Charles Labitte

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Charles Labitte
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Charles Porphyre LabitteVoir et modifier les données sur Wikidata
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Charles Labitte, né le à Château-Thierry et mort le à Paris 10e, est un historien et critique français.

Biographie

Fils de Charlotte Mélanie Cochet et d’Alexandre Porphyre Labitte, procureur du roi à Château-Thierry, ce dernier est muté, peu après sa naissance, comme juge au tribunal d’Abbeville, dans Ponthieu, la région natale de sa mère, où il grandit. Il fait ses études au collège d’Abbeville et passe une partie de ses étés à la campagne de Blangermont, ce qui lui permet d’acquérir de nombreux savoirs et de développer une grande capacité d’apprentissage autonome.

Après sa terminale, à Abbeville en 1834, il fait un bref séjour à Paris, durant l’été de cette même année, pour y passer son baccalauréat ès-lettres. Il y revint dès l’hiver suivant, officiellement pour entamer des études de droit, mais avec une ambition bien plus profonde : tenter sa chance dans le monde des lettres.

Il arrive chargé de vers, prose, ébauches de romans et de poèmes, comédies, odes… dont quelques fragments avaient déjà paru dans le Mémorial d’Abbeville. Il était surtout pourvu d’articles de critique. Il fait la connaissance de Sainte-Beuve, Amable Tastu et Pongerville. À l’automne 1835, il fait un voyage à Londres et rédige, de Westminster, un poème intitulé le Tombeau de Milton, rendant hommage au grand poète anglais.

Très lié avec Charles Louandre, tous deux amis avaient projeté de concert une Histoire des prédicateurs du moyen-âge. Même en renonçant à l’idée d’une rédaction définitive, ils n’en ont pas moins mené toutes les recherches nécessaires à la rédaction d’un ouvrage érudit de cette envergure. seul, il conçoit un projet d’ouvrage sur le règne de Louis XIII, où devaient figurer Voiture, Balzac, Chapelain, l’hôtel Rambouillet, etc. Une grande partie des matériaux qu’il a amassés ont paru en articles dans la Revue de Paris et ailleurs.

Le , il écrit à un ami, Jules Macqueron, qu’il sait qu’il a la tuberculose, et que son temps est compté. Son véritable début dans le monde des lettres date du , avec la publication dans la Revue des Deux Mondes d’un article substantiel sur son modèle intellectuel, l’érudit Gabriel Naudé, grand lecteur et auteur prolifique de citations, qui privilégiait comme lui l’accumulation du savoir avant l’expression d’idées personnelles.

Après avoir été chargé quelque temps d'un cours d'histoire au collège Charlemagne et à celui d'Henri IV, Victor Cousin l’envoie, en avril 1840, à la faculté de Rennes, remplir, d'abord provisoirement, la chaire de littérature étrangère, ensuite comme titulaire. Son cours porte sur les sources et les origines de la Divine Comédie de Dante.

L’obtention de son doctorat ès-lettres étant exigée, son choix se porte sur un sujet qui lui permet de reprendre et d'approfondir une partie de ses recherches antérieures, restées inachevées, sur les prédicateurs du Moyen Âge. Ce travail de recherche pour la thèse s'est considérablement étoffé pour devenir un ouvrage complet, publié en 1841, sous le titre De la Démocratie chez les prédicateurs de la Ligue.

En 1842, Pierre-François Tissot, séduit par la vivacité et le talent, denué de tout préjugé académique de Labitte, qu’il avait rencontré chez Pongerville, le nomme son suppléant au Collège de France, pour lui permettre de revenir et de rester à Paris dans de bonnes conditions. Devenu en très peu de temps un érudit classique de premier plan, il contribue très activement de nouveau à la Revue des Deux Mondes. Une telle fièvre de publications s’explique peut-être par le fait qu’il se savait condamné, et désirait laisser une trace.

À l'issue de ses obsèques, à Saint-Germain-des-Prés, il a été inhumé au cimetière de l'Est. Il était le frère du député et sénateur Henri Labitte.

Œuvres

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Sainte-Beuve, « Charles Labitte », Revue des Deux Mondes, Paris, no 431,‎ , p. 436-57 (ISSN 0750-9278, lire en ligne sur Gallica).
  2. ↑ « Aujourd'hui… », Le Constitutionnel, Paris, no 267,‎ , p. 2 (ISSN 1255-9938, lire en ligne sur Gallica).
  3. ↑ « Les obsèques… », Gazette nationale, Paris, no 268,‎ , p. 2 (ISSN 2539-8008, lire en ligne sur Gallica).

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