit le 31 octobre 1796, juste avant son onzième anniversaire, témoigne de son niveau d'instruction et révèle son esprit et son talent pour l'imitation.

Lady Caroline reçoit une éducation à domicile. Elle fréquente également une école à Hans Place, à Knightsbridge, où elle est l'élève de Frances Arabella Rowden. Cette dernière est une poétesse publiée et, selon une autre élève, Mary Russell Mitford, « elle avait le don de faire de ses élèves des poétesses ». Au début de sa vie adulte, Lady Caroline écrit donc de la prose et de la poésie, et s'adonne au dessin et au portrait. Elle parle couramment le français et l'italien, maîtrise le grec et le latin et apprécie la musique et le théâtre.

Mariage

Lady Caroline Ponsonby par John Hoppner.

En juin 1805, à l'âge de dix-neuf ans, Lady Caroline Ponsonby épouse William Lamb, homme politique prometteur et héritier du 1er vicomte Melbourne. Bien que leur rencontre ait été habilement orchestrée par la mère de William Lamb, il s'agit d'un mariage d'amour. Le couple tombe sous le charme lors d'une visite à Brocket Hall en 1802 et vit de nombreuses années de bonheur conjugal. En 1809, son beau-frère George Lamb épouse sa cousine, Caroline St Jules.

Caroline donne naissance à un enfant mort-né en janvier 1806. Elle et William ont ensuite un fils, George Augustus Frederick, né le 11 août 1807, et une fille prématurée, née en 1809, qui meurt dans les 24 heures suivant sa naissance. Lady Caroline connaît de longues périodes de convalescence après chaque accouchement. Son fils naît avec de graves troubles d'apprentissage. Bien que la plupart des familles aristocratiques plaçent généralement leurs proches handicapés dans des institutions spécialisées, les Lamb prennent soin de leur fils à domicile jusqu'à son décès en 1836, huit ans après celui de Lady Caroline.

Le stress lié à la santé fragile de leur fils, conjugué aux ambitions politiques dévorantes de William Lamb, sème la discorde au sein du couple. Une autre difficulté réside dans le fait que les frères et sœurs de William détestent tous Caroline, qu'ils surnomment « la petite bête », et que cette dernière et sa belle-mère se détestent depuis toujours. Cette inimitié tenace aurait été, semble-t-il, une grande source de malheur pour Caroline.

Bien que son mari soit le 2e vicomte Melbourne, elle ne devient jamais vicomtesse Melbourne, car elle meurt avant que celui-ci n'hérite de la pairie ; c'est pour cela qu'elle est connue dans l'histoire comme Lady Caroline Lamb.

Relation avec Lord Byron

De mars à août 1812, Lady Caroline entretient une liaison très médiatisée avec Lord Byron. Il a 24 ans, elle 26. Elle repousse ses avances lors de leur première rencontre, à une réception mondaine à Holland House. D'après les mémoires de son amie Lady Morgan, Lady Caroline prétend avoir forgé l'expression « fou, mauvais et dangereux à connaître » peu après sa rencontre avec le poète. Cette expression devient son épitaphe, mais aucun document contemporain ne prouve qu'elle en soit l'auteure. Elle lui écrit une lettre d'admiration, en raison de son rang social élevé, il lui rend visite, puis se lance dans une cour passionnée.

Lady Caroline et Lord Byron se dénigrent publiquement tout en se jurant secrètement leur amour au cours des mois suivants. Byron appelle Lamb « Caro », surnom qu'elle adopte publiquement. Après la rupture, son mari emmène Lady Caroline en Irlande. La distance n'altère en rien l'intérêt de Lady Caroline pour le poète, et elle et Byron entretiennent une correspondance régulière durant son exil. Cependant, à son retour à Londres en 1813, Byron lui fait clairement comprendre qu'il n'a aucune intention de renouer leur relation. Cela encourage des tentatives de plus en plus publiques pour le reconquérir.

La situation dégénère lors d'un bal donné en l'honneur du duc de Wellington, lorsque Byron insulte publiquement Lady Caroline, qui réplique en brisant un verre à vin et en tentant de se trancher les veines. Elle ne se blesse pas gravement et il est fort improbable qu'elle ait eu des intentions suicidaires, mais sa réputation est ternie et sa santé mentale mise en doute. Byron lui-même qualifie l'incident de mise en scène : « Lady Caroline a joué la scène du poignard » (une allusion à Macbeth).

L'obsession de Lady Caroline pour Byron va marquer une grande partie de sa vie et influencer leurs œuvres respectives. Ils écrivent des poèmes dans le style de l'autre, et vont jusqu'à s'adresser des messages explicites dans leurs vers. Après une visite avortée chez Byron, Lady Caroline écrit « Souviens-toi de moi ! » sur la page de garde d'un de ses livres. Il répond par un poème haineux :

"Remember thee! Remember thee! Till Lethe quench life's burning stream; Remorse and shame shall cling to thee, And haunt thee like a feverish dream! Remember thee! Ay, doubt it not. Thy husband too shall think of thee! By neither shalt thou be forgot, Thou false to him, thou fiend to me!"

Sa cousine Harriet, devenue Lady Granville, dont les relations avec Lady Caroline se sont détériorées depuis leur enfance, lui rend visite en décembre 1816 et est si incrédule face à son comportement impénitent qu'elle termine sa description de la visite dans une lettre à sa sœur par : « Je compte faire en sorte que mes visites soient annuelles. ».

Carrière littéraire

Lady Caroline Lamb est connue pour avoir fréquenté plusieurs cercles littéraires qui se réunissent à Holland House, chez Lady Charleville, chez Lord Ward, chez Lord Lansdowne et dans d'autres lieux de réputation similaire.

Lady Caroline Lamb par Eliza H. Trotter, années 1810.

L'œuvre la plus célèbre de Lady Caroline est Glenarvon, un roman gothique paru en 1816, quelques semaines seulement après le départ de Byron. Bien que publié anonymement, l'identité de l'auteure est un secret de polichinelle. Le livre contient un portrait à peine voilé d'elle-même et de son ancien amant, dépeint comme un héros de guerre devenu traître au nationalisme irlandais. Il est remarquable pour avoir présenté la première version du héros byronien en dehors de l'œuvre de Byron lui-même, ainsi que pour son analyse détaillée de l'époque romantique et, plus précisément, de la haute société. Lady Caroline y inclut des caricatures acerbes de plusieurs membres éminents de cette société. L'une d'entre elles, la comtesse de Jersey, bannit Lady Caroline chez Almack's en guise de représailles. C'est le premier coup d’éclat d’une réaction qui voit Lady Caroline mise au ban de la société à la mode: bien que sa belle-sœur, Emily Lamb, comtesse Cowper, ait réussi à faire réadmettre Lady Caroline à Almack’s en 1819, sa réputation ne s’en est jamais complètement remise. Byron réagit au roman : « J’ai aussi lu Glenarvon de Caro Lamb… Nom de Dieu ! » Le livre connaît un succès commercial retentissant, avec plusieurs éditions épuisées, mais est qualifié de roman de gare par la critique. Goethe, quant à lui, le juge digne d’une étude littéraire sérieuse.

En 1819, Lady Caroline imite le style de Byron dans le poème narratif « A New Canto ». Des années auparavant, elle s'était fait passer pour Byron dans une lettre à ses éditeurs afin qu'ils lui envoient un portrait de l'écrivain. Le stratagème avait fonctionné : le ton et le fond de sa requête les avaient trompés et elle avait obtenu gain de cause. Elle utilise cette même ruse pour répondre au Don Juan de Byron. Lady Caroline est surtout préoccupée par les allusions que Byron a faites à son sujet ; par exemple, le vers « Certains jouent au diable – et écrivent ensuite un roman »'.

Dans « A New Canto », Lady Caroline écrit – sous la plume de Byron – : « Je suis lasse de la gloire ; j’en suis écœurée ; si pleine que je pourrais presque regretter l’heure plus heureuse ; quand les oracles du Nord me déclaraient terne. » Byron ne répondit jamais publiquement au poème. Un critique de l’époque écrit notamment : « L’auteur de ces joyeuses inepties a manifestement voulu imiter Lord Byron. C’est une rhapsodie du début à la fin. »'.

Lady Caroline publie trois autres romans au cours de sa vie : Graham Hamilton (1822), Ada Reis (1823), et Penruddock (1823).

Dernières années

La confidente et amie proche de Byron est la tante maternelle de sa femme, la propre mère de William Lamb, la flamboyante Elizabeth Milbanke, vicomtesse Melbourne. Lady Melbourne a joué un rôle déterminant dans le mariage politiquement avantageux de son fils avec Lady Caroline, malgré son aversion pour cette dernière et sa mère. Dès que Lady Caroline entame sa liaison avec Byron, sa belle-mère entreprend une longue et flagrante campagne pour se débarrasser d'elle. Comme le remarque Lord David Cecil, elle est depuis longtemps convaincue que Caroline mérite tous ses malheurs. William Lamb refuse de se soumettre et regrette que sa mère conspire contre sa femme avec Byron. Qualifiant Byron de traître, William Lamb soutient sa femme jusqu'à sa mort.

Finalement, c'est Lady Caroline qui persuade son mari d'accepter une séparation officielle en 1825. Tous deux ont eu de nombreuses liaisons extraconjugales, et Lamb est connu depuis longtemps pour son aversion pour la duplicité. Elle s'installe définitivement à Brocket Hall. Sa lutte contre la maladie mentale s'accentue durant ses dernières années et est compliquée par son abus d'alcool et de laudanum. Dès 1827, elle est suivie par un médecin à plein temps, car son corps, toujours fragile, commence à défaillir et elle souffre de rétention d'eau, une affection alors connue sous le nom d'hydropisie, et aujourd'hui sous le nom d'œdème. William Lamb étant alors Chief Secretary for Ireland, il entreprend une traversée périlleuse pour être à ses côtés lorsque Lady Caroline meurt le 25 janvier 1828'.

Lady Caroline est inhumée dans le cimetière de l'église Sainte-Etheldreda à Hatfield. Son époux y est enterré plus tard.

Références

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  3. 1 2 3 4 5 6 Leveson-Gower, Sir George (Ed.), Hary-O: the Letters of Lady Harriet Cavendish 1796–1809, London: John Murray (1940).
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  8. ↑ Terry Castle et Phyllis Grosskurth, « Mad, Bad and Dangerous to Know », The New York Times, New York,‎ (lire en ligne, consulté le ) :
    « A biography that sees Lord Byron as a victim of circumstances »
  9. 1 2 3 Denise Tischler Millstein, Byron and 'Scribbling Women': Lady Caroline Lamb, The Brontë Sisters, and George Eliot (A Dissertation), Shreveport, Louisiana State University and Agricultural and Mechanical College, Department of English,
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  19. ↑ (en) Douglass, Lady Caroline Lamb: A Biography, (lire en ligne), p. 145
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Bibliographie.

Liens externes