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Charles [Karel, Carolus] Guillet, né à Bruges (Flandres) dans le dernier quart du XVIe siècle, inhumé le 1er à Bruges, est un théoricien de la musique et compositeur belge.
C'est un notable de la ville de Bruges où il occupa diverses fonctions publiques : il est conseiller municipal durant l’exercice 1616-1617, chef de quartier dans celui de 1618-1619, échevin dans les exercices 1620-1621 et 1621-1622.
Il est élu en 1615, membre de la Confrérie du Saint-Sang de Bruges. À une époque non précisée, il est marguillier de l’église collégiale et paroissiale Notre-Dame de Bruges.
Il est inhumé à Bruges le , dans la chapelle de la Sainte-Trinité, d’après les registres de l’église Saint-Donat (État civil de Bruges). Ses héritiers ont refusé de se charger de ses obsèques.

Dans ses fantaisies, Guillet suit l'ordonnance des modes courant en France au début du XVIIe siècle : deux séries de douze fantaisies selon les douze modes (six authentes et six plagaux), la première par nature (d'ut à la) et la seconde transposée par bémol (de fa à ré). En revanche la dénomination des modes est chez lui beaucoup plus curieuse : si les fantaisies suivent la théorie de Zarlino (d'ut à la), leur classification est celle de Glaréan, entraînant une conjonction inédite que Guillet est le seul à utiliser :
Pour chaque fantaisie, l'auteur précise l'espèce de son diapason (voir Salomon de Caus ou Antoine de Cousu) et la place de son mode dans la classification. Exemples :
Il est difficile de déterminer l'origine de ce système, car il semble que Guillet se base directement sur les écrits de Zarlino, Glarean et Salinas. De nombreux compositeurs abandonnent à cette époque les noms grecs des modes, se limitant à la place des finales dans la numérotation de Zarlino (Dodécacorde de Claude Le Jeune, Institutions Harmoniques de Salomon de Caus, Exemples des douze modes de Charles Racquet, etc.).
Dans son Institution harmonique de 1647, Guillet rejette aussi la dénomination classique des 12 modes et lui préfère les six modes naturels. En cela, il suit le mouvement observé au début du XVIIe siècle, où cette préoccupation théorique est de plus en plus caduque face à l'abandon progressif de la différenciation authente/plagal et l'émergence de deux pôles principaux : le majeur et le mineur.