Le cheval en Pologne (polonais: koń) a été vénéré, en particulier de par des pratiques d'hippomancie à Szczecin, au XIIesiècle. Il connaît une nette chute d'effectifs au XXesiècle. Il est désormais élevé principalement pour les sports équestres et la viande. La Pologne est connue pour être le berceau du Konik, qui est devenu un symbole national.
Des pratiques d'hippomancie ont eu cours sur le territoire polonais. Les deux Vitae d'Othon de Bamberg comptent une longue description de l'oracle du temple de Triglav, à Szczecin. Un superbe cheval y est voué au dieu, sellé d'or et d'argent. Pour recueillir une prédiction, des lances sont plantées au sol et le cheval passe à travers elles. S'il n'en heurte aucune, l'augure est favorable. Une selle précieuse est réservée au dieu. Le moine Herbord, assistant à ce rituel, précise que le cheval est d'une taille extraordinaire, bien nourri, de robe noire, et très sauvage, ajoutant que les lances sont au nombre de neuf. Herbord raconte aussi de quelle manière l'évêque Othon évangélise les habitants de Szczecin au XIIesiècle: ayant conclu que leur cheval oraculaire doit être éloigné, il ordonne aux habitants de le vendre à l'étranger pour tirer des chars, affirmant que ce cheval en serait bien mieux capable plutôt que de délivrer des prédictions.
La Pologne est connue pour avoir constitué le dernier territoire du cheval sauvage d'Europe, le Tarpan. Les premières recherches sur le cheval polonais natif remontent à 1914, sous l'impulsion de deux hippologues, Jan Grabowski et Stanisław Schuch. En 1936, le professeur Tadeusz Vetulani, de l'Université de Poznań, cherche à reconstituer l'espèce éteinte des chevaux Tarpans à partir de chevaux Konik ayant conservé des caractères jugés primitifs. Les scientifiques polonais participent à l'élaboration d'un mythe national du «cheval des origines». L'ethnologue Bernadette Lizet l'analyse comme une «fabrication du sauvage et une restauration des systèmes naturels disparus».
Le cheptel de chevaux polonais continue de décroître au début du XXIesiècle.
Pratiques et usages
Centre équestre au Bałtów Jurassic Park.
En 2002, la Pologne est le principal fournisseur européen de chevaux de boucherie vivants. Sa filière équine est peu structurée. Une trentaine d'associations équines comptent 21 000 membres, la plus importante, l'Association polonaise des éleveurs de chevaux (PZHK), chargée de tenir les stud-books et de créer les documents d'identification de 90% des chevaux polonais, rassemble 14 000 membres.
Le Huçul, race de poney transfrontière, est présent en Pologne. Cependant, le pays est davantage connu pour ses Koniks (polonais: Konik polski, soit «Konik polonais»), dont le stud-book est conçu en 1955 puis fonctionnel en 1962. Un programme d'élevage conservatoire est élaboré puis mis en place en 1999. Le rare Biłgoraj, présumé descendant du Tarpan, est génétiquement proche des races Konik et Huçul.
12(la) Herbord, Dialogus de Vita S. Ottoniis episcopi Babanbergensis, II, 33. Cité par Słupecki 1998, p.147.
↑(en) Justine Jablonska, «The Polish-Arabian Horse: A Very Brief History», Cosmopolitan Review, vol.3, no1, (lire en ligne[archive du ], consulté le ).
↑(en) Iwona Głażewska et Tadeusz Jezierski, «Pedigree analysis of Polish Arabian horses based on founder contributions», Livestock Production Science, vol.90, nos2-3, , p.293–298 (ISSN0301-6226, DOI10.1016/j.livprodsci.2004.08.002).
↑(pl) T. Jezierski, Z. Jaworski, B. Kotkowska, S. Łukomski et M. Morawiec, «Program hodowli zachowawczej koników polskich» [«Programme de conservation de la race Konik polonaise»], PZHK, Warszawa (do użytku służbowego), (lire en ligne[PDF], consulté le ).
↑(en) Anna Stachurska, Anna Nogaj, Antoni Brodacki, Jan Nogaj et Justyna Batkowska, «Genetic distances between horse breeds in Poland estimated according to blood protein polymorphism», Czech J. Anim. Sci, vol.59, no6, , p.257–267 (lire en ligne[archive du ][PDF], consulté le ).
[Pasicka 2013] (en) Edyta Pasicka, «Polish Konik horse - Characteristics and historical background of native descendants of Tarpan», Acta Sci. Pol., Medicina Veterinaria, Université de Wrocław, vol.12, nos2-4, , p.25-38 (ISSN1644-0676, lire en ligne)
[Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J. G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6eéd., 1 107p. (ISBN1-84593-466-0, OCLC948839453)..
[Słupecki 1998] (pl) Leszec Pawel Słupecki, «Hippomancja», dans Okładka książki Wyrocznie i wróżby pogańskich Skandynawów. Studium do dziejów idei przeznaczenia u ludów indoeuropejskich [Oracles et divinations dans le paganisme scandinave. Recherche sur l'idée de destinée chez les indo-européens], Varsovie, Institut d'archéologie et d'ethnologie de l'académie polonaise des sciences, , p.129-213