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China Labor Watch (CLW) est une ONG basée à New York. Elle est fondée par Li Qiang (en) en . Sa mission est la défense des droits des travailleurs en Chine.
CLW collabore avec les syndicats et les médias pour enquêter sur les conditions de travail dans les usines en Chine, souvent sous-traitantes pour la production de grandes multinationales occidentales.
Les bureaux chinois de CLW, à Shenzhen et dans le Sichuan, sont en relation avec des ouvriers travaillant dans les usines sur lesquelles ils enquêtent. L'organisation repose sur le travail d'enquête et les témoignages d'employés volontaires, risquant parfois des licenciements ou des arrestations.
Le bureau new-yorkais de CLW publie les rapports issus de ces investigations, en informant ainsi la communauté internationale. La diffusion de ces rapports dans les médias agit comme un contre-pouvoir envers les multinationales, soumettant leur direction à une pression médiatique, et résultant parfois en une amélioration des conditions de travail dans les usines.
L'ONG est fondée par l'activiste Li Qiang, à New-York aux Etats-Unis, avec pour objectif d'enquêter et de rapporter les infractions au code du travail dans les usines de production en Chine, ou liées au travail d'ouvriers chinois à l'étranger.[réf. nécessaire]
Le premier rapport de Li Qiang pour l'organisation concerne les conditions de travail inhumaines dans l'entreprise Merton, fabriquant des jouets pour McDonald's, Hasbro et Disney. Plusieurs manquements sévères au droit du travail sont constatés et les employés interrogés témoignent de blessures et problèmes de santé en lien avec les produits chimiques utilisés. Qiang a lui-même été employé dans cette entreprise, avant de s'expatrier à New-York.
China Labor Watch est particulièrement connue pour ses nombreuses enquêtes et alertes sur les conditions de travail dans les usines Foxconn, fabriquant de produits pour Amazon et Apple. Foxconn est accusé pour la première fois en 2008, pour des manquements dans les normes de sécurité, dans le paiement des salaires et le respect des heures de travail. Les conditions sanitaires des logements des travailleurs sont également pointées.
Depuis les rapports se sont multipliés au fil des ans, l'ONG a déjà épinglé l'entreprise à quinze reprises en 2020, et encore récemment en 2025, pour des pratiques illégales (discrimination raciale, heures supplémentaires abusives, retards de salaires),,. Les chefs d'accusations sont divers : Travail forcé de stagiaires mineures pour l'assemblage d'Iphones en 2012, trois suicides d'ouvriers en 2013, de nouveau recours aux travailleurs mineurs dans leurs usines de production de l'enceinte connectée Alexa pour Amazon en 2019.
De manière générale, l'entreprise Foxconn est accusée de travailler en sous-effectif, imposant des cadences abusives à leurs employés sous-payés et favorisant les contrats courts, et le recrutement de mineurs,. Les contrats dits de « dispatch workers » permettent à l'entreprise de maximiser le temps de travail dans ses usines en réduisant le coût des salaires, pour une main d'œuvre ne disposant pas de vacances, de congés maladie et pouvant être licenciés sans préavis.
Pegatron est également visé par l'ONG lorsqu'Apple commence à déléguer de plus en plus de leur production dans leur usine, en raison des coûts de production encore moins élevés, qui se traduisent par des salaires toujours moindres pour leurs employés.
En 2014, CLW avance avoir enquêté et découvert plusieurs cas d'employés mineurs dans l'entreprise Shinyang Electronics à Dongguan, fournisseur pour Samsung entre autres. L'organisation déclare avoir également constaté des cas de discrimination sexiste à l'embauche, non respect des formations de sécurité et des clauses de contrats. Samsung réagit par un communiqué, annonçant appliquer une politique de tolérance zéro vis-à-vis du travail d'enfants.
La multinationale avait déjà été interpellée par China Labor Watch en 2012, pour des faits similaires dans l'entreprise HEG Electronics à Huizhou.
En 2015, le gouvernement chinois officialise la mise en place d'un projet massif d'aménagement de voies maritimes et terrestres entre la Chine et l'Europe, baptisée « Belt and road initiative ». Ce projet implique la construction de nombreuses infrastructures à l'étranger.
China Labor Watch rapporte à plusieurs occasions des infractions au droit du travail, des cas de travail forcé, de trafic d'êtres humains et de violences physiques quasi systématiques. Ces accusations visent plusieurs entreprises de BTP affiliées à l'état, employant des travailleurs migrants chinois sur des chantiers en Indonésie et en Papouasie Nouvelle-Guinée.
Les entreprises Ramu Nico Management et China Minmetals Corporation contactées, ainsi que le ministère du commerce n'ont pas répondu aux questions de l'ONG.
En 2017, Li Qiang interpelle le président américain Donald Trump, concernant l'arrestation, en Chine, de trois activistes de China Labor Watch, enquêtant sur des possibles violations du droit du travail, et des violences verbales et physiques de la part de managers, dans l'entreprise de manufacture de chaussures Huajian, fabriquant des produits pour Karl Lagerfeld, Guess mais aussi Ivanka Trump,,.
Ces arrestations interviennent dans un climat de répression des activistes et opposants politiques du président Xi Jinping. Si le président américain, sa fille, et la marque ne donnent aucun commentaire sur la situation, Amnesty International dénonce ces agissements autoritaristes et appelle à la libération des trois ouvriers,.
En 2024, China Labor Watch dénonce le recrutement de travailleurs mineurs, et des heures de travail excessives, dans des fermes de café « fantômes » de la province de Yunnan, fournissant des sous-traitants des entreprises Nestlé et Starbucks. Bien que le café soit un business peu développé en Chine, par rapport au thé, les deux corporations américaines se sont employées à s'y développer, en reposant indirectement sur ces fermes rurales pour s'approvisionner en café.
Toujours en 2024, une militante féministe mène une enquête dans l'usine Mattel de Chang’an, la seule manufacture de poupées Barbie de Chine, et y relève de nombreux cas de harcèlement moral et sexuel sur les ouvrières. Mattel avait déjà été épinglée par l'ONG en 2013 pour des faits de violations de règles éthiques et légales.
En 2025, un rapport commun de CLW et ActionAid dénonce des conditions de travail déplorables dans l'usine de production de vêtements de Shein à Kangle, vers Guangzhou. L'usine est accusée de mettre en place des rémunérations par couple, pénalisant les ouvrières en distribuant leurs salaires directement à leur mari, les privant d'autonomie économique. L'enquête fait également état de VSS sur les femmes dans les ateliers, d'exploitation de travailleurs migrants et ouïghours, malgré l'application de la loi UFLPA aux Etats-Unis, interdisant l'import de marchandises issus de l'exploitation des Ouïghours en Chine,.
En , l'ONG rapporte des cas d'exploitation de travailleurs, dans une usine de peluches Labubu, commercialisées par Pop Mart et fabriquées en Chine. Le rapport fait état d'abus d'heures supplémentaires, de contrats irréguliers, et d'absence de formation en sécurité, en santé, de protection santé pour les travailleurs mineurs, etc. L'enquête de CLW est rapportée par le journal The Guardian.
En , un rapport de CLW est publié par The World et CBC, faisant état de violations des droits des travailleurs dans une usine de construction de véhicules BYD à Szeged en Hongrie. L'entreprise avait déjà été visée par des allégations de violation des droits de travailleurs immigrés dans une usine à Camaçari au Brésil. Le rapport est suivi d'une enquête de la commission européenne.
La méthode de China Labor Watch consiste à afficher les résultats les plus critiques des enquêtes dans leurs rapports, afin d'amener les multinationales à prendre des mesures vis-à-vis de leurs sous-traitants chinois, pour éviter de plus vives polémiques. Cette méthode a été critiquée à la fois par les entreprises et certaines associations pour leur manque d'approche coopérative. Li Qiang soutient pourtant vouloir aider les entreprises à améliorer leurs conditions de travail, mais maintient que : « si on ne les critique pas, ils ne font rien ».
Si Qiang se montre intransigeant avec les multinationales occidentales, il s'efforce toujours de se montrer mesuré dans ses critiques envers les entreprises chinoises, restant dans les clous de ce qui est toléré par le régime. Depuis de nombreuses années, les syndicats, organisations humanitaires et militants sont fortement réprimés, et dans un soucis d'efficacité de leur activité, China Labor Watch cherche à ne pas se mettre les hauts fonctionnaires chinois à dos.
Ainsi en ne participant pas à l'effort d'organisation syndicale, et en ne dénonçant pas les entreprises et sous-traitants purement chinois, se concentrant sur les grands groupes internationaux, China Labor Watch est critiqué comme trop inefficace pour produire un changement radical dans le système capitaliste.
Concernant son focus sur les grandes entreprises américaines et européennes, Qiang affirme que la responsabilité des consommateurs est un levier essentiel dans son combat. Il reste réaliste sur les limites de sa méthode et, depuis quelques années, réaffirme l'enjeu majeur qu'est l'organisation en syndicats pour amener un changement collectif dans tout le pays.
Cette méthode d'adaptabilité pour rester opérationnel est tout de même louée par plusieurs militants et organisations de droits des travailleurs. En l'absence de syndicats efficaces, China Labor Watch est à présent suffisamment influent pour forcer des entreprises comme Nike, Gap, Apple et Walmart à mettre en place des politiques et des mesures de protection de leurs travailleurs. Les conditions de travail en Chine se sont sensiblement améliorées, d'après certains experts, et l'organisation CLW représente une menace suffisante pour servir de levier de négociations à certains ouvriers.