| Fondation |
2018 |
|---|
| Type |
Réseau de sociétés locales à gouvernance citoyenne |
|---|---|
| Forme juridique | |
| Domaine d'activité |
Énergies renouvelables, transition énergétique |
| Siège |
Lyon, France |
| Pays |
| Membres |
Environ 80 sociétés locales (2025), collectivités, membres fondateurs, personnes morales de droits privés |
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| Fondateur |
AURA-EE, Parcs naturels régionaux |
| Affiliation | |
| Site web |
| RNA | |
|---|---|
| SIREN | |
| OpenCorporates |
L'association Centrales Villageoises est une fédération nationale des Centrales Villageoises françaises, sociétés coopératives locales à gouvernance citoyenne, spécialisées dans la production d’énergie renouvelable.
Le concept des Centrales Villageoises est né en 2010 pour mettre en œuvre une approche territoriale de l'énergie ; le concept est fondé sur l'implication citoyenne et la prise en compte du territoire, et concentré sur la production d'énergie renouvelable et la maîtrise de l'énergie. Ce concept est expérimenté sur 8 territoires pilotes situés dans 5 parcs naturels régionaux (PNR) de l'ancienne région Rhône-Alpes.
L'expérimentation est portée par l'agence régionale de l'énergie de l'environnement (AURA-EE), en partenariat avec les PNR, et aboutit à la construction d'un modèle de société locale. Les premiers projets de production d'énergie solaire, portés par ces sociétés, voient le jour en 2014. Ce modèle essaime dans d'autres territoires et d'autres régions. En 2018, une association nationale est créée pour porter l'animation du réseau des Centrales Villageoises et poursuivre le développement du modèle.
Ce modèle vise une gestion collective de l’énergie à l’échelle locale.
Les Centrales Villageoises partagent un modèle commun fondé sur le respect d’une charte ; elles sont fédérées au sein d’une association nationale.
L'essor de l'énergie solaire à la fin des années 2000 est notamment dû au tarif d'achat soutenant à l'électricité produite ; il a suscité de nombreuses initiatives ; certaines ont généré une forte pression foncière pour équiper les terrains et toitures.
Sur le Vercors, un projet de parc au sol est controversé à cause de l'impact paysager et environnemental. Le projet est finalement abandonné.
Alors que le développement du solaire photovoltaïque se poursuit, un groupe d'habitants de la Gervanne, au sud-est du PNR du Vercors, interpelle le PNR : ils proposent une façon alternative de développer le solaire dans les territoires : y associer la population et partager localement les bénéfices générés. Le PNR du Vercors se rapproche de l'agence régionale de l'énergie de l'environnement de l'ancienne région Rhône-Alpes (AURA-EE, à l'époque Rhône-Alpes énergie-environnement) ; d'autres PNR sont associés.
Tous conviennent d'imaginer un nouveau modèle de production d'énergies renouvelables, selon le projet proposé.
Des financements européens et régionaux sont mobilisés ; ils permettent de mener un travail exploratoire sur 8 territoires pilotes de l'ex-région Rhônes-Alpes. Une mobilisation locale est engagée pour faire émerger des collectifs-citoyens volontaires et pour mener des études techniques et paysagères autour d'une première opération photovoltaïque. Des études juridiques et financières commencent à imaginer les schémas de portage des projets.
Dans chaque territoire pilote, des équipes-projets sont mises en place ; elles doivent identifier des toitures, les mettre en commun et financer collectivement des installations photovoltaïques dessus, et en partager les bénéfices. L'approche paysagère et architecturale est présente : elle doit déployer des installations intégrées dans l'environnement, respectueuses des identités patrimoniales locales.
Des études techniques et paysagères, des études juridiques et économiques sont menées pour définir un modèle de société locale adapté : des sociétés à gouvernance coopérative, sous forme de Société par actions simplifiée (SAS) et Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), où les citoyens sont majoritaires. Le périmètre d’action de chaque société sera défini dans les statuts, commune par commune ; il garantit l'assise territoriale. Des outils types (statuts, baux, modèles économiques) sont mis à disposition des groupes locaux.
L’expérimentation est coordonnée par un comité de pilotage régional ; l'agence régionale de l'énergie de l'environnement (AURA-EE) associe l'ensemble des groupes locaux, leurs accompagnateurs et des structures régionales partenaires.
Les premières sociétés locales sont créées en 2013 et le premier projet photovoltaïque est mis en service à l'été 2014, par la SAS Centrales Villageoises de la région de Condrieu (groupement de 8 installations solaires).
À partir des premiers territoires pilotes, un travail de capitalisation va faciliter l'essaimage du modèle. Des outils techniques, économiques et juridiques sont mis en place et partagés au sein d'un site web commun. Des partenariats sont noués pour mutualiser les ressources (expert-comptable, solution de monitoring photovoltaïque, raccordement au réseau avec Enedis etc.).
Le modèle commence à essaimer au-delà des territoires pilotes, y compris dans des zones qui ne sont plus rattachées à des parcs naturels régionaux. De nouveaux territoires s’en saisissent, en Auvergne-Rhône-Alpes, puis dans d’autres régions : le Grand Est la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Bretagne le Grand Est ou encore les Hauts-de-France.
Depuis, le réseau n’a cessé de s’étendre. En 2025, le modèle des Centrales Villageoises est implanté dans près de 80 territoires, répartis dans une dizaine de régions françaises.
Initialement animé par AURA-EE, le réseau s’est structuré en 2018 autour d’une association nationale ; elle devait faire face à l'essaimage du modèle dans plusieurs régions. L’association rassemble les Centrales Villageoises, les membres fondateurs du modèle (Parcs Naturels Régionaux et AURA-EE), les membres des collectivités et des structures partenaires.
Elle a pour principales missions de :
L’association est financée par les cotisations de ses membres, par des subventions publiques et des fondations privées.
Elle est gouvernée par un conseil d'administration, composé majoritairement de représentants des Centrales Villageoises ; ce fonctionnement est un retour d'expérience du terrain. En 2025, l’association dispose d’une équipe salariée de quatre personnes, chargées de l'animation et du développement du réseau.
La Charte des Centrales Villageoises définit les valeurs fondamentales du modèle et constitue le socle commun à l’ensemble des sociétés locales membres du réseau. Elle s'appuie sur 4 principes.
Chaque société des Centrales Villageoises agit à l’échelle d’un territoire défini, cohérent en termes de bassin de vie, d’enjeux énergétiques et de projet de territoire. Cette logique territoriale implique un lien étroit avec les collectivités locales et les acteurs du territoire. Le périmètre d’action est formalisé dans les statuts de la société, commune par commune.
La gouvernance des sociétés repose sur un mode de décision coopératif et démocratique, assurant une prépondérance des citoyens dans l’actionnariat et les instances de gouvernance. Elle vise à garantir une implication réelle des habitants dans les choix et le pilotage des projets.
Les projets sont conçus pour bénéficier prioritairement à l’économie locale. Ils se traduisent par le recours à des entreprises locales pour les travaux, le versement de loyers aux propriétaires de toitures, ou encore la redistribution des dividendes aux actionnaires citoyens du territoire. L’objectif est de renforcer le tissu économique local en favorisant l’appropriation des projets par les habitants.
Les sociétés membres s’engagent à respecter une série de critères de qualité portant sur la conception, la mise en œuvre et l’exploitation des projets. Cela inclut : l’adoption de statuts types validés par le comité d’engagement du réseau, l’accompagnement des projets par des assistants à maîtrise d’ouvrage, la mise en place d’un monitoring rigoureux de la production énergétique, la maintenance régulière des installations et leur couverture par une assurance multirisque.
Le fonctionnement du modèle repose sur un panel d'outils clé-en-mains remis aux collectifs pour les accompagner dans la structuration de leurs projets: statuts types, supports d’animation, guides de démarches, plan d'affaires, site web, etc. Cet outillage est alimenté en permanence par les retours d'expérience ou le développement d'outils pour couvrir de nouveaux champs d'intervention.
Dans un projet des Centrales Villageoises, les citoyens, les collectivités et les entreprises locales investissent dans une société de projet, la société Centrales Villageoises. Cette société a la forme d’une société par actions simplifiées (SAS) ou de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC/SAS) à capital variable. Elle adopte une gouvernance coopérative (où chaque personne dispose d’une voix) ou semi-coopérative (régime intermédiaire). L’objectif est de produire localement de l’énergie renouvelable et de réinvestir les bénéfices dans de nouveaux projets profitant à la communauté, tout en assurant une rémunération modérée des sociétaires.
Les premiers projets portent essentiellement sur du photovoltaïque sur toiture. Ces installations relativement rapides à monter, visibles, et proches des citoyens amorcent l’activité économique de la société avant d’aller sur d’autres filières des énergies renouvelables.
Pour réaliser ces projets, la société locale investit dans les équipements, panneaux photovoltaïques et onduleurs ; ils sont installés sur des bâtiments publics ou privés pour des périodes d’au moins 20 ans. Centrales Villageoises va louer les toitures via un bail civil ou un contrat d’occupation temporaire, selon que le bâtiment soit public ou privé.
Pour réaliser les installations, la société locale choisit des entreprises : d’abord en amont, des bureaux d’études pour effectuer les études techniques nécessaires, puis, en phase de réalisation, des installateurs pour poser les équipements, les raccorder au réseau électrique, et assurer leur maintenance.
L’électricité produite par les installations est injectée dans le réseau public de distribution, principalement géré par Enedis, qui couvre 95 % du territoire français. Cette électricité est ensuite vendue en obligation d’achat, c’est-à-dire qu’« EDF Obligation dAchat » achète l’électricité produite, à un tarif fixe, pendant 20 ans.
Depuis le début des années 2020, d’autres modèles économiques émergent autour de l’autoconsommation individuelle ou collective. La production électrique peut être consommée par un ou plusieurs consommateurs situés à proximité du site de production. Dans ce cas, la société Centrales Villageoises se rémunère via la vente d’énergie à ces consommateurs ou par un loyer de ces derniers en contrepartie de la mise à disposition de l’équipement de production.
Une fois les premiers projets photovoltaïques réalisés, certaines sociétés locales choisissent de diversifier leurs activités. Elles explorent d’autres filières d’énergies renouvelables : le photovoltaïque au sol sur des terrains dégradés ou inexploitables, les ombrières solaires, la micro-hydroélectricité ou le bois-énergie. D’autres investissent dans des champs connexes de la transition énergétique : la mobilité électrique partagée ou les actions de lutte contre la précarité énergétique.
En parallèle de leurs activités de production, la plupart des « Centrales Villageoises » s’engagent dans des actions de sensibilisation à la maîtrise de l’énergie.
Lors de la phase d'expérimentation des Centrales Villageoises, le cadre juridique et réglementaire ne permettait pas aisément de lever de l'épargne auprès des particuliers pour capitaliser des sociétés locales, notamment dans le format SAS. Ce frein a limité la taille des premiers projets portés. La démultiplication des projets de « Centrales Villageoises » et d'autres projets citoyens similaires, la loi a évolué. En 2015, la loi relative à la transition énergétique et à la croissance verte introduit pour la première fois une section investissement participatif dans le code de l'énergie. Les décrets qui suivent aménagent les conditions de levée d'épargne pour le cas spécifique des projets de production d'énergie renouvelable. Les conditions de participation des collectivités sont facilitées.
En 2024, les « Centrales Villageoises » ont obtenu le prix européen EUSEW dans la catégorie Action Locale pour l'Energie. Cette distinction salue la capacité du réseau à structurer des communautés locales engagées dans des projets de production d’énergies renouvelables et de maitrise de l'énergie à l’échelle territoriale.
Depuis 2023, l’association « Centrales Villageoises » participe à plusieurs programmes européens financés par l’Union européenne ; dans ce cadre, elle partage l’expérience acquise.
L'association est un membre actif de REScoop.eu, la « Fédération européenne des coopératives énergétiques citoyennes ».