Claude Coqueley de Chaussepierre

Claude Coqueley de Chaussepierre
Gravure de Rousseau d’après Cochin fils.
Fonction
Chancelier
Société académique des Enfants d'Apollon
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
Nationalité
Activités
Jurisconsulte, juriste, journaliste, censeur, homme de lettres, censeur royal, écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata
Rédacteur à
Parentèle
Lazare Coqueley (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de

Claude Geneviève Coqueley de Chaussepierre, né le à Bar-sur-Seine et mort le à Paris, est un avocat, jurisconsulte et homme de lettres français.

Biographie

D'une famille de juristes, parent de Lazare Coqueley, conseiller au Parlement de Paris et proche collaborateur de de Thou, qui s’est élevé, en 1588, contre l’institution du lit de justice, Claude Geneviève Coqueley de Chaussepierre, est le fils de Denis Coqueley, seigneur de Chaussepierre (1680-1749), lieutenant général civil et criminel, commissaire enquêteur au bailliage de Bar-sur-Seine , subdélégué de l’intendant de Bourgogne, et de Barbe Tartel. Après avoir fait son droit, il est reçu avocat au Parlement de Paris en 1756, et obtient ensuite le poste de censeur royal pour les livres de jurisprudence.

Malgré la publication de son Code Louis XV, ce n’est pas en qualité de jurisconsulte, mais par son esprit facétieux et son talent d’acteur de société qu’il s’est acquis une certaine réputation, en son temps, pour ses liens avec le monde du théâtre. En sa qualité d’avocat en parlement, il est notamment l’avocat-conseil des Comédiens-Français qui, ne pouvant tolérer les attaques dont ils étaient l’objet, ont recours à lui, par exemple, pour faire interdire, au bout de treize numéros, le Nouveau Spectateur de Jean Pierre Le Fuel de Méricourt, qui doit même s’exiler, un temps, à Londres. Ce grand amateur du spectacle et surtout des coulisses, exerçait également son esprit facétieux, lorsqu’il plaidait, par exemple contre Linguet. Ayant affecté par dérision de prononcer le u du nom de ce dernier, Linguet lui a rendu la pareille en prononçant son nom de même : « coq-u-eley », ce qui sonnait comme « cocu et laid ». Dès lors, il a souvent été appelé « Me cocu et laid ».

Placé, par sa position, dans l’intimité des comédiens, lui-même joue la comédie. Le dramaturge Collé écrit même, à son sujet, qu’il « est lui-même un des meilleurs comédiens que j’aie jamais connus. Il a un masque excellent, une intelligence supérieure, un comique et un naturel que je n’ai vus qu’à lui. Je ne crains point de dire qu’il est au-dessus et fort au-dessus de Préville », pourtant représenté, à cette époque, comme le type du comédien parfait. Collé déplore néanmoins le fait que « [c]e malheureux talent et un amour forcené du plaisir le font vivre à pot et à rột avec les comédiens et les comédiennes, dont il s’abaisse à être le camarade et le compère […] il a près de soixante ans, et rien ne peut l’excuser de l’avilissement dans lequel ce commerce flétrissant l’a jeté. »

Partagé entre l'examen d'ouvrages de droit, de pièces de théâtre et de périodiques, ainsi qu’occasionnellement de tactique militaire, de théologie ou d'histoire, il rédige pour Sartine, en 1770, un mémoire sur le trop grand nombre de censeurs royaux, ce qui le fait mentionner par Rétif de La Bretonne, comme « espion de Sartine ; mais brouillé avec Lenoir par Néville ». Rétif affirme néanmoins avoir « pris les leçons de Coqueley-Chaussepierre pour faire sérieusement rire », et avoir également bénéficié des conseils du censeur pour ses publications.

Également garde des Archives au Louvre, où il loge, il écrit pour le théâtre Le Roué vertueux (1770), parodie de L'Honnête criminel de Fenouillot de Falbaire, qui lui vaut de bonnes critiques, notamment dans L'Année littéraire de Fréron. En 1775, il publie Monsieur Cassandre ou les effets de l'amour et du vert de gris, visant le Merinval d'Baculard d’Arnaud.

Chancelier de la Société académique des Enfants d'Apollon, il est membre associé de l'Académie de Stanislas de 1761 à 1790. Il a également publié des articles dans le Journal des savants, d’aout 1752 à .

Publications

Ex-libris de Coqueley de Chaussepierre.

Théâtre

Journalisme

Droit

Notes et références

Notes

  1. ↑ Parfois prénommé à tort « Charles Georges ».
  2. ↑ Collé le dit « d’une très-ancienne maison bourgeoise. »

Références

  1. 1 2 Martine de Rougemont, « L’« avocat-arlequin » : un allié incongru de Restif, le censeur et parodiste Coqueley de Chaussepierre », Études retiviennes, Paris, no 34,‎ (ISSN 2698-1688, lire en ligne sur Gallica).
  2. 1 2 3 Charles Collé, Journal et mémoires de Charles Collé sur les hommes de lettres : du règne de Louis XV, 1748-1772, t. 3, Introduction et notes d’Honoré Bonhomme, Paris, Firmin-Didot frères, , xxviii-447, 395, 430 p., 3 vol. ; in-8º (OCLC 763374393, lire en ligne sur Gallica).
  3. ↑ « Coqueley de Chaussepierre », dans Collection de M. E. de M., Ex-libris français héraldiques anciens et modernes, Le Pré Saint-Gervais, Saffroy frères, , 38 p., ill., couv. ill. ; 24 cm (lire en ligne sur Gallica), p. 15.
  4. ↑ Dupiney de Vorepierre, « Coqueley de Chaussepierre (Ch. G.) », dans Dictionnaire des noms propres : ou Encyclopédie illustrée de biographie, de géographie, d’histoire et de mythologie, t. 1. A-F, Michel Lévy, , 1624, 800, 48 p., 3 vol. ; in-4º (OCLC 918790787, lire en ligne sur Gallica), p. 1056.
  5. ↑ Enrico Rufi, « Le Nouveau Spectateur de Le Fuel de Méricourt : une entreprise très merciérienne », Littératures classiques, Paris, no 31 « Les « minores » »,‎ , p. 155-64 (ISSN 2260-8478, lire en ligne).
  6. ↑ Rétif de La Bretonne, Monsieur Nicolas : ou Le cœur humain dévoilé, t. 8, publié par lui-même, avec figures, Paris, 1794-1797, 8 vol. en 16 vol. ; in-12 (lire en ligne sur Gallica), partie 16.
  7. ↑ Rétif de La Bretonne, Monsieur Nicolas : ou Le cœur humain dévoilé, t. 8, publié par lui-même, avec figures, Paris, 1794-1797, 8 vol. en 16 vol. ; in-12 (lire en ligne sur Gallica), partie 16.
  8. ↑ Jean-Baptiste Duvergier, « Convention nationale : 12 Brumaire An 2 », Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglemens, et avis du Conseil-d’État : publiée sur les éditions officielles du Louvre, Paris, t. 6,‎ , p. 334 (lire en ligne sur Gallica).
  9. ↑ « Coqueley de Chaussepierre (Charles-Georges) », dans Larousse du XXe siècle en six volumes, t. 2, publié sous la direction de Paul Augé, Paris, Larousse, 1130 p., 6 vol. : ill., pl. ; in-4º (lire en ligne sur Gallica), p. 465.
  10. ↑ Hervé Guénot, « Coqueley de Chaussepierre », sur Dictionnaire des journalistes (consulté le )

Liens externes